Table ronde sur l’usine du Sud : Les associations rendent compte des échanges

La question environnementale est au cœur des tensions autour du projet de reprise de l’usine du Sud. Une table ronde était organisée, le 12 janvier, au haut- commissariat avec l’ensemble des acteurs intéressés par ces questions afin de définir les axes de travail pour les semaines et les mois à venir.

Les catastrophes environnementales notamment celle du barrage de Vale au Brésil restent gravées dans les esprits. Tout au moins dans ceux des responsables des associations de protection de l’environnement qui ont répondu présent à l’invitation du haut-commissariat pour assister à la table ronde du 12 janvier. Quinze jours après ce rendez-vous, elles enchaînent les réunions un peu partout sur le territoire pour relayer un compte-rendu.

Sur le fond, il a été apporté beaucoup plus de questions que de réponses. De fait, l’ensemble des acteurs sont parvenus à un consensus sur une liste de sept études. Pêle-mêle, elles consistent à vérifier la capacité du barrage à résister en cas de séisme, mesurer les effets des infiltrations sous le barrage, réaliser des études sur les risques de liquéfaction des matériaux situés sous le barrage, mesurer l’impact et l’écotoxicité des effluents marins, examiner les risques hydrogéologiques liés à la fosse minière, préciser le projet Lucy 2.0 ou encore réaliser une étude épidémiologique sur les salariés et les personnes vivant à proximité de l’usine ainsi qu’un état des lieux initial de l’environnement. Des études qui devraient prendre plusieurs mois et qui posent la question de la reprise avant leur réalisation. Un sujet qui inquiète les responsables de l’usine qui imaginent mal une reprise des activités à une échéance aussi longue.

Des questions en attendant les réponses

Elles répondent aux nombreuses interrogations sans réponse des associations environnementales aussi bien que du collectif « Usine du Sud = usine pays ». Sur le barrage, il a notamment été soulevé que l’édifice était bâti sur une faille. Un questionnement qui devrait faire l’objet d’échanges avec le service géologie du gouvernement. Lors des discussions, la Direction de l’industrie, des mines et de l’énergie (Dimenc) a indiqué qu’un certain nombre de mises en conformité avaient été demandées. Martine Cornaille, la vice-présidente d’Ensemble pour la planète, a par ailleurs rappelé que des infiltrations avaient été découvertes suite à l’envoi de données de Vale NC à l’Œil par erreur. Une information qui interroge quant à la transparence de l’industriel sur les questions environnementales et n’est pas de nature à rassurer, d’autant que les analyses ne portent pas sur l’ensemble des composés potentiellement toxiques, mais essentiellement sur les sulfates qui, selon l’industriel, affichent des taux inférieurs aux limites réglementaires. Selon Vale NC, les concentrations devraient toutefois plus que doubler d’ici 2023.

Toujours sur le barrage, afin de répondre aux évolutions réglementaires (le barrage répond à des normes australiennes), un confortement doit également être réalisé. Un élément qui pose la question des espaces censés servir au projet Lucy. Ce dossier a fait l’objet de nombreuses interrogations qui restent encore en suspens. Le fait que le site de stockage prévu pour les résidus dans le cadre de Lucy ait une durée de vie de dix ans, sans solution pour la suite, pourrait bien poser problème. Sans stockage des résidus, la production est tout simplement impossible. À terme, sans négociation sur ce point crucial, l’industriel pourrait s’exposer à de nouveaux blocages. Des débats ont également eu lieu au sujet de l’Œil, l’observatoire chargé d’assurer la diffusion d’une information objective, fiable sur l’état de l’environnement sur l’ensemble du territoire. Vale NC (ou son repreneur) s’est engagé à financer l’observatoire à raison de 30 millions de francs sur cinq ans, soit 20 millions de francs de moins que le montant sur lequel l’industriel s’était initialement engagé. La plupart des associations se sont prononcées pour la sanctuarisation d’un financement attribué à une structure de surveillance publique dans laquelle les industriels n’auraient pas de droit de regard pour assurer sa parfaite indépendance. Une problématique qui renvoie directement au manque de transparence des données environnementales.

M.D.

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