VIH/IST : Des chiffres encore inquiétants

Mardi 1er décembre, dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le public a une nouvelle fois été sensibilisé sur la maladie. L’occasion de faire un point avec l’Agence sanitaire et sociale sur le VIH, mais aussi sur les infections sexuellement transmissibles qui préoccupent.

233 personnes sont à ce jour séropositives en Nouvelle-Calédonie, neuf nouveaux cas ont été enregistrés en 2015, les personnes les plus touchées sont les 30-40 ans, et deux tiers des malades sont des hommes. Voici, en quelques chiffres, la situation sur le territoire concernent le virus du sida ou VIH. Rajoutons que 456 personnes ont été enregistrées séropositives depuis 1991 et si certaines ont quitté le territoire, d’autres sont décédées. Car le VIH tue encore, en moyenne cinq personnes par an en Nouvelle- Calédonie. Gwendal Boursicot, responsable du programme santé sexuelle à l’Agence sanitaire et sociale (ASS-NC) explique : « La situation est meilleure qu’en métropole, mais reste pourtant inchangée depuis plusieurs années. Ces chiffres sont à prendre avec prudence car peu de tests de dépistage sont effectués en Nouvelle-Calédonie. » En effet, seulement 18 000 tests sont réalisés par an sur une population de 160 000 personnes sexuellement actives. La coordinatrice explique que « si pour le moment aucune étude n’a été faite pour savoir quels sont les freins du dépistage, on sait que pour beaucoup de personnes, c’est une question de mentalité, de comportement, de peur ou encore que le sida reste encore une notion lointaine ». L’ASS-NC compte réaliser l’année prochaine une étude pour comprendre pourquoi la population ne se fait pas dépister. « Aujourd’hui, les traitements sont efficaces et pourtant on meurt encore de cette maladie. Il faut absolument se faire dépister. »

Des chiffres inquiétants

Au-delà du VIH, les autorités sanitaires s’inquiètent des IST (voir encadré ci-dessus) qui présentent des chiffres « énormes et préoccupants », selon Mme Boursicot. Ainsi, une étude de 2012 montre que 20 % des 18- 25 ans sont porteurs d’une chlamydia alors qu’ils ne sont que 6 % en métropole. Plus globalement, La chlamydia touche 9 % de la population calédonienne, tout comme d’autres IST : le gonocoque (3,5 %) et la syphilis (3 %). « Ces chiffres explosent en Nouvelle-Calédonie, ils sont inquiétants car beaucoup d’IST provoquent des complications allant jusqu’à la stérilité, par exemple », conclut Gwendal Boursicot. En attendant une étude médicale qui expliquerait cette « spécificité » calédonienne, l’Agence sanitaire et sociale accentue ses campagnes de dépistage et de consultation en rappelant « si vous avez un rapport sexuel non protégé, allez consulter ! »

C.S

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VIH

Ce virus, lorsqu’il pénètre dans le corps, va infecter et détruire certaines cellules qui coordonnent l’immunité (défenses de l’organisme contre les microbes). Lorsque ces cellules sont en nombre insuffisant, l’immunité n’est plus efficace. Des maladies graves dues à des microbes peuvent alors se développer. Lorsqu’une personne contracte une ou plusieurs maladies de ce type, on dit alors qu’elle a le sida, syndrome d’immunodéficience acquise.

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Les IST

Autrefois appelées MST, maladies sexuellement transmissibles ou plus communément maladies honteuses, les infections se transmettent principalement lors de rapports sexuels non protégés dès qu’il y a contact entre la vulve, le vagin, le pénis, l’anus, les lèvres, la bouche et la main. La plupart d’entre elles se soignent facilement. Mais quand elles ne le sont pas, elles peuvent entraîner des complications allant jusqu’à la stérilité. En Nouvelle-Calédonie, les plus répandues sont la chlamydia, le gonocoque et la syphilis.

 

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