Un cap

Le président du gouvernement a prononcé jeudi sa déclaration de politique générale qui constituera la colonne vertébrale de l’action de l’exécutif pour les quatre prochaines années. Trois mois après la victoire de l’Avenir en confiance aux élections provinciales, Thierry Santa s’est engagé, comme convenu avec son équipe, à faire de la relance économique une priorité. L’idée est de soutenir les entreprises, les petites en particulier, de « libérer les initiatives », de programmer un cadre fiscal et réglementaire sur la mandature, qui intégrera notamment une simplification de la TGC.

Le gouvernement veut redonner de l’espoir et un avenir à la jeunesse. Pour ce faire, il faudra aussi lui garantir le maintien de la protection sociale, la sécurité, le respect de la diversité et qui sait, la fin du communautarisme exacerbé.
La Nouvelle-Calédonie voulue par l’exécutif doit aussi s’ouvrir encore davantage sur la région et le monde. De nouveaux enjeux diplomatiques émergent avec de sérieux jeux d’influence dans le Pacifique et chacun sera amené à se positionner pour exister.

Cette semaine, le président de la République a justement exposé aux ambassadeurs sa vision du monde et la place que la France doit y prendre. Ce qui pourra nous éclairer. Dans un contexte globalement marqué par « la fin de l’hégémonie occidentale », dans un monde qui risque la bipolarisation totale, Emmanuel Macron a prôné une « stratégie de l’audace » diplomatique.

Pour éviter l’effacement face à la prééminence de la Chine et des États-Unis, considérant que l’alignement à l’un ou l’autre n’est pas une possibilité, il a appelé les diplomates à faire de la France et de l’Europe une « puissance d’équilibre », avec une « liberté de jeu », une liberté de pouvoir choisir ses amis ou ses ennemis.

En ce qui nous concerne très directement, et pour être « respectés » par la Chine dans la région, Emmanuel Macron a réitéré sa volonté de peser avec les puissances indo-pacifiques, l’Australie, l’Inde, le Japon… Il a redit à ses diplomates qu’il fallait revisiter cette région trop longtemps délaissée et la réinvestir sur le plan militaire, sécuritaire, technologique, climatique, notant au passage la vulnérabilité de nombreux États…

Dans ce contexte, la position de la Nouvelle-Calédonie n’est pas forcément évidente. Elle essaie de porter ses propres ambitions pour exister, elle aussi. Elle déploie des relations politiques et commerciales avec les États insulaires, visiblement plus ouverts à la Chine qu’à l’Australie et aux États-Unis. Mais en même temps, elle ne peut s’offrir le risque d’une rupture avec la France ou l’Europe et leurs alliés à moins de s’aligner à une autre puissance… Il faudra donc là aussi devenir en quelque sorte une (petite) « puissance d’équilibre ».

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