Vers le troisième

Le ministre des Outre-mer, dans sa première déclaration aux journalistes, samedi, avait insisté sur le fait que sa visite n’était « pas uniquement symbolique et protocolaire », mais aussi « une démarche politique » effectuée à la demande du Président pour « renouer les fils du dialogue » et que si l’État se devait d’être impartial, le gouvernement pouvait être force de proposition.

Mercredi, on en était encore aux symboles et au protocole avec des « temps forts » dans les trois provinces, des éléments de langage, des gages donnés aux différentes sensibilités. Sébastien Lecornu a bien écouté les indépendantistes, insisté, ici et là, sur l’importance de l’aide de l’État, indiqué avoir saisi le parquet de Nouméa quant aux fameuses « intimidations » du 4 octobre et devait participer à un geste puissant, ce jeudi, avec la préfiguration de la « place de la Paix ».

Au passage, on retiendra également cette demande, non dénuée de sens, formulée avec des « sages » réinvestis dans leur mission pour que l’on apprenne davantage l’histoire contemporaine aux jeunes. Elle figure bien dans les programmes, mais n’oublions pas qu’elle est difficile à présenter concrètement tant les visions et les objectifs divergent dans un contexte électrique. Cette possibilité passera surtout par le règlement de la situation politique qui ne se fera pas dans l’immédiat.

Le ministre pourrait organiser une table ronde avant son départ. C’est son travail. Mais gageons que celle-ci, si elle a lieu, ne devrait préfigurer de rien du tout. Le dossier calédonien, d’une part, est la chasse gardée de Matignon et de l’Élysée. Et puis on ignore si le ministre en est conscient ou non, mais c’est mal connaître la situation calédonienne que de penser que quelque chose pourra être obtenu avant le troisième référendum. Il aurait fallu proposer une autre solution, des années en arrière quand c’était possible. Aujourd’hui, les indépendantistes sont dans leur bon droit, n’ont pas la volonté et ne peuvent faire autrement que d’y aller la tête haute avec une base remontée à bloc qu’ils parviennent tant bien que mal à tenir et qu’ils occuperont d’ailleurs pour le moment avec le dossier Vale.

Pourquoi ne pas intégrer cet état de fait et comprendre que la situation est dangereuse ? L’économie, déjà en difficulté, ne pourra de toutes façons repartir que lorsque l’horizon sera dégagé et apaisé. Visiblement, cela ne pourra se faire qu’après le troisième scrutin.

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