Un accord conclu à Kouaoua

Après plus d’une année de conflits entre la SLN et des jeunes de la commune de Kouaoua, un accord a finalement été signé, le 4 juillet, en présence de l’État.

La SLN tente de remettre ses mines en ordre de marche. Alors que le métallurgiste a de nouveau sollicité des autorisations d’exportation de minerai, elle peine à atteindre ses objectifs fixés par arrêté du gouvernement dans le cadre de son plan « quatre millions de tonnes ». Les mouvements et blocages qui empoisonnent le fonctionnement de la SLN sont une des raisons du retard dans la mise en œuvre. C’est précisément ce qui a poussé l’opérateur à réformer sa démarche de « responsabilité sociétale de l’entreprise » et revoir ses relations avec les populations locales, en ouvrant notamment un bureau des communautés.

Le travail engagé, en particulier à Kouaoua où la situation était très tendue, a permis d’aboutir à un protocole de fin de conflit. La SLN s’engage notamment à renoncer à l’exploitation du site dit « périphérique ouest », sans contrepartie. Les parties s’engagent également à se rapprocher des districts de Leweo et de Canala afin de faire connaître le protocole d’accord et les décisions qu’il contient. L’idée est également de structurer les relations entre les populations et les mineurs de façon à éviter de retomber dans une situation conflictuelle.

Le dernier point du protocole illustre le mouvement de fond des populations des communes minières qui se sentent laissées pour compte. Il est prévu de « demander aux autorités compétentes, la mise en place d’un projet de dispositif de dédommagement, et de redevance minière pour la région de Kawipa ». Si la redevance minière est dans les tuyaux depuis maintenant de nombreuses années sans que les responsables politiques parviennent à la mettre en œuvre, l’idée d’un dédommagement pour les populations locales est nouvelle et devrait faire des émules parmi les communes minières de la côte Est.

Meilleur partage des richesses

Si ces dédommagements sont fréquents au niveau international, c’est moins le cas dans les territoires français. Cette situation est, d’une certaine manière, le fruit du manque de stratégie en matière minière qui a poussé les populations à se mobiliser pour mettre en lumière des situations qu’elles estimaient anormales et réclamer un meilleur partage des richesses tirées du nickel. Reste à savoir comment se passeront les négociations à venir sur ce sujet et si la SLN aura les moyens de ses ambitions. Dans le cas contraire, si les promesses devaient ne pas être tenues, un retour aux tensions serait à prévoir.

Qui pour investir dans la SLN ?

Si les relations conflictuelles, en particulier sur la côte Est, ont été un frein à la mise en œuvre du plan d’exportation de quatre millions de tonnes, les investissements à réaliser sont également importants. Pour mettre en œuvre le plan, il faudrait mettre sur la table un peu plus de 10 milliards de francs. Cet argent, la SLN ne l’a pas. Pas plus que ses actionnaires, la STCPI composée des collectivités calédoniennes ou d’Eramet, sa maison mère, dont les comptes sont dans le rouge et qui suspend des projets à travers le monde ou cherche à vendre certaines de ses filiales et notamment Aubert-Duval.

La mine est le seul moyen pour l’entreprise de réduire ses pertes qui restent encore colossales. D’ici le mois de septembre, la dernière tranche du prêt de l’État sera tirée et permettra de compenser les pertes d’exploitation jusqu’au premier trimestre, voire légèrement davantage, mais pas d’investir. Après ? La SLN entrera en terre inconnue et avec des perspectives incertaines. Personne ne souhaite mettre la main à la poche et c’est pourtant la seule chose pour sauver l’opérateur historique qui emploie directement près de 2 000 personnes.

Comme l’avait souligné le Cese dans son avis sur la modification du code minier permettant à la SLN et à Vale NC d’exporter du minerai des réserves de Tiébaghi et Goro, il y a un risque de voir se transformer les métallurgistes en mineurs. Un risque d’autant plus grand que les besoins d’investissements de la SLN ne concernent pas seulement la mine, mais aussi l’usine de Doniambo qui est vieillissante et dont l’un des fours devra être remplacé dans les deux ans. C’est également le cas en matière d’électricité. Si le projet initial prévoyait que la collectivité s’occupe du financement de la nouvelle centrale électrique, le changement de stratégie de Nouvelle-Calédonie Énergie pourrait bien ouvrir d’autres perspectives.

M.D. ©sln

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