Une nouvelle réglementation pour les pesticides

La Direction des affaires vétérinaires et rurales a présenté, vendredi, les résultats de son plan de surveillance des résidus contenus dans les végétaux et les denrées alimentaires. Les autorités estiment que la situation est satisfaisante même si certaines choses restent à améliorer. Une loi du pays devrait être adoptée avant la fin de l’année.

Les résultats sont « très satisfaisants », c’est la Davar elle-même qui le dit. En 2015, le plan de la Direction a permis de prélever 512 échantillons sur l’ensemble des filières agricoles. En dehors des poissons pélagiques, 98,7 % des échantillons de produits d’origine animale testés se sont avérés conformes. Pour les végétaux, sur 190 prélèvements (chez 107 agriculteurs), 95,3 % se sont révélés conformes, dont 81,1 % sans aucune trace de résidus. Un peu moins bons, les résultats sont de 90,1 % de conformité pour les produits importés.

Si ces résultats sont bons, en particulier pour la production locale, les associations de protection de l’environnement pointent certaines faiblesses. Le gouvernement entend améliorer les choses en proposant d’encadrer les produits phytosanitaires ainsi que leur utilisation. Les services de la Nouvelle- Calédonie, qui travaillent depuis plusieurs mois sur le projet, disposeront d’un cadre solide après que la délibération d’août 2012 réglementant les pesticides ait été annulée par le tribunal administratif et rétablie très récemment par la cour d’appel de Paris.

Une nouvelle réglementation pour la fin de l’année ?

Quasiment prêt, le texte pourrait être adopté d’ici la fin de l’année. Il vise à remettre à plat tous les volets de l’utilisation de produits phytosanitaires, l’homologation des molécules chimiques, la formation… Concernant la liste des produits autorisés, la loi apportera plus de clarté qu’un profond changement. Désormais, le territoire se calquera plus ou moins sur les produits agréés par l’Union européenne. Autrement dit, toute demande d’un produit estampillé « UE » sera agréée beaucoup plus rapidement. Pour les autres produits, en particulier ceux originaires d’Australie ou de Nouvelle-Zélande, par exemple, nécessaires pour la culture de la squash, la Commission consultative de protection des végétaux qui existe actuellement disposera toujours du pouvoir de les autoriser.

Changement notable, contrairement à la liste qui existe aujourd’hui, des différences pourront être introduites selon que l’utilisateur soit un professionnel ou pas. Concrètement, certains produits seront interdits aux particuliers, c’est ce qui risque par exemple d’arriver au glyphosate, un herbicide cancérigène probable très controversé et que l’on trouve en vente libre un peu partout en Calédonie. La liste fixera en outre les obligations en matière de formation conditionnant leur utilisation.

La partie formation continuera d’être gérée par la Chambre d’agriculture. Une partie importante puisque l’objectif de la loi, à la demandedesprofessionnelseux-mêmes,est de rendre obligatoire les formations afin de pouvoir utiliser certains pesticides, les plus dangereux en particulier. Les associations de protection de l’environnement apprécieront toutes ces avancées mais regretteront peut- être que le projet de loi ne prévoie pas un volet de contrôle. Selon la Davar, le cadre permettra toutefois de mettre en place des actions de contrôle plus efficaces. Philippe Germain, le président du gouvernement, estime pour sa part que la confiance et l’autocontrôle des agriculteurs valent largement le contrôle des pouvoirs publics. Reste que l’erreur, aussi involontaire soit-elle, est humaine.

L’idée de la Direction est de se rapprocher de la réglementation qui se met actuellement en place en métropole et dont l’objectif est de remplacer progressivement les molécules chimiques par des molécules biologiques. Au- delà de la bonne volonté sur laquelle compte le gouvernement, un programme incitatif aurait peut-être été le bienvenu.

Cette loi est une avancée en matière de transparence et d’encadrement de l’utilisation de produit dangereux. Elle ne s’appliquera toutefois qu’aux produits à usage agricole, produits qui représentent, selon le président du gouvernement, seulement 5 % de l’ensemble des biocides utilisés sur le territoire.

M.D.

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Attention aux pélagiques !

Si les concentrations en contaminants environnementaux, résidus médicamenteux et pesticides sont satisfaisantes pour la plupart des végétaux et des produits d’origine animale, c’est moins vrai pour certains poissons et plus précisément les grands pélagiques. Si le poisson est bon pour la santé au moins deux fois par semaine en variant les espèces, certaines sont à éviter car contenant des teneurs en mercure trop élevées. C’est le cas du thon bachi, du marlin et de l’espadon. Ils sont à éviter pour les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes. Pour les autres adultes, il est recommandé d’en manger moins de 150 grammes par semaine. Présentant moins de risque, les autorités recommandent un maximum de consommation de 75 grammes et 150 grammes par semaine pour les enfants et les femmes enceintes en ce qui concerne le tazar du large, le vivaneau, le saumon des dieux et les thons jaune et blanc.

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