Tennis : Les cinq travaux d’Olivier Le Dain

Tout juste réélu à la tête de la Ligue calédonienne de tennis, le président fait face à de nombreux chantiers, entre Jeux du Pacifique, tournoi ATP et le développement de la discipline.

1. Développer le vivier de jeunes

Les chiffres de cette année sont mauvais. Pas aidés par la crise sanitaire, les plus jeunes tennismen ne jouent pas assez. « L’objectif de la Fédération française de tennis a été établi à 10 matchs joués pour les moins de 12 ans sur l’année. Aujourd’hui, seuls 2 % d’entre eux ont atteint cette barre, analyse Olivier Le Dain. Souvent, les jeunes ne viennent pas aux compétitions quand elles sont trop loin. » Alors une solution est envisagée. « La FFT a mis en place un système de matchs simplifiés. Deux jeunes pourront décider de jouer l’un contre l’autre en dehors des compétitions, une rencontre qui serait comptabilisée dans le calcul des classements. Il faudrait juste un officiel pour superviser. » Simplification qui permettrait donc aux jeunes joueurs d’évoluer sans avoir à passer à chaque fois par un tournoi.

2. Attirer des bénévoles

C’est une réalité qui touche toutes les disciplines et le tennis n’est donc pas épargné : la raréfaction des bénévoles. « Je n’ai pas de solution magique, constate Olivier Le Dain. Mais notre objectif, c’est de bien s’occuper des bénévoles qui sont là avant de pouvoir en trouver d’autres. » Et pour ça, la ligue aura un rôle central. « L’idée est d’en faire ce que j’appelle une société de service. De fournir de l’aide aux clubs qui en ont besoin (il n’est pas question de faire payer ces services, NDLR). Je pense, par exemple, aux aides de l’Agence nationale pour le sport, dont les dossiers peuvent parfois être compliqués à remplir pour certains bénévoles. En 2019, nous avions une personne ressource à la ligue, cette année, elle peut directement remplir les dossiers pour ceux qui en ont besoin. » Une aide qui sera aussi utile lors des tournois avec « une mise à disposition des juges arbitres, par exemple », pour simplifier la vie des clubs et de leurs bénévoles.

3. Retrouver des médailles aux Jeux

Les Jeux de Samoa, en 2019, avaient été une douche froide pour le tennis local. Pour la première fois, les joueurs calédoniens n’avaient remporté aucune médaille. Le résultat d’une préparation chaotique où le coach, Nickolas N’Godrela, avait décidé de jeter l’éponge avant de partir pour Apia. Avec une équipe très jeune, il n’y avait pas eu de miracle, malgré le talent de cette nouvelle génération. Alors pour les Jeux de 2023, aux Salomon, et conformément aux recommandations faites à toutes les ligues par le CTOS, l’encadrement de la sélection a déjà été mise en place avec le binôme Jean- Philippe Fleurian et Pierre-Etienne Guillaume, soit le nouveau CTR et l’entraîneur de la ligue. Concernant l’équipe féminine, le ciel est dégagé avec les « quatre fantastiques » : Carolann Delaunay, Leilani Ipunesso, Clara Cwajgenbaum et Emma Jouy. Reste à savoir si elles ne seront pas plus occupées à gravir la hiérarchie mondiale d’ici trois ans. Chez les garçons, c’est un peu plus compliqué avec la gestion de l’après N’Godrela. « Le spectre est bien plus large », explique Olivier Le Dain. Reste le facteur X : Maxime Chazal, numéro 1 calédonien et joueur professionnel. En 2023, il aura 30 ans et pourrait bien se laisser tenter par une sélection qu’il n’a jamais pu honorer, car trop occupé sur le circuit ATP.

4. Relancer les Internationaux de Nouméa

La nouvelle était tombée en septembre dernier et n’avait surpris personne. À cause de la crise sanitaire et la fermeture des frontières, le Challenger de Nouméa, qui devait se dérouler en janvier prochain, a été annulé. « C’était impossible de faire venir des joueurs à cause de la quarantaine obligatoire, explique le président de la ligue. Mais l’ATP nous a assuré que l’on gardera le créneau en 2022. C’est important, car quand on perd sa place dans le calendrier, on peut parfois attendre des années avant de la retrouver. » Alors qu’on ne sait pas encore si l’Open d’Australie aura lieu, l’enjeu est également de trouver un nouveau sponsor principal pour remplacer la fin du partenariat avec BNP-Paribas. « Pour le moment, nous sommes en discussion avec trois entreprises qui sont intéressées. C’est important de trouver d’abord ce sponsor principal pour ensuite pouvoir communiquer sur le tournoi. »

5. Diversifier les pratiques

C’est ce qu’on appelle les disciplines associées. Pour le tennis calédonien, c’est le beach tennis qui est en phase de décollage, avec notamment la création, depuis cette saison, du Tramontina NC Beach Tour, dont la deuxième étape s’est déroulée le week- end dernier, à Bourail. Mais la nouveauté, c’est l’apparition prochaine du padel, discipline hybride entre tennis et squash. « Deux terrains sont en cours de construction au Ouen Toro, pose Olivier Le Dain. Ils devraient être prêts d’ici un mois. » L’idée est ainsi d’amener un nouveau public avec des sports plus simples d’accès. L’an dernier, les vingt clubs de tennis actifs comptaient 2 300 licenciés (sur plus de 60 000 licenciés toutes ligues confondues) et les disciplines associées pourraient venir gonfler ce chiffre. C’est en tout cas l’enjeu.

A.B.

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