Une fin d’année plus chaude et humide

Météo France a présenté ses prévisions saisonnières pour novembre, décembre et janvier. La saison chaude sera placée, cette année, sous l’influence du phénomène climatique La Niña, synonyme de températures et précipitations plus élevées, de vents plus faibles, mais aussi possiblement d’avantage de cyclones dans notre entourage proche.

Après plusieurs saisons chaudes difficiles, marquées par le redoutable El Niño, favorisant chez nous une importante sécheresse, des vents forts et donc des feux de forêt, la roue tourne : nous sommes entrés dans un nouvel épisode sous influence de La Niña, a annoncé Météo France, mardi.

Pour rappel, El Niño et La Niña sont deux phénomènes océaniques ayant pour origine une anomalie thermique importante des eaux de surface qui se produisent à grande échelle du Pacifique équatorial, mais ils correspondent à deux phases opposées. Lors d’un épisode El Niño, les hautes pressions du Pacifique Sud diminuent, les alizés faiblissent, voire se renversent. Les eaux chaudes de surface, accompagnées de nuages et de précipitations, refluent de l’ouest vers l’est. Et on note une anomalie positive de la température de la surface de l’océan.

Lors d’un épisode La Niña, à l’inverse, les alizés se renforcent, les masses d’eau se déplacent vers l’ouest, des indicateurs qu’ont justement observés les prévisionnistes entre mars et septembre. On note également une anomalie négative de la température de la surface de l’océan à – 0,6 C°, le seuil pour déclarer La Niña étant à – 0,5°C. Selon les projections, cette température devrait continuer à décroître et atteindre son minimum en fin d’année, ce qui laisse présager un épisode « relativement intense » et qui devrait durer jusqu’au premier trimestre 2021.

Quelles conséquences ?

En Nouvelle-Calédonie, La Niña devrait se traduire par des précipitations. Météo France annonce 20 % de pluie en plus, par rapport à la moyenne. Les températures devraient être plus chaudes également (+ 0,5°C) sous l’effet combiné du réchauffement climatique. Le nombre de jours d’alizés vigoureux va diminuer au profit de vents faibles de secteur nord. Les descentes de masses d’air tropical, chaudes et humides, seront plus fréquentes.

Des éléments plutôt réjouissants ? « Par rapport à la problématique agricole ou les feux, El Niño est un marqueur des années sèches, de diminution de la ressource en eau, des feux et le phénomène La Niña est donc effectivement une bonne nouvelle pour les agriculteurs ou encore les pompiers, concède Thomas Abinun, prévisionniste à Météo France. En revanche, elle l’est peut-être moins, par exemple, pour les amateurs de sports de glisse. » On peut ajouter que chaleur et humidité sont aussi souvent synonymes de prolifération des moustiques ! Il faudra donc aussi garder toute sa vigilance à ce niveau.

Et c’est malheureusement sans prendre en considération le risque cyclonique. Car en période La Niña, la zone de formation des cyclones descend vers le sud et se rapproche du nord de la Nouvelle-Calédonie. Météo France estime qu’il y aura davantage de phénomènes dans notre zone de surveillance par rapport à d’habitude (+ 0,5 à un phénomène en plus, soit 4 à 4,5 de phénomènes par an au lieu de 3,5). « Cela n’engage pas, bien sûr, leur trajectoire précise ni leur passage ou non sur le territoire », rassure Thomas Abinun. Par ailleurs, explique-t-il, dans ce contexte, les cyclones sont généralement de moindre intensité avec des vents moins forts et une activité moins longue.

C.M.

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