Une reprise sous condition de pass sanitaire

Depuis lundi, le pass sanitaire est nécessaire pour accéder à certains lieux dans le cadre du confinement adapté. Restaurants, salles de sports, établissements culturels, transport aérien domestique et maritime et prestations de services à la personne sont concernés. Si certains, à l’image des musées, ont souhaité rester fermés une semaine de plus, le temps de s’organiser, la majorité ont repris leur activité lundi. Témoignages.

 

Serge Layec, gérant de La Chaumière,
Marmite et Tire-Bouchon et Texas Grill

« Cette première semaine sert de test »

À La Chaumière, située au Quartier-Latin, le jour de la réouverture a été calme. « Je pense qu’il y a eu moins de monde lundi midi que les midis de la semaine dernière, parce qu’il y a eu une incompréhension au niveau des contrôles et du fonctionnement. Le pass, c’est uniquement pour s’attabler », relève Serge Layec.

Marmite et Tire-Bouchon s’en est mieux sorti. Lundi soir, la salle affichait complet, mais avec une capacité réduite de 50 %, le même protocole déjà en place après les précédents confinements étant à nouveau appliqué. « On a réorganisé l’espace avec environ la moitié des tables, les autres sont condamnées afin de pouvoir respecter les distances. » Et il faut s’habituer aux contraintes que sont le port du masque en permanence et la désinfection régulière des mains. Mais, la reprise s’est plutôt bien passée. « Les gens étaient contents d’en profiter de nouveau, ça fait du bien au moral de retrouver un semblant de vie normale. »

Les clients mais pas le personnel

Ce qui change, cette fois, c’est le contrôle du pass sanitaire effectué à l’entrée, qui ne passe pas auprès de tous les professionnels. « On le fait vraiment à contre cœur parce que ce n’est pas notre métier. Plusieurs restaurateurs sont contrariés par ce système. Au P’tit Café, par exemple, a choisir de rester fermé une semaine de plus. On vend du plaisir, donc c’est contradictoire de devoir exercer un contrôle administratif », estime Serge Layec, également vice-président du syndicat des restaurateurs. Une certaine réticence vis-à-vis du pass qui n’empêche pas d’être conscient de son utilité. « Cela préserve la sécurité de chacun et on sait que sans cela, on n’aurait pas pu reprendre notre activité. On demande sa mise en place depuis longtemps. »

Ce qui va peut-être gêner les clients, souligne le gérant, c’est le fait que s’il leur demande leur pass, il ne peut pas en faire autant avec le personnel. « Je pense que cela peut avoir une répercussion sur la fréquentation des restaurants, parce qu’il y a des gens qui s’interrogent sur cette situation. » Serge Layec a insisté sur la vaccination auprès des employés. « Avec beaucoup de pédagogie et des entretiens. Sur 41 salariés, un seul n’est pas vacciné. On pense lui demander de faire des tests régulièrement. »

Avec le contexte, rien n’est encore joué. « On n’est pas encore sorti de l’ornière, on s’interroge, cette première semaine fait office de test. On attend de voir comment ça se passe pour prendre une décision. » Comme d’autres, Serge Layec a reçu le chômage partiel une semaine avant le confinement et envisage, en cas de besoin, d’y avoir à nouveau recours. « On fonctionne seulement avec la moitié de la capacité d’accueil et on ne peut proposer qu’un seul service avec le couvre-feu, donc le chiffre d’affaires baisse automatiquement. » Le restaurateur compte également sur le Fonds de solidarité de l’État.

 

 

Sabine Jullien, gérante de la salle de sports Oxygène

« Un des points importants est la ventilation naturelle »

  Si ce confinement est plus dur, c’est notamment parce que beaucoup de professionnels savaient que la reprise serait plus compliquée que les fois précédentes, le virus étant présent sur le territoire. « On a eu une visioconférence avec le gouvernement qui nous a expliqué les règles spécifiques qui s’appliquent à notre activité, qui est un peu considérée comme à risques », explique Sabine Jullien. Rôle du pass sanitaire, son contrôle, gestion de la distance et des gestes barrière.

