Une rentrée particulière

Une petite partie des 67 000 élèves a repris le chemin de l’école, mercredi. La province Sud a ouvert la voie avec une rentrée organisée par demi-classes. Un absentéisme important a été remarqué au premier jour, en particulier chez les plus jeunes. La province des Îles va suivre progressivement et la province Nord pas avant le 4 mai…

Matinée plutôt tranquille dans la classe de CP B du groupe scolaire de Boulari qui ne comptait, mercredi, que six élèves alors que près du double était attendu. Après un premier lavage des mains, la maîtresse Catherine a commencé la journée par expliquer aux petits pourquoi l’école avait été fermée durant quatre semaines.

Si certains enfants avaient entendu parler du virus, d’autres pas du tout. Ils ont pu regarder une vidéo sur le sujet. Puis on a bien expliqué les gestes barrières, à quoi servaient le savon et le gel hydroalcoolique à l’entrée des classes. Les enfants ont été installés, à un par table, et la vie scolaire a repris dans un climat plutôt serein. Dans cette école, les récréations ont également été aménagées : deux le matin et deux l’après- midi. Les enfants sortent par tout petits groupes et séparément. On trouve au sol des visuels de petits pieds signalant les distances à respecter. Les enseignants veillent au grain.

40 à 50 % d’absentéisme

Les autorités ont donné des grands principes à mettre en œuvre dans les établissements mais ce sont les équipes éducatives qui ont été à la manœuvre pour organiser les espaces, imaginer des supports, etc. Le midi, les temps de cantine ont été rallongés, et des jeux « sans contact » ont été imaginés.

Ici les masques pour le personnel ont été fournis, mais Olivier Larhantec, directeur de la caisse des écoles du Mont-Dore, observe qu’« ils ne font pas fureur », le personnel « ayant totalement intégré les gestes barrières, la distanciation ». Les locaux et les supports sont aussi nettoyés au peigne fin, après chaque passage. Dans les classes, nous n’avons pas non plus croisé de professeurs portant un masque. L’une d’entre elles a dit « ne pas vouloir effrayer les petits au premier jour ».

Le groupe scolaire de Boulari accueille habituellement 350 élèves sur 15 classes. Mercredi, la directrice, Rosita Vanhalle, recensait 40 à 50 % d’absences. « On verra jeudi s’il y a plus de monde. Mais certains parents ont déjà signalé qu’ils préfèrent attendre le 4 mai. Pour eux, il n’y a pas d’inquiétude, nous avons prévu des supports dans le cadre de la continuité pédagogique. » De son côté, la caisse des écoles a mis la barre haute pour le nombre de repas, elle ajustera ses livraisons si besoin. Bonne nouvelle en tout cas : tout les membres du personnel enseignant, éducatif et autre, avaient répondu présent pour cette rentrée un peu particulière.

Travail préparatoire de qualité

Ils ont été salués par Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de l’enseignement, et Gil Brial, vice-président de la province Sud, également en charge du secteur, qui ont aussi visité le collège de Plum et le lycée du Mont-Dore.

Dans chaque établissement, les deux premiers jours de la semaine ont servi aux échanges avec les enseignants (et avec les parents, mais à distance, les réunions étant « impossibles pour l’instant ») et à la préparation des supports. Mercredi, l’idée était de voir concrètement comment les équipes s’étaient organisées et de les remercier pour le travail fourni dans ce contexte anxiogène.

Gil Brial a ainsi remercié une enseignante, particulièrement émue d’être de retour. « Merci d’avoir réussi à surmonter vos craintes pour permettre aux petits de retourner à l’école ». Il a concédé que cette histoire changerait forcément notre façon de vivre et nos habitudes, notamment à l’école. « Ces premiers jours sont justement l’occasion de prendre de nouvelles marques, de rassurer tout le monde et le contexte d’effectifs réduits permet justement cela », a ajouté Isabelle Champmoreau.

Après la période exceptionnelle de confinement que viennent de vivre les enfants et les adultes, il est effectivement essentiel de se donner du temps pour dissiper les inquiétudes qui sont « totalement légitimes ». Les autorités ont d’ailleurs rappelé la « bienveillance » de rigueur à l’égard des parents ayant préféré garder leurs enfants à la maison.

Le retour aux apprentissages se fera, quoi qu’il en soit, très progressivement, les élèves ne seront pas évalués sur cette période de deux semaines. Ce temps doit justement permettre d’apprécier la situation de chaque enfant et aussi de détecter ceux qui ont été dans des situations difficiles. « Il y a des gens qui ont perdu leur travail ou qui ont eu un confinement extrêmement compliqué et il faudra comprendre tout cela », conclut Isabelle Champmoreau.

Le 4 mai, une nouvelle orientation sera peut- être prise. D’ici là, la province Sud a promis de réaliser un bilan d’étape sur la situation sanitaire dans les établissements et une évaluation « du moral des troupes ».

C.M.

