Vale : une question politique ou économique ?

Le pouvoir politique calédonien a la fâcheuse habitude de transformer les questions économiques en casse-têtes politiques. C’est d’ailleurs un peu vrai pour tous les sujets. Le dossier de Vale est, pour le coup, aussi bien politique qu’économique.

Économique, tout d’abord, car il s’agit d’assurer la survie d’un complexe industriel qui peine à tenir ses promesses depuis maintenant de nombreuses années. Après dix ans de turpitudes, l’usine n’a pas d’autre choix que de fonctionner. Un échec technique marquerait probablement la fin de l’hydrométallurgie dans le Grand Sud. Un manque de rentabilité ne serait pas non plus de bon augure. Si l’on sait que New Century Ressources n’a pas à elle seule les moyens de reprendre Vale NC et qu’elle est précisément à la tête d’un consortium pour ce faire, on n’en sait pas davantage. Les fonds de pension américains, par exemple, ont des exigences de rentabilité plutôt élevées. La composition du consortium devrait permettre de deviner à quelle pression seront soumises les équipes si le consortium parvient à mettre la main sur le complexe et le gisement de Goro.

Mais sans un minimum de consensus politique et coutumier, on voit mal comment la procédure pourrait être menée à son terme. La crise du Covid-19 a montré que les coutumiers entendaient jouer un rôle de premier plan. Le projet de cession de Vale montre que ceux du Sud veulent avoir leur mot à dire pour tout ce qui concerne « leurs terres ». Une position qui entrera en confrontation directe avec la province Sud qui est compétente en matière de mine.

Thierry Santa tente de calmer le jeu avec son cycle de discussions « Un nouveau nickel pour un nouveau monde », mais le pari pourrait être difficile à relever tant les protagonistes campent sur leurs positions. Une fois encore, la Calédonie risque donc de passer à côté de l’opportunité de définir une stratégie commune. L’enjeu n’est rien de moins que de trouver un modèle servant l’intérêt général sur le plan économique et social, en limitant au maximum les dégradations environnementales.

Si la Calédonie dispose de réserves de nickel importantes et de bonne qualité, l’arrêt de sa production n’empêchera pas le monde de tourner. Dans les années à venir, la capacité de production de l’Indonésie devrait, par exemple, atteindre les 300 000 tonnes de métal par an.

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