Une situation sanitaire maîtrisée ?

Mercredi soir, à l’heure où nous imprimions ces lignes, la Nouvelle-Calédonie comptait trois jours sans nouveaux cas locaux de Covid-19. Une situation positive qui laissait espérer un éventuel déconfinement, au moins progressif. Mais des zones d’ombre demeuraient, notamment sur les quelque 300 voyageurs en lien avec Wallis-et-Futuna qui n’avaient pas été testés ou retrouvés. Une décision est attendue ce jeudi matin.

Depuis le 7 mars, début de la crise sanitaire en lien avec la bulle entre la Nouvelle- Calédonie et Wallis-et-Futuna, 37 cas de Covid-19 ont été recensés sur le territoire. Selon les informations données au compte-gouttes par les autorités, hors quatorzaine, quatre concernaient des personnes venues ou revenues de l’archipel, 20 des cas contact de personnes ayant voyagé là-bas. 12 autres de retour de Wallis-et-Futuna ou de Métropole ont été détectés en quatorzaine. Enfin, s’ajoute un dernier cas découvert lors d’un bilan pré-hospitalier.

Le fait que les cas de contamination n’aient visiblement pas explosé est de nature à rassurer. Depuis lundi, en outre, quatre cas ont été détectés et tous concernaient des voyageurs en fin de quatorzaine en provenance de Métropole. Le porte-parole du gouvernement, Christopher Gyges, s’est réjoui mercredi de ces « bonnes nouvelles » tout en appelant à la mesure et à l’extrême vigilance sur l’analyse de ces résultats.

Différents scénarios

Les autorités du gouvernement et de l’État doivent s’exprimer, ce jeudi, pour indiquer aux Calédoniens, en amont, si le confinement décrété jusqu’au lundi 22 mars va, oui ou non, se poursuivre. Si la situation semble plutôt maîtrisée, des questions essentielles restaient en suspens en début de semaine. Les investigations se poursuivaient ainsi sur le cas détecté le 11 mars, lors d’un bilan pré-hospitalier pour lequel on ignore toujours, sept jours plus tard, comment il a pu être contaminé. Et surtout, on nous indiquait au gouvernement que seules 301 des 650 personnes venues ou revenues sur le territoire de Wallis-et- Futuna depuis le 25 février avaient pu être testées. Les explications sur ces failles restent encore floues… On vacille simplement entre des explications sur des fiches sanitaires « mal remplies », des personnes reparties ou injoignables… Clairement insuffisantes et de nature à inquiéter en cas de déconfinement. Mais là encore, les grandes annonces ont été reportées à jeudi. Peut-être en saurons-nous davantage.

Les autorités sanitaires doivent également prendre en considération la période après laquelle on sera globalement plus serein sur les éventuelles autres contaminations issues de la bulle sanitaire. Les symptômes se révèlent généralement dans les quinze jours. Le dernier vol commercial est intervenu le 3 mars et un rapatriement a été organisé le 10, sachant que ces derniers passagers ont été placés en quatorzaine. Les passagers du vol du 3 mars ont été sommés de s’isoler depuis lundi 15 mars à domicile ou dans un hôtel réquisitionné, ce vol présentant plusieurs contaminations. Ils devaient en tout état de cause être testés ce mercredi… Encore faut-il qu’ils aient tous été retrouvés. Enfin, reste éventuellement de potentiels cas contact passés au travers des mailles de la Dass….

Progressif

En avril 2020, à titre indicatif, il avait fallu attendre 16 jours sans nouveau cas pour qu’un déconfinement soit décrété. Il s’était en outre fait de manière progressive. Les commerces, services, entreprises avaient rouvert leurs portes, mais pas les bars, discothèques, cinémas ou salles de sport. Les écoles avaient rouvert deux jours plus tard en province Sud et aux Loyauté et une semaine et demie après en province Nord. À l’époque, cette décision avait été jugée prématurée par les coutumiers qui recommandaient, à défaut d’être entendus, un port généralisé du masque et des tests sur le plus grand nombre.

On peut dès lors imaginer que si déconfinement il y a, il ne se fera pas subitement et qu’on pourrait aussi au moins opter pour la poursuite du port du masque obligatoire puisque nous en disposons à présent.

Il y a enfin la question de l’aérien. Le programme des vols tel qu’on l’a connu ces derniers mois devrait être étendu jusqu’au mois de décembre. S’il n’est évidemment plus question de la bulle sanitaire avec Wallis, peut-on tout de même rouvrir les vannes sachant qu’il y a quelques jours encore, les autorités souhaitaient libérer un maximum la quatorzaine pour accueillir les personnes positives, mais pas malades en cas d’épidémie ? Sachant que les établissements prennent du temps à se libérer, cette décision ne serait-elle pas trop prématurée ? Mercredi, 381 personnes étaient en quatorzaine sur une capacité de 600 places. Toutes ces interrogations, on l’espère, seront levées lors du prochain point presse.

Plus largement, ces questions pratiques ne doivent pas faire oublier que l’on attend toujours des nouvelles de l’enquête épidémiologique réalisée à Wallis-et-Futuna pour comprendre comment le virus a pu s’introduire et se propager dans nos territoires avec les graves conséquences que l’on connaît, en particulier pour Wallis. On commence à douter que toute la transparence sera faite à ce sujet, mais on peut encore se tromper.


Comment se déroulent les investigations

Le Dr Martine Noël, médecin de la Dass.

Une vingtaine d’investigateurs sont mobilisés par la Dass chaque jour en moyenne. Une centaine ont aussi été formés à ces techniques depuis un an et seront mobilisés en cas de besoin. Des enquêtes sont menées dès qu’un cas positif est identifié. L’objectif est de comprendre comment cette personne a pu être contaminée et d’identifier toutes les personnes qui ont pu être en position de contact à risque. Les investigations se font par téléphone pour préciser la liste des personnes potentiellement touchées. Seules les personnes contact à risque sont retenues dans la suite de l’enquête et testées par PCR ou sérologie, en fonction de la date de contact. En cas de test négatif, la personne est placée en isolement à domicile ou en quatorzaine en lieu dédié jusqu’au 14e jour de son contact potentiel avec un nouveau test. Si le test est positif, la personne est placée dans l’unité Covid-19 du Médipôle. Quand le Covid-19 apparaît dans un établissement, l’enquête tente en plus de repérer comment le virus a pu s’y introduire (ex : non-respect des gestes barrière, absence de masques, etc.).


Les contrôles se poursuivent

Quelle que soit la décision des autorités, les règles d’attestation et de port du masque demeurent au moins jusqu’à lundi. Les forces de l’ordre avaient procédé mardi à 36 750 contrôles sur l’ensemble du territoire et à 625 verbalisations.

C.M.

©C.M. ©Gendarmerie 

 

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