Contacts utiles

Vice-rectorat : 05 00 16 (collèges et lycées) et www.ac-noumea.nc

Denc : denc.gouv.nc

DDEC : 05 23 24, Asee/Felp : 05 05 20

Service de la province Sud : 20 49 05


À CHACUN SA RENTRÉE

• Sarraméa fait exception dans le Sud

Après une réunion avec les représentants de parents d’élèves et la commission de l’enseignement, la municipalité a décidé que la rentrée ne se ferait pas avant le 4 mai. Il a été estimé que les conditions sanitaires n’étaient pas réunies et les craintes trop importantes. Le transport scolaire pour les élèves scolarisés à La Foa ne sera pas non plus assuré, pour les mêmes raisons.

• Les îles, à partir de cette semaine

Aux îles Loyauté, la rentrée se déroulera de manière progressive, à compter de ce jeudi, « sous réserve de la mise en œuvre des préconisations sanitaires par les mairies et la province (points d’eau, savon, distanciation sociale, cantine, transport) ». Il pourrait donc y avoir des exceptions.

Les enseignants sont rentrés lundi, des réunions d’information se sont tenues avec les parents d’élèves mardi. Les élèves de cycle 3 (CE2, CM1, CM2) sont attendus jeudi, les autres primaires, lundi 27 avril. Les élèves dans les internats pourront rentrer dimanche soir. Dans les collèges publics, les élèves seront divisés en deux groupes qui alterneront la classe sur des tronçons de deux jours.

Au lycée Williama-Haudra, la reprise se fera le 27 avril pour les premières et les terminales et les dernières années de CAP. Les emplois du temps de ces classes seront aménagés pour permettre un travail à effectifs réduits. Les secondes et les premières années de CAP reprendront le 4 mai.

Pendant cette période transitoire, l’absentéisme des élèves ne sera pas sanctionné. Certains enseignants et élèves restent d’ailleurs coincés sur la Grande Terre.

• La province Nord, le 4 mai

Paul Néaoutyine a d’emblée indiqué que la rentrée ne se ferait pas avant le 4 mai dans le premier degré, qui relève de sa compétence. Le second degré est également concerné en raison des difficultés relatives au transport, etc. Les enseignants poursuivront la continuité pédagogique auprès de leurs élèves. Le calendrier sera précisé ultérieurement. Selon le président de la province Nord, cette rentrée nécessitait davantage de préparation et de concertation.

• Reprise le 4 mai à l’UNC

L’Université de la Nouvelle-Calédonie reprendra l’enseignement sur ses campus de Nouville et de Baco le lundi 4 mai, dans un peu moins de deux semaines, donc. Une « période de sauvegarde » sert cette semaine à la remise en service des campus : nettoyage des sites, désinfection des bureaux et des salles de cours, adaptation des espaces aux mesures de distanciation sociale et aussi des services proposés aux usagers et au personnel (restauration, BU, etc.).

En attendant la rentrée, les enseignements sont maintenus à distance. L’UNC fait savoir que toutes les mesures de protection édictées par les autorités seront mises en œuvre.


Les syndicats vent debout

UGPE, USTKE, CSTC-FO, SNUEP-FSU NC… De nombreux syndicats se sont opposés à cette rentrée jugée « mal préparée » et « mal planifiée ». Ils estiment que, vu le contexte, il aurait fallu prendre le temps de communiquer clairement auprès de tous et de préparer minutieusement le retour en classe d’un point de vue sanitaire et psychologique.

Ils ont déploré que « l’ensemble de la communauté éducative et les usagers de l’école découvrent les différents protocoles de réouverture et de cours, à trois jours de la rentrée, ne laissant aucunement le temps à une réflexion et mise en place des protocoles ».

Ils se sont encore inquiétés que la rentrée se fasse « sans attendre la mise en place effective des points d’eau, des savons, des gels » et que les masques « ne soient pas automatiquement distribués à tous les personnels ». Autre sujet d’inquiétude : « le manque d’information pour les enfants à la santé fragile (asthmatiques, par exemple). »

L’UGPE a conseillé aux parents de la province Sud de garder les enfants durant deux semaines supplémentaires à la maison, estimant que les conditions sanitaires ne sont pas réunies.


Les examens maintenus

Les épreuves du brevet des collèges, du baccalauréat et du BTS seront maintenues en fin d’année, a indiqué Erick Roser, le vice-recteur.


Allocations majorées

L’accueil dans les crèches et les établissements scolaires ayant été suspendu à compter du 19 mars, le gouvernement a mis en place une majoration des allocations familiales pour les salariés, parents d’un enfant de moins de 16 ans qui n’ont pas trouvé de solution de garde et qui ont donc subi une perte de salaire.

Cette majoration s’élève à 22 784 francs environ pour la période du 20 au 31 mars. Et pour la période de fermeture du 1er au 3 avril et du 20 au 30 avril par alternance des groupes d’élèves, elle s’élève à 45 569 francs environ.

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