Vers une reprise progressive ?

Le gouvernement annoncera en fin de semaine, l’adaptation ou non du confinement du 11 au 17 octobre. La décision dépendra des chiffres de l’épidémie et de la vaccination, qui sont globalement plus positifs.

Lors d’une quatrième allocution depuis le début de la crise sanitaire, vendredi dernier, le président du gouvernement Louis Mapou, accompagné du haut-commissaire Patrice Faure, a annoncé la poursuite du confinement (et du couvre-feu) pour deux semaines supplémentaires pour un total donc de six semaines jusqu’au 17 octobre inclus. Si ces mesures restrictives ont permis « de ralentir considérablement la circulation du virus », les chiffres de la vaccination étaient encore insuffisants et le nombre de malades à l’hôpital, trop important. Mais les autorités, éclairées par les projections épidémiologiques des scientifiques et à la fois conscientes des enjeux économiques et sociaux globaux, ont laissé la porte ouverte à une éventuelle adaptation du confinement strict pour la semaine prochaine, c’est à dire du 11 au 17 octobre.

Contraintes très lourdes

« Je sais que les limitations à la liberté de circulation sont contraignantes et particulièrement lourdes à assumer pour les entreprises, les agriculteurs, les artisans, les mamans, les patentés, les salariés …et tous les acteurs de la société », a reconnu le président du gouvernement. Et c’est sans dire que la crise pèse aussi massivement sur les finances du pays. « Des aménagements pourront être envisagés pour certaines activités économiques et sociales, avec une reprise progressive de l’école », a précisé Louis Mapou. Les annonces d’Isabelle Champmoreau lundi préparant la réouverture des établissements scolaires laissent effectivement entrevoir cette opportunité.

Trois conditions

Mais Louis Mapou avait prévenu : « ce confinement adapté pourra être mis en place à la seule condition que les trois indicateurs de référence évoluent favorablement », c’est-à-dire le taux d’incidence, le taux de vaccination et la capacité d’accueil en service de réanimation. Le premier indicateur, le taux d’incidence, c’est- à-dire le nombre de cas détectés calculés sur les sept derniers jours pour 100 000 habitants, continue de faiblir depuis le 20 septembre grâce au confinement strict. Il était à 487 mercredi contre 1200 au pic de la crise entre le 16 et le 20 septembre. Un déconfinement total intervient généralement avec un taux d’incidence à 150.

Le deuxième indicateur évolue aussi favorablement. Il s’agit de la vaccination. Plus de 100 000 injections ont été réalisées en un mois, avec une « excellente reprise depuis quelques jours notamment en secondes doses », comme confirmé mardi par Yannick Slamet. Lundi puis mardi, 5 000 doses ont été administrées. 46,38 % de la population vaccinable présente un schéma complet et 39,61 % de la population totale.

Enfin dernier indicateur, le plus décisif, la situation hospitalière. « La réanimation est encore complètement saturée » avec 55 patients mercredi, « soit un taux d’occupation de 90 % » explique le Dr Thierry De Greslan, président de la commission médicale d’établissement du CHT. Il y a encore 200 patients covid, même si une baisse est observée sur les entrées aux urgences, et les autres unités hors réanimation. Un service non Covid a d’ailleurs pu rouvrir et un autre devrait suivre en fin de semaine.

 

L’hôpital va être sous tension encore plusieurs semaines. (© Delphine Mayeur Hans Lucas via AFP)

Tenir encore « un mois, un mois et demi »

La pente descendante au niveau des contaminations et l’augmentation du taux de vaccination est donc de bon augure même si l’hôpital souffre encore et va continuer de souffrir. Sur place, la pression devrait commencer à redescendre d’ici une semaine ou quinze jours. Les autorités gardent en tête que l’adaptation du confinement puis le déconfinement entraînera inéluctablement un relâchement des gestes barrières, une nouvelle augmentation du taux de contamination et donc une remontée de patients en soins intensifs. Il s’agit donc de rester dans le domaine du réalisable pour l’hôpital et pour les malades.

Mais il est à noter que plus de 50 % de la population vaccinable n’est pas encore à deux doses, et qu’il faudrait des efforts soutenus pour vraiment contenir l’épidémie d’ici un mois, un mois et demi selon Morgan Mangeas, directeur de recherches en mathématiques appliquées à l’IRD et membre du groupe d’experts. « On est donc obligés de conserver des mesures de distanciation sur cette période, plus ou moins fortes selon ce que décidera le gouvernement. Et si l’on tient, nous aurons de très bonnes perspectives. » Nous pourrions même réussir en deux mois ce que d’autres ont mis plus d’un an à réaliser.

Du côté du CHT, on craint quoi qu’il en soit la seconde vague. « On se prépare, nous dit le Dr de Greslan. Même s’il elle devrait être moins forte, il nous faudra aussi gérer davantage de patients non-covid, des accidentés par exemple. Et les libéraux qui nous ont apporté leur aide repartiront également, donc nous aurons encore des difficultés. »

 


Mise en œuvre du pass sanitaire

Les discussions se poursuivent cette semaine sur la mise en œuvre du pass sanitaire. Elle pourrait intervenir lors du déconfinement et permettre pour les personnes vaccinées présentant un test négatif de moins de 72 heures ou qui peuvent attester de leur immunité, l’accès aux restaurants, aux centres commerciaux, aux vols intérieurs… dans les lieux où il peut y avoir des risques de transmission. Les non-vaccinés qui travaillent auront la possibilité via le pass sanitaire de justifier de leur non contamination en réalisant des tests, mais à leur charge.

 

Chloé Maingourd (© C.M.)

 

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