Usine du Sud : reprise du travail, mais chômage partiel grippé

La conséquence directe de l’accord passé entre les différents groupes politiques et les coutumiers autour de l’avenir de l’usine du Sud, le 4 mars, est la reprise de l’activité du complexe industriel. Dès la semaine prochaine, les salariés sont attendus pour assurer le redémarrage progressif de l’usine et de l’exploitation minière. Comme l’a indiqué la présidente de la province Sud, Sonia Backes, la cession effective du complexe de Vale Canada à Trafigura et Prony Resources devrait intervenir d’ici la fin du mois. À partir du 15 avril, l’entreprise s’est fixé pour objectif de produire 3 000 tonnes de NHC par mois, soit le volume de production que parvenaient à atteindre les équipes avant le blocage, le 10 décembre 2020. Près de 1 600 personnes, salariés et sous-traitants confondus, avaient été mis en chômage partiel, le temps des négociations.

Si les salariés ont pu être indemnisés a minima par les entreprises, la Cafat n’a pas encore procédé à leur remboursement. Un poids supplémentaire à supporter pour le système de protection sociale qui n’a tout simplement pas les moyens. Afin d’éviter la banqueroute, de nouvelles recettes devront être affectées aux différents régimes de la caisse pour éviter la rupture de la trésorerie et la cessation de paiement. L’autre option est que la Cafat n’indemnise tout simplement pas les entreprises pour ce chômage partiel. La loi prévoit, en effet, que le chômage partiel soit servi dans la limite des crédits disponibles, une limite qui a justement été atteinte.

Vale NC et ses sous-traitants pourraient donc bien en être pour leurs frais. Si le chômage partiel est facultatif, ce n’est pas le cas du chômage tout court, qui est servi en contrepartie de contributions versées par les salariés et les entreprises. Comme l’indique le gouvernement, la caisse d’allocation chômage affiche une réserve d’à peine un mois. Des discussions ont été engagées avec l’État qui doit assurer l’exécution du budget jusqu’à l’installation du 17e gouvernement. Toute la question est de savoir, d’une part, si l’État peut débloquer les fonds nécessaires à la prise en charge du chômage et, de l’autre, où trouver l’argent, ce qui n’est pas une mince affaire. Une des pistes est de prélever dans les autres régimes excédentaires, à savoir le régime des allocations familiales. Une option qui pourrait toutefois susciter l’opposition du conseil d’administration. Ce type de prélèvement a déjà été réalisé sans que les sommes aient encore été rendues. Pour faire simple et reprendre les mots d’un membre du gouvernement, « on ne sait pas où l’on va ».

M.D.

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