Les 19 et 20 juillet se tiendra l’Origines Tatto Fest, un évènement dédié à l’art du tatouage océanien. Plusieurs tatoueurs locaux seront présents à cette convention à l’Origin Cinéma, à Dumbéa, et feront la démonstration de leur savoir-faire. Rencontres.
De ses mains gantées, Simon Constant – connu sous le nom de Seamoon Tattoo dans le milieu – décrit avec précision le tatouage qu’il est en train de réaliser. « Ici, ce sont des petits oiseaux qui représentent le voyage. Là, nous avons des dents de requin et de ce côté, un symbole marquisien qui fait référence à la protection des ancêtres. » Son début de semaine commence avec un tatouage polynésien, un style qu’il apprécie particulière- ment. Car s’il dit n’avoir « pas vraiment de spécialité », l’art du Pacifique est régulièrement présent dans ses créations. « Je peux autant faire du floral, avec un mix polynésien, que des flèches faîtières et des motifs mélanésiens », explique-t-il.
Dans moins de dix jours, il participera à l’Origines Tattoo Fest, en compagnie d’une dizaine d’autres tatoueurs locaux. Un évènement imaginé par l’association Origines, afin de célébrer les différentes cultures du territoire au travers du tatouage. En 2019, un festival similaire avait été organisé au Fale Fono, à Païta, et rassemblé pas moins de 3 000 personnes. De quoi inspirer Akhio Oedin, grand gagnant de ce premier évènement. « J’ai toujours gardé l’idée dans un coin de ma tête, avant de pouvoir y ajouter ma propre patte », partage celui-ci.
QUAND LE TATOUAGE RACONTE UNE HISTOIRE
Autre invité de cette convention : Vincent Liwon (Vin’s Tattoo NC), également passionné par les tatouages océaniens, notamment polynésiens. Art marquisien, tahitien, wallisien, maori… « Chaque culture a des motifs caractéristiques, tout en ayant quelques similitudes, assure-t-il. Par exemple, le style marquisien va être reconnaissable par ses remplissages noirs et ses formes carrées, alors que le style samoan va être davantage rempli de petits motifs. »
Son style favori ? Le tā moko, tatouage traditionnel maori. Celui-ci est caractérisé par des tracés fins et des motifs en spirale. Une culture qu’il a découverte lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande, il y a quelques années. « Ils ont une histoire forte. J’ai trouvé leurs motifs extrêmement beaux et très travaillés pour les matériaux qu’ils avaient à l’époque. C’est ce qui m’a fasciné et donné envie d’en réaliser », raconte-t-il.
Le jour J, les visiteurs pourront également découvrir le travail d’Annabelle Wane (Nanou Tattoo). Un style de tatouage d’influence onirique, avec des motifs rappelant la culture mélanésienne. « Lorsque j’ai commencé, il y avait beaucoup de tatoueurs qui faisaient du style polynésien, mais peu qui faisaient des flèches faîtières, par exemple. J’essaie d’ancrer cela, avec des éléments du pays », partage-t-elle.
L’Origines Tattoo Fest sera une occasion pour elle de se « challenger ». « J’attendais qu’il y ait une convention de ce type sur le territoire […] C’est une technique de travail différente, avec des créations à la chaîne, donc ça va être intéressant de pouvoir créer autrement. »
Sur place, il sera également possible de profiter de démonstrations de danse et de piercing, d’artisanat et de concerts. L’archéologue Christophe Sand présentera, par ailleurs, une conférence autour du peuplement du Pacifique. « On tenait à donner du sens à l’évènement et raconter comment le tatouage océanien s’est formé », indique Akhio Oedin. Un festival « test » avant, « pourquoi pas », de retenter l’aventure l’année prochaine, en invitant des délégations extérieures.
Nikita Hoffmann
Créée en 2024, l’association Origines a pour objectif d’organiser des évènements culturels variés. « J’ai choisi ‘’Origines’’, car le nom a une signification assez large. Cela peut englober la culture, l’histoire, les communautés… Je pense qu’on peut tous s’identifier à ce mot », explique son fondateur, Akhio Oedin. L’idée étant de mettre en avant « l’histoire du pays » et ses différentes communautés.


Il s’est formé, en 2019, aux côtés d’un tatoueur polynésien. (© N.H)


