Présidentielle : En Nouvelle-Calédonie, un double signal au président

Emmanuel Macron s’est largement imposé, ici, face à Marine Le Pen. Une victoire à placer néanmoins dans un contexte d’abstention massive de l’électorat indépendantiste. Une autre fracture française à prendre en compte pour le prochain gouvernement.

Résultat 

Contrairement à la tendance nationale, en Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron a creusé l’écart avec Marine Le Pen : de 52,5 % – 47,4 % en 2017 (cinq points), il obtient aujourd’hui 61 % des suffrages (43 794 électeurs), soit 22 points de plus que son opposante qui réunit 38,9 % des voix (27 958 électeurs). Tous deux prennent plus de 20 points par rapport au premier tour (environ 15 000 voix de plus chacun) et se partagent le reste de l’électorat du 10 avril.

Par rapport au deuxième tour de 2017, en revanche, ils perdent des électeurs : 4 000 pour Emmanuel Macron et plus de 15 000 pour Marine Le Pen, alors qu’entre-temps la liste générale a presque gagné 30 000 votants potentiels. L’abstention a été très importante, malgré une très légère baisse par rapport au premier tour (- 1,5 point). 65,2 % des électeurs calédoniens ne se sont pas déplacés. 3 037 votes blancs ont aussi été comptabilisés (près de 4 % des suffrages) et 1 332 votes nuls (1,75 %), deux fois plus qu’au premier tour.

Géographie 

Le président sortant arrive en tête dans les 33 communes, contre 16 au premier tour. Dans l’agglomération, il obtient 63,35 % à Nouméa (20 588 voix), 58 % à Dumbéa, 57 % au Mont-Dore et un peu plus de 56 % à Païta. Marine Le Pen fait 36,6 % dans la capitale (11 912 voix) et autour de 42 % dans le reste de l’agglomération, ou encore à Thio, Voh, Sarraméa, La Foa. Elle réalise, comme au premier tour, son meilleur score à Koumac avec 46,5 % des suffrages.

La participation a été quasiment nulle à Pouébo (1,99 %), Ouvéa (2,9 %), Canala (4,5 %) ou Maré (4,8 %). Elle a été la plus forte à Farino (64,8 %). Au désintérêt grandissant de la population, on observe que l’appel lancé par les indépendantistes de ne pas participer à cette élection « intérieure à la France », dans la lignée du boycott du dernier référendum, a une nouvelle fois été entendu dans les communes favorables à l’indépendance.

Succès pour Macron et ses soutiens 

Les soutiens d’Emmanuel Macron, loyalistes aux sources diverses, ont réussi à convaincre une majorité de cet électorat à se prononcer en faveur du président sortant dont l’action en Nouvelle-Calédonie a été maintes fois saluée durant la campagne (référendums, soutien sanitaire et économique dans la crise). L’unité a porté ses fruits. Mais on observe, néanmoins, que Marine Le Pen a rassemblé au-delà des voix d’Éric Zemmour et de Nicolas Dupont-Aignan. Probablement au sein du Rassemblement qui n’avait pas donné de consignes de vote, voire au sein des partis de gauche par contestation.

Place aux législatives 

L’élection des députés constitue une échéance primordiale. Le président veut une solide majorité et l’opposition vise à construire un vrai contre-pouvoir ou à imposer une cohabitation.

En Nouvelle-Calédonie, le Rassemblement national sera représenté par Guy-Olivier Cuénot et Alain Descombels.

Le Rassemblement-Les Républicains a annoncé la candidature de Thierry Santa et de Virginie Ruffenach, ce qui avait notamment signé la fin de l’alliance avec les autres formations non-indépendantistes de l’Avenir en confiance.

Les Républicains calédoniens, le MPC, Générations NC et Calédonie ensemble, qui a également soutenu le président (Philippe Gomès a annoncé qu’il ne se représenterait pas), disent vouloir trouver des candidatures communes pour intégrer la majorité présidentielle et se positionner localement en force dans les discussions sur l’avenir du territoire.

Construire autrement, le parti de Joël Kasarhérou, sera également de la partie avec un programme porté sur l’environnement et la moralisation de la vie politique.

Reste à savoir quel positionnement choisiront les indépendantistes qui avaient inquiété leurs opposants dans la 2e circonscription en 2017. Nous serons fixés prochainement. Les candidatures doivent être déposées avant le 20 mai. La campagne officielle débutera le 30 pour un vote les 12 et 19 juin.

C.M.

© Clotilde Richalet / Hans Lucas via AFP

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