Une seule femme au gouvernement : « Une honte ! »

Deux organisations féministes ont manifesté devant le gouvernement, mercredi, pour protester contre la composition du nouvel exécutif qui ne compte plus qu’une représentante.

Une femme dans un gouvernement pour dix hommes (contre deux, précédemment). Une sous-représentation scandaleuse et d’un autre temps, selon le collectif Femmes en colère et l’Union des femmes francophones d’Océanie (UFFO) qui ont manifesté leur colère, mercredi, durant l’élection du nouvel exécutif. La nouvelle, apprise lors du dépôt des listes par les différents groupes, a sidéré les femmes de ce pays et les hommes qui défendent leurs droits.

Patriarcat

Pour Femmes en colère, « les partis politiques du patriarcat continuent de marginaliser les femmes en les écartant de la gestion des affaires publiques. Ce patriarcat pratique un sectarisme primaire qui n’est plus tolérable à l’encontre des femmes ». Vingt ans après l’entrée de la loi sur la parité sur le plan local, force est de constater que « les esprits n’ont pas évolué », s’indigne Fara Caillard. « Il faut que la parité soit partout, renchérit Valentine Holle. D’ailleurs savent-ils vraiment ce qu’est la responsabilité ? En tant que femmes, nous l’assumons depuis le départ ! » Selon elle, ce gouvernement n’a tout simplement pas lieu d’être et devrait être dissous.

Pour Sonia Togna, présidente de l’UFFO, c’est carrément « une honte ». « On n’est pas dans le bon chemin. On nous place avec le bien-être des animaux et on parle uniquement des violences. Voilà comment on nous traite ! » Et de scander au micro : « Je suis une femme kanak et je ne veux pas d’un pays qui bafoue nos droits ».

Des représentants syndicaux étaient également présents. Force ouvrière, qui a mis en place un secteur dédié à l’égalité entre les femmes et les hommes, a tenu à apporter son soutien à la lutte pour les droits des femmes. Pour l’USTKE, Marie-Pierre Goyetche, a évoqué, elle aussi, la « régression ». « Les femmes sont présentes partout. C’est nous qui faisons le travail et après, on est mises de côté, notamment des conseils d’administration ! » Pour la représentante, il faut continuer à se battre et crier fort, car ils sont « sourds et aveugles » et « on ne nous fera jamais de cadeau ».

Plus qu’un « énième Grenelle en forme d’état des lieux », le collectif et l’UFFO exigent une structuration en profondeur du système de gouvernance et la création d’un secteur exclusivement dédié aux droits des femmes au gouvernement pour lutter non seulement contre les violences physiques et sexuelles, mais également contre les violences institutionnelles et politiques, le sexisme, les stéréotypes et les discriminations.

Isabelle Champmoreau, seule femme de ce nouvel exécutif, s’est exprimée avec émotion indiquant partager ce combat, « d’abord parce que c’est un droit et puis parce que partout où il y a des femmes au pouvoir, les chiffres montrent qu’il y a une meilleure éducation et une meilleure santé ». L’élue a déclaré qu’elle espérait travailler pour cette cause. Elle a en  revanche interloqué son auditoire en insistant sur le fait qu’elle ne se qualifiait pas de fémininste, « parce qu’on dirait qu’on est des sortes de féministes ou harpies ». Les clichés ont la vie dure.

C.M.

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