Une route pourrait voir le jour dans la baie entre Ducos et Koutio

Afin d’améliorer la circulation entre Ducos et la bifurcation de Koutio, la province Sud envisage l’aménagement d’une liaison routière en baie de Koutio, ce qui alimenterait l’économie du BTP pendant plusieurs années. Des études ont été lancées.

« L’idée d’une liaison entre Ducos et la bifurcation de Koutio est discutée depuis des années », déclare Philippe Blaise, premier vice-président de la province Sud. Cette bifurcation est le nœud central du réseau du Grand Nouméa assurant, notamment, le lien entre le Nord et le Sud de l’agglomération. Plus de 6 000 véhicules y transitent par heure durant les heures de pointe.

Le projet a refait plus précisément parler de lui dernièrement, en lien avec les difficultés rencontrées par le secteur du BTP. Philippe Blaise a reçu le collectif Alliance urgence construction, qui réclame la relance de la commande publique, et Silvio Pontoni, président de la Fédération calédonienne du bâtiment et des travaux publics, « a écrit fin août pour demander à la province de l’inscrire dans le prochain contrat de développement ».

Gagner du temps en voiture

Les services réalisent des études de circulation dont les résultats sont attendus pour le début de l’année prochaine. Ils doivent permettre de passer à la partie technique sur les deux projets de travaux envisagés.

D’une part, la création d’une troisième voie entre Ko We Kara et cette fameuse bifurcation, « une section régulièrement saturée » et, d’autre part, l’aménagement d’une nouvelle liaison routière entre l’échangeur de Koutio, côté Médipôle et Spanc, vers Ducos au niveau du site d’endigage de Koutio-Koueta. Le premier objectif est de décongestionner la zone en heure de pointe et d’améliorer le temps de parcours des automobilistes.

 

La province a lancé des études sur deux projets afin de désengorger les routes, une liaison dans la baie de Koutio et une troisième voie depuis Ko We Kara.

 

15 milliards et du travail pour le BTP

Pour Philippe Blaise, qui souhaite porter les deux chantiers, il n’y a pas de concurrence entre eux. « La troisième voie est techniquement assez facile à entreprendre et peut démarrer à plus court terme. Il s’agit d’un chantier d’envergure moyenne qui pourrait être lancé avant la fin de la mandature. »

La liaison en baie de Koutio, elle, est évaluée à une quinzaine de milliards de francs. Son intérêt dépasse largement celui de la circulation, affirme Philippe Blaise. « Il s’agirait de valoriser l’emprise en installant une zone d’aménagement concertée et en réalisant des remblais pour proposer des lots à usage industriel, commercial, ou autre. La mairie de Dumbéa s’est aussi montrée intéressée pour aménager et développer son bord de mer. »

Ce projet pourrait s’inscrire dans la nouvelle génération de contrats de développement prévue l’année prochaine et ainsi bénéficier d’un financement partagé avec l’État et le territoire. Il nécessiterait d’engager des travaux sur près d’une décennie, apportant ainsi une vision sur plusieurs années au secteur du BTP. D’autres interventions sont envisagées par la province Sud, indique Philippe Blaise. « Ce n’est pas parce qu’il y a cela qu’il ne faut pas faire autre chose. L’échangeur Nord de Païta a commencé à être budgété. »

 


Un chantier qui ne fait pas l’unanimité

L’ annonce du lancement des études en vue d’améliorer la circulation entre Ducos et Koutio a fait réagir.

L’association Citoyen mondorien s’est fendue d’un communiqué dans lequel elle se demande si « l’argent qui sera utilisé était celui initialement prévu pour la voie de désenclavement du Mont-Dore ». L’ACM fustige un projet mis au placard dans « l’indifférence totale de nos élus provinciaux et communaux qui nous ont abandonnés » et affirme sa détermination pour qu’il avance, le seul « permettant d’échapper à notre isolement et d’assurer notre sécurité, toujours précaire lorsqu’il s’agit de traverser Saint-Louis ».

Le parti Générations NC s’est également exprimé sur le sujet, estimant qu’il ne fallait pas l’abandonner et oublier les Mondoriens. « Nous sommes consternés que le projet de deuxième route du Mont-Dore ait été délaissé par la province Sud car jugé trop coûteux. (…) Nos problèmes de transport pourrissent la vie des Mondoriens et freinent le développement de la commune. » Le groupe politique affirme qu’il « est temps que la majorité municipale et provinciale s’occupe aussi des Mondoriens ».

Une zone franche et des navettes

Une polémique inutile, a riposté Philippe Blaise dans la foulée, démentant le fait que la province se désintéresse du dossier du contournement de Saint-Louis. « La réalité est que le viaduc représente la seule solution et qu’après analyse d’un cabinet, son coût est évalué à environ 60 milliards de francs. » Une somme que la province n’a pas les capacités financières de porter seule, poursuit le premier vice-président de l’institution. « On ne ferme pas la porte à ce projet, mais il faudrait une aide exceptionnelle de l’État, qui n’est pas à l’ordre du jour, pour mener à bien ce genre d’investissement. »

 

Philippe Blaise insiste, le projet de route de contournement au Mont-Dore n’est pas abandonné, mais la province ne peut pas le porter seule.

 

En revanche, Philippe Blaise assure que la province Sud mène des études concernant la faisabilité d’une solution avec un ferry. Le Mont-Dore Sud fait également partie des zones prioritaires pour l’installation d’une zone franche provinciale et l’institution a chiffré et budgété une enveloppe destinée à financer un service exceptionnel de navettes d’urgence par navire grande capacité pendant une semaine en cas de blocage. « Non, le Mont-Dore Sud n’est pas ‘délaissé’ par la province. »

Interrogée dans le journal de NC La 1ère samedi soir, Sonia Backes a évoqué le dossier de la route de contournement du Mont-Dore, insistant sur le fait qu’elle devait voir le jour. « Je n’ai jamais dit qu’elle ne se ferait pas, au contraire, cette route, elle doit se faire, c’est 15 000 personnes qui sont derrière. Mais ce n’est pas finançable par la province seule et moi, j’ai mis ça dans les projets de grands travaux. Il nous en faut, pour relancer la Calédonie, avec la quatre voies jusqu’à Koné avec des grands barrages, qui vont redonner de l’emploi et redynamiser. »

 

Anne-Claire Pophillat (© Archives DNC / province Sud)

 

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