Sur quels critères se base le déconfinement ?

Alors que le confinement est acté jusqu’au lundi 4 octobre, les Calédoniens s’interrogent : la situation actuelle permet-elle un assouplissement même partiel des mesures ?

Les différents experts du territoire ont présenté leurs analyses, mercredi matin en collégialité, et une décision sera prise ce jeudi en direction opérationnelle du gouvernement avec une possible annonce le jour même ou vendredi par le président du gouvernement, Louis Mapou, et le haut-commissaire, Patrice Faure.

On sait d’abord que le confinement a eu un fort impact avec une véritable décrue au niveau des contaminations. Le R zéro, c’est-à-dire le nombre de personnes qu’une personne positive contamine est passé à 0,4/ 0,5 alors qu’il était de 8 en pré-confinement (ce chiffre avait été sous- évalué). Il y a eu ensuite de très nombreuses contaminations intra-familiales avec des familles entières contaminées. Les spécialistes estiment que nous sommes actuellement dans le pic épidémique. Il faudra encore plusieurs semaines pour que le service de réanimation ne soit plus saturé.

Vaccination, taux d’incidence et de saturation

Ensuite concrètement, trois critères sont pris en compte dans le cadre d’un déconfinement qui, quoi qu’il en soit, ne rassemblera pas aux précédents avec un retour à la normale. Ces critères sont le taux de vaccination, le taux d’incidence et le taux de saturation des hôpitaux. Le taux de vaccination en schéma complet est de 31,47 % (près de 53 % en première dose). L’Australie déconfine, par exemple, à 80 % de premières doses.

Le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de cas positifs ramené à 100 000 personnes sur une période glissée de sept jours, serait descendu à 454, après un pic à plus de 1 100 entre le 16 et le 20 septembre, alors qu’il faudrait être autour de 150 dans un territoire qui se déconfine.

Enfin, dernier point et pas des moindres, la saturation des hôpitaux. La saturation du CHT oscille entre 81 et 95 % de taux d’occupation des lits, la réanimation est pleine et plus largement les soins se dégradent en Calédonie.

Dans ce contexte, il va falloir trouver à court terme un équilibre entre des mesures fortes pour ne pas réalimenter la chaine de contamination, et permettre une continuité de l’activité avec éventuellement un confinement adapté, une organisation sur la vie des entreprises et des écoles, un pass sanitaire (avec ici une réflexion sur une adaptation aux différents modes de vie). Et il s’agira d’ici la fin de l’année de viser un taux de vaccination très important pour que l’épidémie ne puisse plus repartir.

 


Arbitrages sur le pass sanitaire

 

Patrice Faure a indiqué lors d’une récente interview que le déconfinement « pourrait concerner que celles et ceux qui sont vaccinés avec la mise en œuvre d’un pass sanitaire ». Cette option permettrait la reprise des activités pour certains commerces très impactés et pourrait avoir un effet incitatif sur la vaccination, comme cela a été observé par exemple en Métropole.

Christopher Gyges, membre du gouvernement, l’a confirmé lundi lors du point presse hebdomadaire. Des arbitrages sont effectivement menés. Pour rappel, le pass sanitaire consiste en la présentation d’un document numérique (via une application ex : Tousanticovid) ou sur papier avec un QR code, fournissant une preuve sanitaire. La preuve d’une vaccination, d’un test négatif de moins de 72 heures ou d’un résultat d’un test RT-PCR ou antigénique positif attestant du rétablissement du Covid-19 afin d’indiquer un risque limité de réinfection. Il faudrait le présenter, par exemple, pour les lieux de loisirs. « L’idée est de donner un avantage aux personnes qui sont vaccinées », a résumé le membre du gouvernement et d’inciter à la vaccination « pour se protéger, mais aussi pour retrouver une vie normale ». Concrètement, il suffirait d’un arrêté du gouvernement et du haut-commissaire pour le mettre en œuvre en Nouvelle-Calédonie.

 

C.M.

 

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