Référendum : « Les Loyalistes » lancent leur campagne

L’union « Les Loyalistes » a lancé la campagne de communication pour le non à l’indépendance en vue du deuxième référendum le 4 octobre prochain. Pour afficher ses couleurs, elle appelle à un grand rendez-vous festif, ce dimanche, au parc Georges-Brunelet.

Le 12 décembre dernier, les partis membres de l’Avenir en confiance (Républicains calédoniens, Rassemblement, Mouvement populaire calédonien) avaient invité les partis qui veulent que la Nouvelle-Calédonie reste française à les rejoindre. C’est chose faite : Générations NC, le Rassemblement national et Tous Calédoniens ont raccroché au wagon. Tous se sont regroupés sous la bannière « Les Loyalistes » et vont faire campagne commune pour le non à l’indépendance sous le slogan « Mon NON est Nouvelle-Calédonie ».

Cette union a été officialisée mercredi dernier et la campagne qui a vu le jour pour l’accompagner est dirigée par Gil Brial, le président du Mouvement populaire calédonien (MPC) : « Pour nous, il était important de s’unir, de se regrouper pour ne pas reproduire les erreurs du passé. Notre objectif est de construire la Calédonie de demain, de construire une société forte où chacun doit pouvoir se reconnaître et envisager son avenir sereinement dans la France. »

Répondre aux attentes

Cette union, qui n’intègre pas Calédonie ensemble, obéit à plusieurs constats. Comme l’explique Gil Brial, « la victoire lors du premier référendum a été vécue comme une demi- déception. Le non l’a emporté avec 56,67 % des suffrages alors que beaucoup s’attendaient à un score supérieur. Cette victoire, incontestable et incontestée, n’a pas été à la hauteur de nos espérances. Elle nous a été volée par des indépendantistes qui ont transformé une défaite électorale en victoire psychologique. »

Une remise en question s’est donc imposée aux partis non indépendantistes tentant de s’unir pour ne pas disperser l’électorat, avec la proposition d’un véritable projet, autre que celui de rester au sein de la France, comprenant la déclinaison des avantages du rattachement à un grand pays. « Nous avons parlé des transferts financiers de la France, de la qualité du système éducatif, de notre niveau de vie et de santé, explique Gil Brial. Aussi, les couleurs de notre drapeau et la fierté qu’elles génèrent chez les Calédoniens n’ont pas été suffisamment affichées. Nous devons reconnaître que la campagne menée a été timide et quelque peu figée. Elle a manqué d’affirmation et de conviction tant sur la forme que sur le fond. »

Avec cette union des partis, Les Loyalistes veulent ainsi renverser la vapeur et aller chercher tout d’abord les abstentionnistes. « Le 4 novembre 2018, 33 066 personnes ne se sont pas rendues aux urnes. Cela représente un taux d’abstention de près de 19 %. Notre objectif premier est d’aller chercher nos abstentionnistes et de les fédérer autour d’une seule et même voix afin qu’ils ne manquent pas ce second rendez-vous », précise Gil Brial. Les Loyalistes souhaitent ainsi mener une campagne de proximité et « adopter un discours inclusif », qui « ne divise pas et où chacun pourra, selon ses sensibilités, se reconnaître dans les mots » qui seront prononcés.

À chacun sa Calédonie

Pour répondre à cet objectif, ils ont décidé de s’appuyer, non pas sur leurs représentants, élus habituels, mais sur des ambassadeurs de la société civile qui vont faire du porte- à-porte, notamment dans les communes du Grand Nouméa où a été recensée la plus forte proportion d’abstentionnistes lors du référendum de 2018.

