Serge Letocart, l’ange gardien de la Vallée

Coureur de fond, puis président de la section athlétisme, Serge Letocart est indissociable de la JS Vallée-du-Tir. À 64 ans, il y évolue depuis les débuts du club, dans les années 1970. Portrait.

Sur les courses, il est reconnaissable à son mégaphone. Il a aussi un air bonhomme, un bel accent local et parle fort, le verbe haut… Un personnage. Mais surtout, Serge Letocart ne se séparera jamais de son maillot jaune et bleu de la JS Vallée-du-Tir. Car c’est toute sa vie. « J’ai commencé la course à pied au début des années 1970, à l’ASLN, aujourd’hui disparue, se souvient-il. Mais très vite, j’ai rejoint Alain Lazare qui venait de créer la section athlétisme de la JSVDT. » C’était il y a 45 ans et depuis, pas une seule infidélité à son club de cœur.

Il fait alors partie de l’âge d’or du demi-fond calédonien, dans un club qui abrite Alain Lazare, double athlète olympique en 1984 et 1988, mais aussi Jean-Michel Boulanger et Denis Alcade. Mais si Serge Letocart ne brille pas spécialement sur le plan sportif, son rôle devient de plus en plus important dans la vie du club. Toujours à donner la main lors des organisations, il finit, en 1987, par prendre la présidence de la section. Un chemin logique pour cet homme qui a toujours su partir de la base pour gravir les échelons. Serge est un impulsif, mais sait être patient.

Du balai à la direction

Un trait de caractère que l’on retrouve aussi dans sa vie professionnelle. « Je n’étais pas ce qu’on peut appeler un bon élève. J’ai bien passé un CAP plomberie, mais ce n’était pas un métier fait pour moi. Alors je me suis lancé dans le commerce. » Et commerce au sens très large, puisqu’il commence par passer le balai dans les entrepôts de Colgate, avant de devenir vendeur, puis en 1996, de prendre la place de directeur commercial. « C’est un parcours dont je suis très fier », lance celui que tout le monde appelle Toto. Et comme il est un amoureux de « l’athlé », il n’hésite pas à se servir de cette place pour lancer le challenge Colgate, en 1997. « C’était un événement pour les jeunes coureurs, avec plus de 500 personnes à la meilleure époque. Audric Lucini ou Lara Grangeon sont passés par ce 1 000 m. » Quand, faute de financements, Colgate décide de quitter l’aventure, Serge laisse son bébé à la ligue.

Mais son engagement auprès des jeunes athlètes ne s’est pas arrêté pour autant puisqu’il s’occupe encore aujourd’hui de l’école d’athlétisme de la JSVDT, avec Patrick Rousseu-Salet. Avec une philosophie : « On n’est pas là pour abîmer les gamins, explique- t-il. Chez nous, on ne pousse pas les enfants de 10-12 ans à devenir des champions à tout prix. C’est la méthode douce (rires). »

Passage par le triathlon

Même si cela ne se voit pas tout de suite, Serge Letocart est, malgré tout, un déçu de l’athlétisme. Par passéisme ? « Je reconnais que je suis un nostalgique. J’ai connu une époque où les valeurs de camaraderie et de convivialité l’emportaient sur tout. Aujourd’hui, c’est un peu différent, mais je sais qu’il ne faut pas toujours regarder derrière. »

Alors, au début des années 2000, il est allé voir du côté d’une autre discipline : le triathlon, « parce que je savais que certains licenciés du club en faisaient et qu’il y avait une envie ». Il organise alors le triathlon de Bouraké, puis créé une section à la JSVDT, avant de se lancer, entre 2011 et 2019, dans la ligue aux côtés d’Éric Meunier. Aujourd’hui, cette petite parenthèse est finie et Toto se concentre uniquement sur son club. Maillot bleu et jaune, mégaphone à la main pour donner les départs… C’est là où il est le mieux. « C’est toute ma vie », conclut-il fièrement.

A.B.

Boulanger, Guépy, Letocart, Lazare et Faivre en 1985, l’âge d’or de la section athlétisme de la JSVDT.

©D.R./ Inlive

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