[RETRO 2022] Des petits pas pour l’environnement

La nature calédonienne s’est-elle mieux portée en 2022 ? Pas sûr, mais l’intégration de thématiques sur l’eau ou encore la transition alimentaire initiée par le gouvernement fait avancer les choses.

Le super secteur regroupe depuis 2021 le développement durable, la valorisation du parc naturel de la mer de Corail et, pour la première fois, l’atténuation et l’adaptation aux effets du changement climatique, la politique de l’eau et la transition alimentaire, sous l’égide de Joseph Manauté (remplacé par Jérémie Katidjo-Monnier). De quoi apporter une action plus volontariste.

UNE BASE JURIDIQUE POUR LE PARC

Le corpus juridique du parc de la mer de Corail est enfin complet avec une loi de pays sur la protection des aires marines, l’adaptation de la loi de 2014 créant le parc, un nouvel arrêté instaurant les réserves de Chesterfield, Bellona, Entrecasteaux, Pétrie et Astrolabe.

L’évaluation du plan de gestion a été validée avec un zonage des espaces à protéger et ceux à valoriser.

Le comité scientifique, réinstallé en début d’année, a repris ses travaux (avis sur le Kea Trader, étude des mouvements des requins en province Sud, etc.)

Le plan de surveillance, financé à majorité par l’État, est aussi finalisé. Des marchés sont ouverts pour le développement d’une application de suivi et de surveillance, l’expérimentation de bouées acoustiques et la récupération des données radars des navires de pêche.

Un amendement national habilite les officiers de la Marine nationale à constater les infractions. Un plan de suivi des récifs coralliens est en cours d’élaboration.

MORATOIRE POUR LES RESSOURCES PROFONDES

Le 23 novembre, le gouvernement a arrêté un avant-projet de loi du pays pour la création d’un moratoire de dix ans sur l’exploration et l’exploitation des ressources profondes de la Zone économique exclusive. « Une première étape pour freiner la ruée vers ces ressources », selon Hubert Géraux du WWF.

Le gouvernement, en revanche, ouvre grand la porte à la recherche scientifique ‒ aux méthodes non invasives ‒ pour « acquérir des connaissances ». Le texte sera soumis au vote du Congrès l’année prochaine, courant mars.

UN SOCLE POUR LA POLITIQUE DE L’EAU

L’exécutif a validé une loi sur le domaine public de l’eau et la protection de la ressource, qui doit être soumise au Congrès en ce mois de décembre. Le texte propose un socle juridique, une police de l’eau, avec aussi une photographie des besoins.

13 projets œuvrant pour la ressource vont bénéficier du fonds de soutien à la politique de l’eau abondé par différentes taxes agricoles, pour un montant de 49 millions de francs.

TRANSITION ALIMENTAIRE

La durabilité de notre système alimentaire a fait l’objet d’un diagnostic. Une stratégie dessinant les nouveaux modes de production et de consommation doit être proposée au premier semestre.

Le sujet sera au cœur du prochain programme européen PROTEGE en 2023 avec une enveloppe de 3,6 milliards pour les territoires français du Pacifique.

Les initiatives comme Pacific Food Lab (PFL) vont en bénéficier. Le projet TRIAD, lauréat du Plan innovation outre-mer actuellement en phase d’ingénierie, pourrait être financé à hauteur de 200 millions de francs sur cinq ans par la Banque des territoires.

Il cible en particulier « Bouge ton bassin » de PFL qui développe l’approvisionnement des cantines en produits locaux, à La Foa-Bourail, Canala, Lifou et prochainement à Yaté – Mont-Dore, Houaïlou et Maré.

CHANGEMENT CLIMATIQUE

L’atténuation et l’adaptation aux effets du changement climatique est le volet qui a le moins avancé. Il faut travailler sur la gestion du risque naturel avec la Direction de la sécurité civile et des risques et les PUD des communes, anticiper au niveau institutionnel les mouvements des premiers réfugiés climatiques (des discussions sont engagées entre Ouvéa et Ponérihouen).

Un programme d’études (Clipssa) entre le service météorologique du gouvernement, l’AFD et l’IRD a en revanche été lancé pour comprendre et anticiper l’évolution du climat dans le Pacifique. Une stratégie d’adaptation pour les cinq prochaines années doit être proposée en 2023 ainsi qu’un projet de délibération déclarant l’urgence climatique et environnementale sur le territoire dans la continuité du vœu du Congrès.

ET AUSSI …
AVRIL : adhésion de la Nouvelle-Calédonie à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Fin de l’importation des cigarettes électroniques jetables.
MAI : appel à l’État pour que la Nouvelle-Calédonie devienne un laboratoire des sciences océaniques.
OCTOBRE : intégration réglementaire des associations environnementales à la prévention des incendies.
NOVEMBRE : Motion préjudicielle contre la révision du schéma pour la transition énergétique au Congrès qui doit permettre de réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 70 % d’ici 2035. Création de la filière des déchets des navires hors d’usage en province Sud.
ENTRE AVRIL ET NOVEMBRE : Attribution des subventions du fonds de soutien aux actions de lutte contre les pollutions aux communes après un arrêt de plusieurs années.

DÉCEMBRE : Le dugong de Nouvelle-Calédonie déclaré « en danger » par l’UICN.

Le Letchi en peine face au changement climatique. Les cultivateurs pensent à changer de variété ou de fruits. Saison catastrophique aussi pour les mangues et probablement la vanille. ©G.C.

LA NIÑA. Entre novembre 2021 et avril 2022, l’excédent de précipitation est de +53 %. Une catastrophe pour l’agriculture. En 2022, les pertes en termes de chiffre d’affaires pour les filières végétales sont estimées entre 3,5 et 4 milliards de francs par la Chambre d’agriculture et de la pêche. Avec le réchauffement climatique, les scientifiques prévoient une intensifi- cation des phénomènes El Niño et La Niña.

Chloé Maingourd 

©Illustrations Shutterstock 

Back to Top

Web Design BangladeshBangladesh Online Market