Risque d’explosion des prix

La crise sanitaire internationale a et continue d’avoir des conséquences profondes sur l’économie mondiale. Elle a des effets importants sur le transport maritime et aérien qui sont un des piliers du commerce mondial et du bon fonctionnement de l’économie. La Nouvelle- Calédonie est particulièrement sensible à la problématique et la Fédération du BTP et le Syndicat des importateurs tirent la sonnette d’alarme sur un risque d’explosion des prix.

Le BTP connaît une véritable crise depuis maintenant plusieurs années. Si le nombre de salariés avaient explosé au moment de la surchauffe économique de la fin des années 2000, « l’atterrissage » a été particulièrement dur. Le nombre d’emplois salariés est monté à plus de 9 400 en 2011 contre seulement près de 6 000 aujourd’hui. Le secteur a également mal vécu la crise sanitaire (entre quatre et cinq milliards de francs de pertes estimées en 2020) et souffre d’un manque de visibilité politique qui pénalise le lancement de grands chantiers.

La Fédération calédonienne du BTP (FCBTP) et le Syndicat des importateurs (SID) viennent de tirer la sonnette d’alarme sur un autre problème qui devrait bientôt frapper le territoire. Alors que les carnets de commande sont désespérément vides, les prix s’apprêtent à exploser et les professionnels appellent les institutions à engager rapidement une réflexion sur les moyens de se protéger au mieux. Selon la FCBTP, les prix des produits acier ont flambé de 30 à 40 %. C’est également le cas pour le cuivre, le zinc ou encore l’aluminium qui enregistrent des hausses de l’ordre de 10 à 15 %. La filière de construction bois risque en particulier de connaître de sérieuses turbulences, comme cela a déjà été le cas en métropole, faute d’approvisionnement en matière première notamment.

Le fret pèse déjà de manière importante sur les prix

La pandémie a, par ailleurs, totalement désorganisé les chaînes d’approvisionnement et provoqué une poussée des prix du fret. Ces derniers ont quasiment triplés, selon les chiffres mis en avant par la FCBTP et le SID NC, ce qui aura un coût non négligeable sur la facture finale. D’après une étude Syndex commandée par l’Usoenc, le coût d’assurance et de fret représentait entre 3,65 % et 3,78 % en 2006 et 2007. Un avis plus récent de l’Autorité de la concurrence pointait, pour sa part, le poids du transport maritime comme un facteur important du niveau de prix en Nouvelle-Calédonie (page 85 dans l’avis en ligne sur autorite-concurrence.nc. L’institution prend notamment l’exemple d’une bouteille d’eau importée dont le prix de revient est de 83 francs dont 16,83 francs de fret, soit près de 20 %).

Les chantiers en cours qui nécessitaient encore l’achat de matériaux risquent donc d’être pénalisés, mais le risque est bien plus large puisqu’il concerne l’ensemble des produits importés. Il faut également tenir compte du fait qu’une très grande partie des produits locaux sont essentiellement des produits importés, puis transformés. Il s’agit donc de la quasi-totalité des produits consommés par les Calédoniens qui seront concernés, y compris les produits agricoles dont la plupart nécessitent des intrants importés. Ces deux effets combinés (augmentation du prix des matières premières et du coût du fret) se traduiraient par une hausse sensible de l’inflation importée et donc, du niveau général des prix. Une mauvaise nouvelle au moment où le territoire s’apprête à connaître une profonde crise sociale découlant des crises sanitaires et économiques.

M.D.

 

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