Saison 2016 : Le CCT se recentre sur ses missions

Comme de nombreux organismes culturels, le Centre Tjibaou fait sa rentrée dans un contexte de restrictions budgétaires. Mais pas question de se laisser aller : pour cette saison 2016, le centre nous propose de « cultiver ensemble » la découverte, les savoirs et les échanges. La priorité est donnée à la production artistique calédonienne, à l’ancrage océanien et au développement des partenariats avec les autres organismes locaux. Pour faire aussi bien avec un peu moins.

Questions à Guillaume Soulard, directeur artistique et culturel

DNC : Vous avez fait état de restrictions budgétaires pour 2016. À combien s’élève cette diminution ?

Guillaume Soulard : C’est environ moins 40 millions de francs. C’est un peu complexe à expliquer. En fait, on doit entretenir le bâtiment sur notre budget et l’entretien d’un bâtiment comme le Centre Tjibaou ce n’est pas simple. On ne trouve pas les boulons à la quincaillerie du coin ! C’est ce qui fait qu’on a du mal aujourd’hui à travailler sur le même budget que les autres années. C’est-à-dire que si nos subventions n’augmentent pas et que l’on entretient le bâtiment sur le même niveau de subventions, on réduit forcément les actions. L’ADCK reçoit environ 600 millions de francs du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, 64 millions de la province Nord, 15 millions de la province des Îles et 14 millions de la province Sud. Depuis 1998, il n’y a pas eu de réduction.

DNC : Quel impact cela a-t-il sur la programmation ?

Guillaume Soulard : Pour des raisons budgétaires, on s’est juste privés cette année de propositions plus internationales et on se recentre sur ce pourquoi on a été créé, c’est-à-dire le soutien et le développement de la culture kanak. On a sacrifié la programmation internationale, on ne s’offrira pas des têtes d’affiche cette année. Le niveau d’intervention sur la programmation calédonienne ne change pas.

DNC : Le message que vous avez souhaité communiquer est positif : l’igname, l’idée qu’il faut cultiver ensemble pour conjurer le sort en cette période de disette budgétaire…

Guillaume Soulard : Oui, l’igname est le fruit de la terre et de notre sueur. C’est une invitation à produire ensemble ce qui va nous nourrir cette année. Faisons ensemble, donnons-nous à manger. Il y a peut-être une disette budgétaire mais pas une disette culturelle !

DNC : Vous avez d’ailleurs développé vos partenariats…

Guillaume Soulard : Oui et je crois que c’est ce qui caractérise vraiment cette saison. C’est une saison où l’on peut lire très rapidement notre volonté de nouer ou de resserrer les partenariats que l’on peut avoir avec les autres structures culturelles du pays. La disette budgétaire est réelle mais c’est peut- être l’occasion de se serrer les coudes, de travailler davantage ensemble. Et on a toute l’année des projets avec le musée, la bibliothèque Bernheim, et tous les gens avec qui on travaille d’habitude. L’idée est de mutualiser les moyens dont chacun dispose que ce soit en équipement, en savoirs et en compétences, et je pense que c’est un peu l’avenir de nos actions.

DNC : Vous insistez par ailleurs sur l’accueil des scolaires. De quelle manière ?

Guillaume Soulard : Nous avions un fond de roulement important, une grosse réserve d’argent qui nous permettait d’être tranquilles, de passer les baisses budgétaires de temps en temps mais on ne peut pas garder des fonds importants comme cela. Donc on a décidé de les investir dans ce pourquoi on a été créés : l’action culturelle. Et donc on a doublé notre capacité d’hébergement sur les classes en résidence. On peut accueillir chaque semaine deux classes des Îles ou du Nord qui viennent vivre pendant une semaine au centre Tjibaou. On propose une immersion totale dans la culture. Et c’est fantastique qu’on puisse le faire. On a une chance de pouvoir continuer et de pouvoir faire cela en Calédonie. L’objectif est d’accueillir 20 000 élèves par an.

C.M.

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 Florilège des incontournables de la saison…

 

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Théâtre : Un souffle de luxure

Pierre Gope ouvre la saison avec une pièce de science-fiction au texte truculent. Le poète et dramaturge nous invite dans le futur, en 2118.
Les compétences ont été transférées en Nouvelle-Calédonie. La France laisse derrière elle un pays brisé, endommagé au plus profond de son tissu économique, social et culturel. Et il est du devoir des hommes et de leur nouveau gouvernement de reconstruire leur patrimoine. Sur la scène, un épouvantail se dresse au milieu du salon de monsieur Kris, que l’on appelle « le petit seigneur »…. Encore une fois, Pierre Gope nous dépeint une Calédonie pleine de ses doutes, ses errances, ses espoirs.

18, 19 et 20 mars / 19 h, salle Sisia

Un Souffle de Luxure

  • Exposition : YAM*

Découvrez cette magnifique exposition sur l’igname en Nouvelle-Calédonie, en Papouasie Nouvelle-Guinée, aux îles Salomon, au Vanuatu avec des photos remarquables signées Dominique Roberjot. Le photographe propose un regard sur les hommes et les femmes de Mélanésie et sur le lien qui les unit à l’igname et aux objets confectionnés autour du tubercule sacré. « Yam est une immersion au cœur d’une Mélanésie singulière, forte d’une identité commune mais forte aussi de ses différences. C’est une exposition réalisée dans le plus grand respect pour ce tubercule… »

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  •  Exposition : Bottled Ocean

Georges Nuku artiste maori maîtrisant parfaitement l’art de ses ancêtres, a décidé de s’exprimer sur la matière plastique.
Dans cette exposition, il évoque la terrible possibilité d’un monde où il ne resterait que les déchets synthétiques de notre consommation excessive. Au cœur de cette exposition vous découvrirez, le Wakapounamu Takitimu, en plexiglas à double coque, qui ressemble à l’ancienne embarcation des ancêtres polynésiens. Avec à ses côtés, deux gros cubes appelés Te Mata o Te Whenua (les yeux et le visage de la terre) flottant au-dessus d’atolls faits de bouteilles en plastiques sculptées. Nuku pose délibérément la question de la place du peuple Maori dans un monde au bord de la noyade.

À partir du 9 août / Salle Komwi

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