De cultures et d’ethnies différentes, Kanak, Océaniens, Européens, Asiatiques ou Polynésiens, tous ces ambassadeurs sont des Calédoniens aux motivations différentes. « Voter non, pour moi, c’est la paix, celle qui a été signée auparavant et pour les générations futures », témoigne une ambassadrice qui salue « la diversité qui compose la Nouvelle- Calédonie ». « C’est très important qu’on puisse revendiquer nos cultures dans la paix et la sérénité de la France ». Un autre ambassadeur se félicite de « la diversité, du métissage, de la chaleur de cette population calédonienne. Tout ça incite à ce que ce Caillou, qui représente un petit peu la France dans le Pacifique, continue d’être français ! »

Comme l’explique Gil Brial : « Il est indispensable que chaque électeur puisse se sentir acteur, nous avons tous notre part de responsabilité dans cette campagne, car le 4 octobre, c’est avant tout un choix de société sur lequel nous devrons nous prononcer. Cet attachement à notre territoire diffère d’un individu à un autre, selon sa culture, son éducation, ses principes, son imagination, etc. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité que les valeurs de notre Calédonie française puissent être portées par la société civile et par des ambassadeurs. » Les neuf premiers ambassadeurs sont : Chantal Courtot, Marie-Laure Ukeiwë, Tara Laroque, Amandine Tran (épouse Bui-Duyet), Michel Fongue, Michel Desmeuzes, Edouard Citré, Epifania Gata et Caël Normandon.

Début en demi-teinte

Pour accompagner cette intention de parler « plus au cœur des gens », Les Loyalistes viennent de lancer une campagne d’affichage, des 4 X 3 où figurent des « Je l’aime » en bleu, blanc, rouge sur des représentations locales comme une pirogue, la Nouvelle-Calédonie, une flèche faitière, etc. Des affiches qui n’ont pas vraiment fait l’unanimité des Calédoniens, mal comprises souvent, car ambiguës dans le message et qui n’ont pas tardé, comme on pouvait s’en douter en pareilles circonstances, à être taguées par les opposants. Du « Je l’aime » de départ, « Ma Kanaky » a été rajoutée à la bombe, dès le lendemain, et comme si cela ne suffisait pas, « Française » a été remis en dessous pour arriver au message final : « Je l’aime, ma Kanaky française ». Un message où beaucoup de Calédoniens ont inévitablement vu un slogan idéal pour l’annonce de l’indépendance association, mais en tout cas, qui signe le lancement d’une campagne très peu habile et en demi-teinte. Les Loyalistes ont depuis sûrement pris la mesure de leur erreur de communication et savent que les indépendantistes ne vont pas leur faire de cadeau, eux qui avaient été si timides en 2018. La suite promet d’être délicate dans l’utilisation des messages pour appeler à voter non.

Autre exemple, dans la nuit de vendredi à samedi, une bâche de la province Sud a été en partie incendiée. Elle venait d’être installée dans le cadre des festivités du 14-Juillet et mettait en avant les valeurs républicaines, liberté, égalité fraternité, à côté des couleurs nationales. Fort heureusement, les pompiers ont pu intervenir rapidement pour maîtriser les flammes, empêchant l’incendie de se propager à la structure du bâtiment. La province Sud a dénoncé fermement cette attaque contre une institution de la Nouvelle- Calédonie et contre les symboles de la République, tenant à préciser qu’elle « déplore la tournure que souhaite faire prendre certains dans la campagne pour le 2e référendum ; une situation qu’il est nécessaire d’apaiser et en ce sens, la collectivité en appelle à la responsabilité de tous ». L’institution a déposé plainte pour faire la lumière sur cette affaire, la bâche a été réparée dès le lendemain, puis illuminée avec l’ensemble de l’hôtel de la province Sud aux couleurs nationales pour les célébrations du 14-Juillet.

Appel à la mobilisation

Au-delà de cette campagne, le premier grand rendez-vous se fera ce week-end. « Dimanche 19 juillet, nous organisons une grande journée festive. Ce sera l’occasion d’afficher nos couleurs, celle de la France, bleu, blanc, rouge. Ensuite les couleurs de notre diversité ethnique et culturelle », précise Gil Brial.

Les Loyalistes invitent donc toutes les personnes qui le souhaitent à venir profiter gratuitement d’animations et d’un grand déjeuner au parc Georges-Brunelet, là où, en 1977, Jacques Lafleur avait créé le RPC. « Ce sera une occasion unique et gratuite pour tous de manifester notre attachement à la France et à cette Nouvelle-Calédonie aux multiples couleurs et aux différentes coutumes qui s’épanouit dans les valeurs de la République », précise Gil Brial.

À noter que le groupe « Les Loyalistes » a créé sa page Facebook dans laquelle sont publiés les différents rendez-vous de la campagne électorale.

D.P.

 

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