Vers un observatoire des violences intrafamiliales

"Derrière le Grenelle, il y a un formidable élan partenarial, entre l'État, le haut-commissariat, le gouvernement et les associations", souligne le procureur Yves Dupas. (©N.H)

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le bilan du Grenelle calédonien contre les violences conjugales et intrafamiliales, lancé en 2019, a été dévoilé lundi 24 novembre. Il met en évidence une augmentation des faits de violence,
probablement liée, selon le haut-commissaire de la République Jacques Billant, aux « dispositifs mis en place » qui ont « permis de libérer la parole et d’avoir un chiffre en prise avec la dure réalité ». Au 31 octobre 2025, 2 339 actes de violence étaient enregistrés.

En 2019, ce chiffre était de 1 576. Durant cette période, des dispositifs comme le Téléphone grave danger ainsi que les bracelets antirapprochements ont été mis en place. En parallèle, un travail d’accompagnement des auteurs de violence a été réalisé, avec notamment la création d’un centre d’hébergement, inauguré début 2024. L’unité médico-judiciaire hospitalière du Médipôle, officiellement ouverte en septembre de la même année fait également partie des structures installées.

Si les chiffres de ce bilan ne sont pas à la hauteur de l’investissement fourni par les différents acteurs, « la mobilisation doit continuer et nous permettre de nous fixer de nouvelles perspectives », souligne Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans « les prochains jours », un pôle spécialisé contre les violences intrafamiliales sera installé au sein du tribunal de première instance, afin « d’améliorer le traitement de ces affaires ». Un observatoire des violences intrafamiliales sera également mis en place. Il aura pour mission de recenser toutes les statistiques afin de pouvoir « adapter les réponses et agir ».