Restrictions aux frontières : le temps se fait long

Le gouvernement continue de procéder par étapes pour permettre la levée des restrictions de déplacement hors de Calédonie. Il est clair que le système en place ne pourra pas être indéfiniment supporté…

La Nouvelle-Calédonie est soumise à des contraintes aux frontières depuis maintenant un an et trois mois. Malgré quelques dérives, la plupart des Calédoniens respectent la règle des motifs impérieux et n’ont pas eu la possibilité de revoir leurs proches en Métropole ou à l’étranger. Les listes de demandes de déplacement s’allongent et toutes ne sont pas satisfaites. Le système, qui n’aurait pas pu tenir sans le soutien de l’État, pèse toujours très lourd pour les entreprises liées au voyage, au tourisme, aux relations internationales. Il handicape plus largement de nombreux secteurs pour le renouvellement des personnels, notamment dans la santé (lire par ailleurs).
L’organisation des vols selon un programme restreint est en vigueur jusqu’au 31 octobre, normalement.

Les autorités continuent de procéder par étapes pour envisager la réouverture et faciliter également la vie des personnes vaccinées, comme la réduction de la quarantaine à sept jours qui permet aussi de libérer plus rapidement les places dans les hôtels.

La septaine ouverte à plus de monde

Le gouvernement a approuvé, cette semaine, l’évolution du protocole de septaine en s’appuyant, encore une fois, sur l’avancée des connaissances sur l’efficacité des vaccins.

Cet isolement de sept jours, au lieu de quatorze, jusqu’ici destiné aux personnes ayant reçu deux doses de Pfizer ou Moderna est désormais ouvert tous ceux ayant reçu une seule dose de ces vaccins ARN et « qui peuvent fournir la preuve d’une infection ancienne au Covid-19 » ainsi qu’aux personnes ayant reçu « une dose du vaccin AstraZeneca, complétée par une dose de vaccin à ARN messager (Pfizer ou Moderna) ». À son arrivée en Nouvelle- Calédonie, le voyageur devra, quoi qu’il en soit, fournir le résultat d’un test PCR négatif de moins de 72 heures. Il sera ensuite soumis à un test sérologique à son arrivée en quarantaine pour voir s’il pourra suivre ce protocole et à un autre test PCR à sept jours.

Pass sanitaire

Dans cette même optique, mardi, l’exécutif a autorisé la création début juillet d’un pass sanitaire (Passesante-NC) géré par la Dass-NC au format européen destiné aux personnes vaccinées. Il vise à faciliter la circulation au sein de l’Union européenne, voire dans d’autres territoires (par exemple, dans le Pacifique) qui exigeront un tel pass pour voyager ou participer à certaines activités, comme les rassemblements de plus de 1 000 personnes en Métropole.

Les Calédoniens pourront se voir délivrer ce pass auprès d’un guichet unique, qui reste à préciser. Le document présentera un QR code et sera émis, dans un premier temps, sous format papier et, au mois d’août, au format numérique. Il attestera du statut vaccinal, d’un test PCR négatif au Covid-19 ou de la guérison de la maladie. Le fichier informatique regroupant ces informations sera soumis à la réglementation générale sur la protection des données (RGPD). En attendant sa mise en œuvre, les Calédoniens en Métropole peuvent bénéficier d’un pass sanitaire en réalisant un test PCR ou antigénique sur place.

Vaccination

Les autorités poursuivent surtout la campagne de vaccination dont la réussite conditionnera, disent-elles, la réouverture de nos frontières. Nous n’avons pas été intégrés à la levée des motifs impérieux pour voyager vers l’Hexagone, une mesure qui concerne, depuis le 9 juin, les Antilles, Saint-Pierre-et-Miquelon (personnes vaccinées et non vaccinées), La Réunion, Mayotte et la Polynésie française (personnes vaccinées). La règle des motifs impérieux demeure pour tous en Guyane, en raison de la situation épidémiologique qui reste à un niveau préoccupant. Mais également en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna pour des raisons qui sont opposées : parce que nous sommes Covid-Free et pas suffisamment immunisés, indique le gouvernement.

La barre des 100 000 injections a été franchie et un peu plus de 20 % de la population aurait reçu les deux doses. Selon le gouvernement, il s’agit à présent de toucher un autre public, qui n’est pas forcément sensibilisé par les messages de prévention et ne voit pas l’intérêt de la vaccination dans la mesure où le Covid ne sévit pas en Nouvelle-Calédonie.

C’est pourquoi les campagnes de proximité se multiplient. On verra ainsi, vendredi, une journée de vaccination à Boulari ou encore le premier vaccinodrome de Nouméa, le samedi 26 juin, accessible aux plus de 12 ans avec ou sans rendez-vous. L’opération sera renouvelée le 17 juillet pour les deuxièmes injections. Mardi prochain, 22 juin, et le 12 juillet, une action est aussi programmée à l’usine du Sud pour les premières injections (5 août pour les secondes).

Si la vaccination n’est pas obligatoire, il s’agit pour les autorités de faire comprendre que le territoire ne pourra pas fonctionner éternellement en vase clos et que la population, qui n’est pas naturellement immunisée contre la maladie, doit se protéger.


Des conséquences sur l’offre de soins, alertent les médecins

Une pétition d’un groupe de médecins a été publiée sur la plateforme change.org, comme l’avaient relevé nos confrères des Nouvelles calédoniennes. Les professionnels de santé estiment que les contraintes de circulation qui ne nous offrent ni objectif, ni perspective, doivent être réévaluées. « À ce jour disent-ils, nous disposons d’outils fiables pour détecter et prévenir la maladie grâce aux tests et aux vaccins qui sont largement proposés. ».

Ils soulignent que les restrictions de circulation impactent directement l’offre de soins, avec des départs et des recrutements difficiles. Faute de cardiologue au CHT, disent-ils, il a été décidé de recruter des médecins généralistes, il n’y a plus de PMA et d’autres services sont en souffrance comme l’oncologie, la gastro-entérologie, la pneumologie, la radiologie interventionnelle. Les missions chirurgicales cardiaques, pédiatriques, génétiques et neurochirurgicales ont été annulées, les Evasan subissent « des restrictions entraînant des pertes de chance pour les patients ». La situation est aussi fragile en médecine libérale et dans les dispensaires.

Pour ces médecins, la mise sous cloche est « intenable » et la stratégie « Covid-free » devenue illusoire.
Ils réclament la levée des motifs impérieux pour les personnes vaccinées et un protocole d’entrée fiable permettant de s’affranchir de la quarantaine.


Question

Certains Calédoniens s’interrogent : les autorités pourraient-elles gérer à la fois un risque Covid et un référendum ? On peut imaginer que les motifs impérieux pourraient éventuellement être levés pour les personnes vaccinées, probablement pas les quarantaines…


La bulle trans-Tasman pas avant 2022

Nous l’évoquions la semaine dernière, les discussions ont réellement commencé avec nos voisins australiens et néo-zélandais sur l’éventualité d’intégrer la bulle trans-Tasman. Une des questions concernera le fait que la plupart des Australiens sont vaccinés avec AstraZeneca (avec deux doses) ce qui n’ouvre pas à ce jour l’accès à une septaine. Ces échanges ne devraient pas, quoi qu’il en soit, aboutir avant 2022.

C.M.

©illustration shutterstock 

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