Province Sud et relance économique : acte 1

Les élus de la province Sud se retrouvent ce jeudi en assemblée pour adopter une délibération et le budget supplémentaire 2019. Il s’agit de la première assemblée, hors installation, de la nouvelle mandature qui va fixer une stratégie inscrite dans un vaste plan de relance économique.

Le nouvel exécutif a tenu ce mercredi une conférence de presse d’avant assemblée. L’occasion de dévoiler les priorités de la nouvelle mandature. Partant du constat que le contexte financier est très dégradé, avec des collectivités sinistrées, conséquence d’une mauvaise gestion passée et d’erreurs stratégiques, le nouvel exécutif de la province Sud a « depuis le 17 mai, tout mis en œuvre pour lancer une nouvelle stratégie de relance », explique sa présidente, Sonia Backes. Une stratégie conforme aux engagements de l’Avenir en confiance pendant la campagne des provinciales.

Un ballon d’oxygène

L’assemblée de province de ce 29 août examinera deux délibérations qui s’inscrivent dans ce plan de relance. La première délibération concerne le projet de budget supplémentaire avec une priorité donnée à l’investissement pour soutenir l’activité économique, la deuxième concerne des aides ciblées pour sauver les entreprises en grande difficulté, notamment les commerces, et maintenir les emplois qui y sont attachés. « L’objectif de la nouvelle mandature, à travers son budget supplémentaire 2019 et cette délibération, est de donner un ballon d’oxygène aux petites entreprises, notamment aux petits commerces très touchés par la crise économique, pour préserver et créer de l’emploi », souligne- t-elle.

Soutenir l’investissement public

La collectivité entend par le biais de son budget supplémentaire donner une priorité à l’investissement pour soutenir l’économie dans le but de renforcer l’activité des entreprises et de leurs employés. Au total 1,965 milliard de francs est inscrit au budget supplémentaire 2019 pour booster l’investissement public. Ainsi, en 2019, ce sont au total 12,33 milliards qui sont consacrés à l’investissement public provincial (+ 4 % par rapport au budget 2018). Cet effort est le résultat d’un choix politique majeur : 84 % des crédits dégagés par le budget supplémentaire sont affectés à la politique d’investissement et 16 % à l’ajustement des dépenses de fonctionnement. Selon le nouvel exécutif, la collectivité entend soutenir l’investissement en priorisant des actions sur la relance économique, la sécurité et la préservation du cadre de vie.

Sauvetage des petites entreprises

Pour accompagner l’investissement, la collectivité souhaite investir sur le long terme en faisant travailler les entreprises et participer ainsi au soutien de leur activité. Trois dispositifs seront adoptés en ce sens ce jeudi par l’assemblée : un dispositif de soutien au paiement des charges sociales, jusqu’à 3 millions de francs en cas de préservation de l’emploi pour les entrepreneurs et commerçants, ainsi que leurs employés, durement touchés par le ralentissement économique. À cela, s’ajoute un dispositif d’aide à la trésorerie allant jusqu’à 1,5 million de francs pour assurer la pérennité des petites entreprises et redonner confiance aux acteurs économiques. Enfin, le dernier dispositif propose l’ouverture du fonds de garantie de la province Sud aux commerces pour bénéficier plus facilement de prêts auprès des banques.

Toujours dans l’aide aux entreprises, le plan de sécurisation des commerces sera élargi et simplifié afin de permettre également aux professions libérales et à certaines associations soumises à l’impôt sur les sociétés de fonctionner plus sereinement. Le dispositif est étendu à tous les commerces de moins de 350 m2 et perdurera jusqu’en 2021.

Relancer les dossiers

Pour accompagner ces deux délibérations, la nouvelle mandature souhaite aussi réactiver et finaliser des projets restés « sur le bord de la route ». « Nous comptons finaliser des malheureux dossiers restés en suspens comme débloquer enfin le projet de l’hypermarché sur l’Anse Uaré, le PUD de Nouméa (5,5 milliards de projets privés en attente de sa validation), redémarrer des projets d’aménagement sur la zone de Deva avec le lancement des travaux d’accueil du PSIC (peloton de surveillance et d’intervention à cheval) ou encore sauver la Zac de Dumbéa- sur-Mer », en relançant les investissements et en créant les conditions d’une reprise possible des travaux d’aménagement des habitations, « après 18 mois de blocage provoqués par la gestion hasardeuse de la précédente majorité qui n’a pas voulu trouver de compromis coutumier efficace. Le risque est pourtant majeur pour la province qui a garanti des emprunts à hauteur de 11 milliards de francs », explique l’exécutif.

C’est ainsi que la province Sud a depuis le 17 mai lancé un travail avec toutes les communes, mais aussi avec l’État, sur les contrats de développement par exemple et la préparation de contrats de convergence (2 x 2 voies vers Tontouta, constitution d’un boulevard urbain vers Plum, désengorgement des accès à Nouméa, digitalisation de l’administration pour la rendre plus simple et plus efficace…).

Confirmer les engagements

Si le nouvel exécutif confirme sa volonté de « relancer la machine » en donnant un ballon d’oxygène aux petites entreprises, notamment aux petits commerces très touchés par la crise économique, pour préserver et créer de l’emploi, l’Avenir en confiance confirme des engagements importants annoncés dans son programme des provinciales.

Pas moins de 12 des engagements de la majorité sont ainsi mis en œuvre dans les délibérations de cette assemblée de province Sud. En lien avec ce qui avait été inscrit dans le programme des provinciales, on trouve dans le budget et la délibération sur la relance : « la mise en place d’un plan d’économies réinvesties par l’investissement public dans le pouvoir d’achat et la compétitivité », « l’engagement d’un plan de relance de l’économie dès le début de la mandature », « la mise en œuvre d’un plan de développement et de soutien des petits commerces ». Mais également, « replacer l’entreprise au cœur du développement », « construire un modèle qui profite aux Calédoniens et qui ne mette pas en danger les finances publiques », « engager un vrai plan de lutte contre la délinquance en s’inspirant notamment du modèle islandais », « améliorer la réactivité d’intervention des forces de l’ordre en renforçant les aides de la province Sud pour protéger les Calédoniens », « développer les énergies renouvelables », « agir pour les plus fragiles (prise en charge, pour les seniors, de 50 % du coût du transport en commun du réseau Tanéo lancé le 12 octobre par le SMTU), améliorer l’offre de logement en Brousse (étude cofinancée à Bourail pour débloquer des projets de construction de logements) » et « mener une campagne d’ampleur de stérilisation qui permettra de lutter contre la surpopulation animale et les nuisances liées aux chiens errants, en lien avec le gouvernement ». L’AEC peut ainsi dire :«On l’a dit,on le fait ! »


Un véritable « champ de mines »

C’est l’expression que le nouvel exécutif a employé pour définir « l’héritage » laissé par l’ancienne majorité de la province Sud. « Un bilan bien pire que ce que chacun avait pu imaginer sur tous les plans ! » Economique tout d’abord (selon l’Isee, en 2018, pas moins de 4 204 entreprises du secteur marchand ont fermé leurs portes définitivement. Un record), mais aussi sur le plan budgétaire avec 8 milliards de francs de TGC en moins par rapport aux estimations. Sur le plan administratif, avec des dossiers restés au point mort et enfin sur le plan institutionnel, avec là aussi, une absence de « décision qui oblige aujourd’hui les Calédoniens à aller au 2e référendum et subir les incertitudes qu’il va à nouveau générer sur le monde économique et social. »

C.S.

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