SMSP : la mise au point de Pascal Lafleur

Pascal Lafleur a dénoncé, cette semaine, les propos tenus par Paul Néaoutyine sur son père dans Les Nouvelles calédoniennes. Le président de la province Nord a affirmé qu’au moment du rachat de la SMSP, la collectivité avait été trompée puisque la société ne possédait pas de titres miniers, « contrairement à ce que Jacques Lafleur avait dit et ce qui avait été évalué par l’État ». Mise au point.

DNC : Quel est le sens de votre tribune publiée dans Les Nouvelles calédoniennes après l’interview de Paul Néaoutyine ?

Pascal Lafleur : Je n’ai pas voulu juger ses propos, mais rétablir une vérité, car il mettait en cause Jacques Lafleur. J’ai considéré qu’il compromettait son honnêteté.

La SMSP a été achetée par la Sofinor il y a trente ans. Pourquoi, selon vous, ces éléments sont mis en avant maintenant ?

La politique de Paul Néaoutyine est idéologiquement imprégnée par un système qui a fait la preuve de son échec dans de nombreux pays. Sa doctrine nickel en est un exemple et le constat, fait dernièrement, concernant Nord Avenir en est un autre. Son propos, ou ce qui semble l’être, provient soit d’une incompréhension lors de l’interview, soit d’une volonté de justifier ses choix, sans doute. Il ne me semble pas qu’il ait fait ce reproche à Jacques Lafleur auparavant, même si ses collaborateurs dirigeants de la SMSP ne s’en sont pas privés. Personnellement, je trouve cela indigne. En décembre, ce sera les dix ans de la disparition de Jacques Lafleur, c’est sans doute comme cela que Paul Néaoutyine souhaite lui rendre hommage et, notamment, à son geste permettant aux Mélanésiens d’accéder à une activité réservée à une petite minorité, mais tellement symbolique.

Vous avez aussi tenu à donner un certain nombre de chiffres sur cette opération, pourquoi ?

C’est sans doute la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Mon père a été très critiqué, accusé d’avoir trompé les Mélanésiens, d’avoir fait une bonne affaire sur leur dos. Je voulais rappeler que ce dossier a été étudié par des experts, mandatés par la province Nord, pour en faire une évaluation, que ces derniers ont certainement fait un rapport complet sur les actifs, les gisements, les conditions d’exploitation. Mon père avait pris l’engagement de vendre au tiers du prix, il a tenu son engagement. La trésorerie du groupe SMSP et le chiffre d’affaires à encaisser représentaient déjà le prix payé par la Sofinor. Les dettes étaient à l’époque très raisonnables, ce n’est sans doute pas la même chose aujourd’hui. J’ai un document de l’époque provenant d’un établissement bancaire qui, en conclusion de l’analyse du dossier SMSP, indique que c’est une excellente affaire pour l’acquéreur.

Que retenez-vous au final de cette opération ?

L’action de Jacques Lafleur sur le plan politique a toujours été menée dans l’intérêt de tous les Calédoniens, toutes ethnies confondues. Avec Jean-Marie Tjibaou, il est à l’origine des accords de Matignon. Il a proposé la solution consensuelle avant le référendum de 1998 qui a débouché sur l’Accord de Nouméa, puis en 2009, un pacte cinquantenaire pour éviter les trois référendums de sortie. Il a été fortement décrié à l’époque et, aujourd’hui, beaucoup semblent se rallier à cela. La SMSP faisait partie de son action politique pour intégrer et faire accéder les Mélanésiens au monde économique, c’était une promesse faite à Jean-Marie Tjibaou. Il avait un projet pour la Nouvelle Calédonie et tous ses habitants. Cette opération SMSP devrait aussi être un symbole permettant de réunir, mais certains ont préféré le mensonge, la critique, pour mieux régner certainement et diviser. C’est un peu du gâchis.

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