Un démarrage sur les chapeaux de roue

Le réseau de transport en commun de l’agglomération nouméenne a fait sa révolution avec la mise en service du Néobus et du réseau unique Tanéo, le 12 octobre. Outre le bus à haut niveau de service et les nouveaux bus, ce sont des modifications en profondeur qui ont été apportées au réseau. Changements de lignes, de fréquences, de tarification… Les récriminations sont nombreuses pour des usagers quelque peu déboussolés. La gratuité sur l’ensemble du réseau, du 12 au 20 octobre, a provoqué une belle pagaille, entraînant la congestion de certaines lignes, des retards importants et l’impossibilité pour certains voyageurs de prendre les transports en commun.

Une situation qui devrait rentrer dans l’ordre avec l’application des nouveaux tarifs dès le 21 octobre. Mais ce franc succès montre la curiosité et les attentes de la population pour les transports en commun. Il suggère également que la population calédonienne est très sensible à la question du prix en matière transport collectif. Si les anciens et les nouveaux tarifs sont difficilement comparables étant donné les changements apportés, le prix de base pour se déplacer est toutefois à la hausse (225 francs contre 190 francs).

Pour le syndicat mixte des transports urbain (SMTU), ce démarrage est plutôt positif malgré quelques problèmes à régler. Des études de faisabilité sont d’ores et déjà envisagées pour franchir les étapes à venir d’extension du réseau. Le projet Néobus, qui n’est pas financé à ce jour, prévoyait initialement de nouvelles lignes vers le Mont-Dore et les quartiers de Kaméré et Logicoop, à Ducos.

Le SMTU appelle les usagers à faire un maximum de retours au personnel de Tanéo afin de pouvoir adapter certaines lignes, en particulier les fréquences, les heures de départ et les correspondances. De manière plus générale, le SMTU va lancer une étude sur les zones blanches des transports en commun dans l’agglomération. Une étude qui peut sembler étonnante après un investissement de près de 20 milliards de francs pour la mise en place du réseau Tanéo. Elle vise à dresser un état des lieux de la couverture de l’agglomération par les transports en commun sans attendre la révision du plan de déplacement de l’agglomération nouméenne (PDAN) et à mieux identifier les zones non desservies. Outre une analyse cartographique, l’étude prévoit l’établissement d’un plan d’action.

Le développement du transport en commun est un enjeu environnemental, mais également économique. Il répond en particulier aux besoins des populations les moins favorisées pour lesquelles le transport en commun est une nécessité pour accéder à l’emploi ainsi qu’aux services et aux loisirs. De nombreux témoignages pointaient un manque d’adaptation de l’offre par rapport aux besoins. Un décalage préjudiciable aux usagers ainsi qu’à l’ensemble de l’économie. Comme l’a illustré la semaine de gratuité, l’un des effets collatéraux des transports en commun est de remettre des gens dans les rues, soit autant de clients potentiels qui arpentent les rues du centre-ville.

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