Mais, un point en particulier est ressorti de ces échanges. « C’est celui de la ventilation naturelle des locaux, car le ventilateur et la climatisation sont interdites. Seuls les brasseurs d’air sont autorisés. Moi, j’ai de la chance, parce que la salle se trouve dans une ancienne maison coloniale, donc c’est ventilé. » Autre règle à respecter, l’utilisation d’une machine sur deux.

Une reprise sereine

La réouverture a généré une certaine angoisse chez Sabine Jullien. « Je me suis réveillée à deux heures lundi matin tellement j’étais stressée. Et puis, finalement, ça s’est fait sereinement, dans de bonnes conditions, les gens sont plutôt confiants, ça se passe bien. J’avais déjà beaucoup expliqué les règles par mail aux adhérents et je l’ai refait à l’oral à leur arrivée. »

Concernant le pass sanitaire, si cela rajoute une tâche supplémentaire, un contrôle est déjà effectué dans les salles de sports. « Les adhérents passent leur carte de membre, donc là, c’est une vérification en plus. Cela nécessite une présence en continu à l’accueil de 5 h 30 à 20 heures, ce qui coûte en charges », témoigne Sabine Jullien, qui note une baisse de fréquentation de 30 à 40 % par rapport à d’habitude. « Cela permet d’étaler la reprise, on sait qu’il y aura une autre vague avec les deuxièmes doses de vaccin d’ici une quinzaine de jours. »

Mardi matin, les adhérents semblaient avoir intégré le fonctionnement, notamment celui du nettoyage de chaque machine après utilisation, poids ou haltère et, encore mieux, également avant. La réservation est aussi nécessaire pour participer aux cours collectifs. « Il y a un quota par salle en fonction de sa taille, de 10 à 15 personnes environ, on peut réserver en ligne. » Oxygène, qui compte 1 100 adhérents environ, emploie trois salariés et fait intervenir 19 professeurs.

 

 

Mélanie Foiret, esthéticienne et responsable de l’Institut

« Seulement deux clientes ont refusé de venir »

À l’annonce de la mise en place du pass sanitaire, Mélanie Foiret a contacté l’ensemble de ses clientes pour reprogrammer les rendez-vous qui n’avaient pu être honorés depuis le 7 septembre. « Dans la grande majorité, elles étaient vraiment soulagées de reprendre une vie un peu plus normale. Certaines ont souhaité avoir des précisions sur les mesures de sécurité que nous avons mises en place et seulement deux sur une cinquantaine de clientes ont refusé de venir. La première est contre le pass sanitaire et la seconde doit se faire dépister avant », témoigne la gérante de l’Institut.

15 minutes entre chaque soin

Les conditions dans lesquelles le salon pouvait rouvrir ont nécessité quelques heures de réflexion et d’organisation. Chaque rendez-vous en cabine de soins a été espacé de 15 minutes afin de pouvoir la nettoyer et de cinq minutes pour l’espace onglerie. À l’entrée, les clientes doivent présenter leur pass sanitaire ou équivalent. Elles doivent ensuite signer un registre attestant l’absence de symptômes et, bien sûr, porter le masque pendant tout le soin, excepté lorsqu’il s’effectue sur le visage. « Dans ce cas, nous mettons le masque FFP2 et les clientes ne peuvent pas parler. Elles vont ainsi pouvoir en profiter un maximum », sourit la cheffe d’entreprise, qui s’est inspirée de l’expérience métropolitaine pour faciliter la mise en place des nouvelles règles. « On est contentes, mais on va faire très attention. On travaille dur et on se fatigue vite, mais je suis confiante, on va prendre l’habitude. »

 

 

A.-C.P. et V.G (© A.-C.P. et D.R.)

 

 

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