Vivement lundi ?

Le principe d’une reprise de dialogue est évoqué pour l’après- référendum. Reste à savoir s’il pourra se concrétiser et produire des résultats. En cela, le résultat du scrutin de dimanche sera déterminant. Si le oui l’emporte, le processus d’indépendance sera enclenché et il s’agira, on le sait, de l’instaurer dans la concertation, dit-on, lors d’une période de transition. Un saut dans l’inconnu.

En revanche, si le non l’emporte de nouveau, avec des résultats stables, et en supposant logiquement qu’ils le seraient également au troisième, les Loyalistes proposent de discuter d’un projet qui fédère dès maintenant. Il s’agirait de profiter du délai de six mois, donc jusqu’à fin mars 2021, avant la possibilité de demander l’organisation de la troisième consultation pour ou contre l’indépendance, qui, pour eux, n’aurait pas de sens. L’idée serait, à la place, d’interroger les Calédoniens sur un projet de statut, dans l’idéal, avant 2022 afin de ne pas perdre plus de temps.

Les indépendantistes, qui ont tous les droits pour aller jusqu’au troisième référendum, trouveront-ils un intérêt à cette proposition ? Une chose est sûre : ils ne lâcheront jamais leur combat. Mais il faudra aussi, si le résultat des urnes reste inchangé, qu’ils le prennent en compte, à un moment de l’histoire, qu’ils choisiront. Au final, tout est une question de curseur. Jusqu’où irons-nous dans notre détachement ? Y a-t-il un niveau autre que l’indépendance totale qui puisse faire consensus ?

L’État, pour sa part, semble ne pas être à l’affaire. Le silence règne depuis un bon moment. Et quand ce n’est pas le cas, c’est pire. Le porte- parole du gouvernement, Gabriel Attal, a ainsi déclaré que le deuxième référendum « avait pour vocation à être suivi d’un troisième », un raccourci, à quelques jours du vote, qui en dit long sur l’attention portée au dossier calédonien par la nouvelle génération qui entoure Emmanuel Macron. Ces deuxième et troisième référendums sont bien facultatifs. Bourde ? Lapsus révélateur ? Nous verrons bien.

Interpellé à propos du mutisme du gouvernement sur ce scrutin pourtant capital pour la Calédonie et la nation, le Premier ministre, Jean Castex, a simplement rappelé le devoir d’impartialité de l’État et indiqué qu’Emmanuel Macron s’exprimerait après le vote. Il a ajouté qu’il réunirait les acteurs politiques locaux au lendemain de la consultation. « L’engagement de dialogue incarné par la République sera maintenu ». La base et pas un gramme de plus.

En Nouvelle-Calédonie, l’enjeu de ce scrutin est, en tout cas, bien pesé. La pression monte. On peut se réjouir qu’encore une fois la campagne se soit déroulée sans encombre, malgré les tentations exacerbées par une minorité. Il ressort aussi quelque part une volonté pour l’avenir de ne pas exclure. En espérant que ce ne soit pas de vaines paroles. Le moment est maintenant venu de voter en son âme et conscience… Et de poursuivre l’histoire, lundi.

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