Vers de nouvelles autorisations de centrales photovoltaïques

Le gouvernement envisage une révision de la programmation pluriannuelle des investissements en matière de production d’énergie photovoltaïque. Les objectifs fixés par le schéma pour la transition énergétique ont été atteints beaucoup plus rapidement que prévu. En 2023, l’énergie photovoltaïque pourrait représenter plus de 100 % de la distribution publique. Une consultation publique est ouverte jusqu’au 13 juin.

Le photovoltaïque a littéralement explosé ces dernières années. En à peine dix ans, l’énergie photovoltaïque est devenue la première source de production d’énergies renouvelables. En 2019, elle a couvert 52 % des besoins énergétiques assurés par la distribution publique. Une partie de l’énergie consommée est composée par les particuliers et les entreprises. Ces deux postes représentent toutefois une faible part de l’énergie totale consommée en Nouvelle- Calédonie. Le gros de la production électrique est consommé par les métallurgistes et la mine, à 76 %.

L’objectif fixé par le schéma pour la transition énergétique, adopté par le Congrès en juin 2016, visait initialement à faire en sorte que toute la distribution publique soit couverte par les énergies renouvelables à l’horizon 2030. Depuis 2016, 21 fermes photovoltaïques ont été construites avec une capacité de 109 mégawatts (MW ). À cette puissance, il faut également ajouter les installations d’autoconsommation des particuliers et des entreprises qui atteignent désormais environ 22 MW (plus de 2 200 installations). C’est tout l’objet de la nouvelle programmation pluriannuelle des investissements (PPI), préparée par la Direction de l’industrie des mines et de l’énergie, que de raccourcir encore cette échéance.

100 % de la distribution publique d’ici 2025

La PPI permet de planifier les investissements sur plusieurs années afin d’encadrer le développement des outils de production d’énergies renouvelables. Le gouvernement propose ainsi de sensiblement avancer le calendrier pour la filière photovoltaïque. Au lieu de 2030, les objectifs devraient être atteints dès 2025 avec une capacité totale de 315 MW, soit 130 MWc supplémentaires. Cette forte progression aura toutefois des conséquences qu’il est encore difficile d’appréhender, notamment en raison des retards accumulés autour du projet de nouvelle centrale thermique à Doniambo. Enercal a cependant estimé les coûts supplémentaires nécessaires au développement du photovoltaïque.

Il impliquera l’installation d’une batterie système d’une capacité de 25 MWh pour un coût de l’ordre de deux milliards de francs, le renforcement du réseau de transport d’électricité pour un coût compris entre 800 millions et 1,2 milliard de francs et la mise en service éventuelle d’une batterie de report de charge de 30 MW/4h pour près de dix milliards de francs. Cet équipement devrait renchérir le coût du kilowatt d’environ deux francs, ce qui est loin d’être négligeable. D’un autre côté, la mise en service de 130 MW supplémentaires permettra de réduire la facture pour l’achat de combustibles fossiles de l’ordre de 1,2 à 2 milliards de francs par an et d’éviter l’émission de 140 000 tonnes de CO2.

Si les projets en cours se confirment, l’objectif de couvrir 100 % de la distribution publique sera atteint et même dépassé à l’horizon 2025. Les centrales photovoltaïques devraient être en mesure de produire 10 % de plus que la distribution publique. La PPI prévoit que ce surplus d’énergie pourrait être vendu aux métallurgistes. Cela ne suffira néanmoins pas à « verdir » le nickel calédonien. L’injection de l’équivalent de 10 % de la distribution publique dans la mine reviendrait à décarboner la métallurgie d’environ 3 %.

Le gouvernement soumet cette PPI à la consultation publique jusqu’au 13 juin. L’arrêté ainsi que la présentation détaillée sont consultables sur le site internet de la Dimenc dans la rubrique actualité (www.dimenc.gouv.nc). Les observations peuvent être faites directement en ligne.

M.D.

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