Une délégation de service public pour le transport maritime ?

Après des années d’atermoiements, les choses avancent au niveau de la desserte maritime des îles. Un appel d’offres pour une mission d’expertise en vue d’une délégation de service public est en cours sur le sujet. Les entreprises devront répondre à plusieurs problématiques et en particulier celle du fret qui pénalise fortement le développement économique des Loyauté.

Tendue. En un mot, voilà comment l’on pourrait résumer l’année 2014 sur plan du transport maritime entre la Grande Terre et les îles Loyauté. Tendue en raison des nombreuses grèves, blocages, incidents, avaries et autres problèmes qui ont touché les bateaux, les infrastructures et les sociétés qui assurent l’acheminement du fret dans les îles. Le problème n’est pas nouveau. Certains demandent depuis près de vingt ans que des décisions soient prises, y compris qu’un schéma des transports soit adopté.

Le cabinet de Gilbert Tyuienon, qui travaille sur le dossier depuis son arrivée au gouvernement en 2011, commence à faire bouger les choses. Même si cette avancée, après un grand colloque organisé au Sheraton fin 2014, consiste finalement à ajouter une étude supplémentaire à toutes celles déjà réalisées. Mais cette étude est néanmoins un premier pas concret à la mise en place d’une ou plusieurs délégations de service public du transport maritime. Les transports sont un enjeu global de développement économique pour l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie et c’est encore plus vrai pour les îles qui doivent composer avec les aléas du transport maritime.

« Des services
absolument vitaux
 »

Des aléas contre lesquels les pouvoirs publics ont décidé de lutter à partir de 2010 en déclarant le transport maritime comme un des « services absolument vitaux » pour reprendre les mots du Premier ministre François Fillon. Les transferts de compétences de 2011 en matière de circulation maritime, d’immatriculation des navires ou encore de desserte maritime interprovinciale, permettent désormais à la Nouvelle-Calédonie de prendre le relais du privé qui assurait jusque-là l’acheminement du fret. De même pour le port, du moins à Lifou, la Calédonie est compétente à travers le port autonome chargé de l’administration des infrastructures de Wé. Pour les autres ports, ce sont les communes qui en assurent la gestion. Mais aucun ne dispose de dépôt de carburant et peu, voire pas du tout, de zones de stockage pour le fret.

Comme le précise le schéma global de transport, une reprise en main du public est une nécessité, la démonstration est faite chaque année par l’absence de liaisons, pour des durées plus ou moins longues, et le plus souvent dommageables pour les entreprises des îles autant que les pour habitants qui doivent subir des pénuries récurrentes. La délégation de service public (DSP) envisagée dans l’appel d’offres lancé par le gouvernement et qui prendra fin le premier juin ne traite pas seulement de la question du fret. La DSP aborde également la question du carburant et celle des passagers qui est principalement assurée par le Betico de la Sodiles avec un équilibre financier plutôt incertain.

L’appel d’offres consiste à mener une mission d’expertise par la création d’une délégation de service public en vue de sécuriser et d’assurer la régularité, la fiabilité et le confort au meilleur coût. D’après le schéma, la délégation pourrait être mise en place au plus tard en 2020, une date qui peut paraître tardive pour des Loyaltiens déjà excédés par une situation qui durent depuis trop longtemps. Si l’estimation du montant de l’ensemble des travaux associés pour les infrastructures n’est pas encore faite, les services administratifs tablent sur un coût d’exploitation de la délégation aux environs de 300 millions de francs par an.

Des investissements

très importants

Des sommes importantes qui constituent le principal frein, tout comme pour le développement du transport routier. Reste à savoir comment les financer même si des pistes ont déjà été évoquées, notamment par Jean-Christophe Hugonnard, spécialiste de ces questions et responsable du groupe d’étude. Selon lui, tous les investissements confondus pourraient s’élever aux environ de 200 milliards de francs sur quinze ans, ce qui nécessiterait de doubler les financements publics actuels (de 16 à 30 milliards de francs par an).

Au niveau du transport maritime, la DSP pourrait se traduire par un regroupement des privés qui opèrent aujourd’hui, à savoir la Société de transport de l’intérieur et des îles (Stîles) de Louis Kotra Uregueï, la Compagnie maritime de îles (CMI) dirigée par Arnold Lèques et la Sowemar de Pierre Dongoc, arrivé en 2014 avec son bateau, le DL Scorpio. Ce dernier a notamment récupéré le transport du carburant, un sujet sensible qui sera au cœur des discussions entre les armateurs et les collectivités. S’ils n’en sont pas encore là, la population espère que les moyens pourront être mutualisés et que les infrastructures seront rapidement mises à niveau.

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