Vaccination : place aux personnes âgées

La Direction des affaires sanitaires et sociales poursuit le déploiement de sa campagne de vaccination contre le Covid-19. Elle commence doucement, cette semaine, dans les établissements de la province Sud accueillant des personnes âgées. Au total, 1 340 personnes sont concernées. Prochaine étape, vacciner les personnes âgées dans tous les centres médico-sociaux des trois provinces. 

La maison de retraite de la Fondation Kiwanis de La Foa a ouvert la voie avec la vaccination, lundi, de ses résidents et 20 employés. Après une réunion d’information, la semaine dernière, où chacun a pu obtenir des réponses à ses interrogations et se faire une opinion, la prise de consentement et des discussions en interne « jusqu’au dernier moment », un médecin et un infirmier de la Dass ont procédé à la première injection du vaccin Pfizer. Tout le monde a bien réagi et est en phase d’être protégé contre les formes graves de la maladie, s’est réjouie la directrice, Sylviane Lepley. « Je suis très contente parce qu’on tient à nos personnes âgées, on en prend soin et on n’a pas envie qu’il leur arrive quelque chose. » Deux résidents ont refusé la vaccination. « S’ils changent d’avis, ils pourront toujours le faire plus tard », rassure-t-elle.

Mercredi, l’Éhpad Gabriella, à Dumbéa, a également procédé à la vaccination d’un premier groupe de 23 personnes. Une seconde session sera organisée mercredi prochain. Sont concernés 34 personnes, les résidents, 100 % du personnel et des intervenants extérieurs, tous volontaires. Gabrielle Baumann, la directrice, fait, elle aussi, état d’une grande préparation en amont et d’un bon déroulement de la procédure. « Nous avons eu des réunions pour laisser le temps à tout le monde de réfléchir. Nous avons rencontré les familles. Au final, tous nos employés et 16 résidents sur 20 ont fait ce choix ». L’établissement étant médicalisé, ce sont le médecin et les infirmières de l’Éhpad, formés au Médipôle, qui procèdent à la vaccination. Celle-ci a de quoi rassurer estime la directrice. « Dans l’éventualité où le Covid arrive on sait qu’on aura des personnels en état de travailler, et des résidents protégés au mieux. C’est une chance quand on voit comment ça se passe ailleurs ».

Information et organisation

Les résidents des maisons de retraite, particulièrement fragiles, et ceux qui s’en occupent et les soignent figurent parmi les personnes prioritaires en Nouvelle- Calédonie après le personnel en première ligne, les voyageurs pour motif impérieux. Ailleurs, ils auraient été les premiers vaccinés, vu les dégâts généralement provoqués par le virus dans ces établissements (lire par ailleurs). Mais le Covid-19 ne circulant pas encore sur le territoire, par chance, il a été possible de prendre le temps de sensibiliser et de s’organiser.

Depuis le 20 janvier, date de lancement de la campagne, des réunions d’information se sont donc tenues en province Sud, dans les Éhpad, les foyers non médicalisés, et auprès des familles d’accueil. Objectif ? Expliquer dans le détail la stratégie vaccinale, le fonctionnement du virus et du vaccin, les connaissances sur les effets secondaires et l’organisation depuis la prise de consentement jusqu’à l’acheminement des vaccins et les rendez-vous.

Dans les établissements médicalisés (750 personnes concernées), les médecins et infirmières, formés au Médipôle début février, se chargent de la vaccination dans une salle de soins de l’établissement. Dans les centres non médicalisés (380 personnes), la vaccination est effectuée sur place par un médecin et un infirmier de la Cafat à Nouméa et, en dehors de la capitale, par une équipe médicale de la province Sud. Les familles d’accueil (210 personnes) doivent se rendre dans un centre de vaccination dédié et en cas de mobilité réduite, une équipe les vaccine à domicile. Les personnes âgées en hébergement en province Nord (80 résidents et employés dans l’Éhpad de Koumac et six familles d’accueil) seront concernées prochainement. Il n’y a pas de telles structures en province des Îles.

Toucher les anciens

Pour toucher l’ensemble des personnes de plus de 75 ans qui ne sont pas accueillies dans des structures dans les trois provinces (certains ont commencé à se faire vacciner dans l’agglomération), le gouvernement a, dans le même temps, augmenté le nombre d’établissements autorisés à vacciner. Outre le Médipôle à Dumbéa, le centre de la Cafat au Receiving, le CHN à Koné, les personnes âgées peuvent désormais être orientées vers tous les centres médico- sociaux et les locaux du CHN à Koumac et Poindimié.

Prochainement, la vaccination va s’ouvrir aux plus de 50 ans présentant des facteurs de comorbidité et au personnel de santé au sens large, comme les kinésithérapeutes, ostéopathes, orthophonistes, etc. L’infirmerie de la base vie de KNS, l’usine du Nord, a également été autorisée à vacciner.


Pourquoi vacciner les anciens ?

Cette question est fréquemment posée, en particulier par les proches de personnes âgées qui craignent les effets secondaires, alors que le virus ne circule pas en Nouvelle-Calédonie. Certains s’interrogent : « Puisqu’ils ne voyagent pas, pourquoi les soumettre à cette vaccination ? », « La prise de risque n’est-elle pas trop grande ? ». Il faut savoir qu’en cas d’introduction du virus sur le territoire – soit par une faille dans notre système de protection (on a encore évité le pire récemment), soit en raison de la réouverture, un jour, des frontières – les personnes âgées seront les plus vulnérables.

En janvier, en Métropole, on estimait que plus de 90 % des décès liés au Covid-19 concernaient les plus de 65 ans, que l’âge moyen des victimes était de 82 ans et que la moitié des disparus avaient plus de 85 ans. Les plus exposées sont les personnes accueillies dans les structures. En effet, elles vivent en communauté, avec de nombreuses visites, d’équipes médicales, encadrantes, d’intervenants extérieurs ou de proches. Le virus peut entrer et se propager facilement. En Métropole, il y aurait eu 24 500 décès (sur 84 000 au total) liés au Covid-19 dans les Éhpad et établissements médico-sociaux depuis le début de la crise sanitaire et les clusters y sont encore fréquents. Le taux de vaccination dans ces lieux augmente, en revanche : il est de 80 %.

Pour l’instant, les études sur le vaccin Pfizer montrent que les effets secondaires ne sont pas plus importants que ceux du vaccin contre la grippe. Il se dit que les effets (douleur au bras, fièvre) sont plus ressentis sur la deuxième injection. S’il n’empêche pas totalement la transmission, le vaccin évite les formes graves de la maladie qui peuvent leur être fatales et causer un départ en souffrance. Après, la décision de se faire vacciner ou non est personnelle. Ou à défaut, familiale.


Consentement

La vaccination est systématiquement précédée d’une information collective, de questions sur les antécédents allergiques et du recueil du consentement. Une consultation est organisée, en cas d’antécédents exposant à des risques d’effets secondaires, pour les personnes sous tutelle ou sur simple demande. Pour les personnes en déficience mentale, on fait appel aux tuteurs et aux proches.


À quand d’autres doses ?

Une visioconférence doit intervenir courant mars avec l’État pour évoquer l’envoi de doses supplémentaires. Pour l’instant, 18 000 doses ont été expédiées sur le Caillou, 21 060 si on prend six doses et non cinq par flacon, permettant de vacciner entre 9 000 et 10 000 personnes. Lundi, 3 432 personnes avaient reçu la première injection, 1 025 la deuxième (4 447 doses).

C.M.

©Ephad Gabriella

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