Sonia Backès, présidente de la province Sud depuis 2019, a gardé un engagement intact au-delà des crises. Pour ces élections, elle tire une liste d’union avec des personnalités politiques « d’expérience », souhaitant promouvoir l’ordre républicain, le travail, le mérite et la reconstruction.
DNC : Comment votre candidature s’est-elle imposée pour Les Loyalistes et le Rassemblement ?
Sonia Backes : Elle ne s’est pas imposée, elle s’est construite. Nous avons fait le choix de l’union parce que les Calédoniens nous l’ont demandée et qu’elle était absolument nécessaire à ce moment de notre histoire. Les Loyalistes et le Rassemblement partagent la même conviction : la Nouvelle-Calédonie dans la France et une province Sud qui protège et qui agit. Ce qui nous unit, ce sont avant tout des idées. La question de la tête de liste est accessoire. C’est avant tout une union qui se présente devant les Calédoniens le 28 juin prochain. Et c’est vrai que j’ai présidé la province pendant sept ans, je connais ses dossiers, ses comptes et ses agents. Et je crois que personne ne remet en cause notre bilan.
Quelles compétences provinciales souhaitez-vous mettre en avant pour relancer l’économie ?
La province Sud dispose de leviers concrets pour appuyer la relance de l’économie. D’abord, nous l’avons montré dans la crise : nous avons toujours été aux côtés des chefs d’entreprise et des salariés, des petites comme des grandes structures. Notre bilan sur ce volet est aujourd’hui salué. Que ce soit avec Sud Pro pour les patentés et les très petites entreprises, avec Sud Relance pour d’autres acteurs économiques, avec Sud Jeunes pour les aides à l’embauche ou encore grâce aux milliards investis tout au long de l’année, nous nous sommes battus corps et âme pour sauver l’économie calédonienne.
Demain, si nous sommes réélus, nous poursuivrons ces actions avec la même vision : aider ceux qui se lèvent tôt, produisent et font tourner la Calédonie. La province ne fait pas tout, mais sur ce qu’elle maîtrise, et nous maîtrisons la compétence du développement économique, nous serons au rendez-vous !
Vos détracteurs vous accusent d’avoir oublié le social après les émeutes. Que répondez-vous ? Et que ferez-vous si vous êtes réélue ?
C’est faux et les chiffres le démontrent. La province Sud a continué à verser les bourses, à financer l’action sociale et à soutenir les familles quand tout s’effondrait autour d’elles. Dans notre dernier budget, 54 % des dépenses ont un caractère social et servent aux soins, au logement et à l’éducation des Calédoniens. Pendant que ceux qui avaient ruiné la Calédonie avant 2019 commentaient, nous, nous maintenions le filet de sécurité sociale pendant la crise.
Ce que je reconnais, c’est que la crise a creusé les besoins plus vite, que personne ne l’avait anticipé. Donc, si nous sommes réélus, nous renforcerons notre action en faveur de la protection de l’enfance et des familles, nous porterons une attention particulière aux quartiers les plus touchés et nous travaillerons en priorité sur le lien entre social et travail, parce que la meilleure politique sociale, c’est de créer des emplois pour les Calédoniens qui en manquent.
Développez-vous le thème de l’hyper-provincialisation dans la campagne ?
Nous parlons surtout de ce qui marche et de ce que nous voulons protéger. La logique provinciale a un sens : c’est ce qui permet à la province Sud de mener ses propres politiques, au plus près des réalités du terrain, sans attendre un consensus politique, parfois impossible à l’échelle du territoire. Ce n’est pas un repli, c’est de l’efficacité. Et les Calédoniens l’ont constaté : ce sont bien les provinces qui se montrent les plus efficaces dans la mise en œuvre des politiques publiques. Nous savons agir vite et concrètement.
Souhaitez-vous réengager des discussions sur l’avenir institutionnel après les élections et sur quelles bases ?
Si le gouvernement nous invite à discuter, nous serons là. Nous n’avons jamais pratiqué la politique de la chaise vide. Mais la base, c’est le respect du résultat des trois référendums : les Calédoniens ont clairement dit non à l’indépendance. Trois fois ! Nous ne reviendrons pas sur cela. À partir de là, tout est sur la table : la répartition des compétences, un cadre qui apporte de la stabilité et de la visibilité aux investisseurs comme aux familles.
Ce que nous voulons offrir aux Calédoniens, c’est une solution durable, sans référendums couperets, dans laquelle ils puissent se projeter avec confiance et fierté.
Propos recueillis par Chloé Maingourd et Yann Mainguet
7 grands projets structurants
Les Loyalistes et le Rassemblement posent sept projets structurants pour cette mandature : la station de transfert d’énergie par pompage (Step) de Tontouta, la deux fois deux voies jusqu’à Tontouta, la transformation du parc de la rivière de Dumbéa en un pôle nature et loisirs, une grande zone de loisirs en Brousse, la voie de désenclavement du Mont-Dore, la transformation de la presqu’île de Nouville, et un port en eau profonde à Thio.
12 principales mesures
L’équipe promet une tolérance zéro en matière de sécurité, la baisse du coût du travail et des impôts, le soutien à la trésorerie des entreprises, la suppression des droits de douane sur les produits australiens et néo-zélandais, celle des droits de succession, la climatisation dans toutes les écoles, la transformation de certains logements sociaux en biens accessibles à la propriété, la mise en place d’une carte vitale dans le cadre d’un grand plan santé, l’accès à la terre pour les jeunes agriculteurs ou encore le soutien au tissu associatif et à l’engagement des bénévoles.

