Prescillia Piotrowsky fait le poids

Première lifteuse calédonienne qualifiée pour les Mini-Jeux du Pacifique, Prescillia Piotrowsky a amélioré son record personnel le week-end des 2 et 3 avril, lors de la troisième manche du championnat territorial, à Boulari : 65 kg à l’arraché et 80 kg à l’épaulé jeté. Une performance prometteuse pour cette acharnée du sport.

Rien ne prédestinait la petite Prescillia Piotrowsky à une carrière sportive. Née à Nouméa d’un père aux origines russes et d’une mère vietnamienne, la championne de Nouvelle-Calédonie en titre d’haltérophilie n’était pas vraiment tournée vers l’activité physique durant son enfance. « J’étais toujours la dernière à être choisie en cours d’EPS », rigole l’athlète aux trente et une bougies.

Et pourtant, un petit indice aurait pu mettre la puce à l’oreille de ses parents : « Quand je regardais les Jeux olympiques à la télévision, j’étais super impressionnée par l’haltérophilie, je m’étais même dit que je voulais essayer. » Mais ce n’est finalement qu’à l’âge de la majorité qu’elle pousse pour la première fois la porte d’une salle de sport. De la zumba, elle passe à la musculation, avant de s’initier au CrossFit, qui débarquait alors tout juste sur le territoire. C’est le coup de foudre immédiat. « Cela venait casser la routine d’entraînement de la musculation », explique celle que l’on surnomme « Pres’ ».

Coach sportive 

C’est en 2017, dans la salle de Ouémo, qu’elle fait la rencontre d’une figure incontournable de l’haltérophilie locale. « Robert Grimaldi m’a dit que j’avais du potentiel et m’a proposé de m’initier à la discipline », se remémore la Nouméenne. Si elle se met à soulever des barres de temps en temps, Prescillia Piotrowsky décide tout de même de se concentrer sur le CrossFit. Et pour cause, l’ancienne institutrice en fait même son métier en devenant coach sportive.

Mais quatre ans et deux victoires aux Coconut Games* plus tard, elle tire finalement un trait sur sa carrière de CrossFiteuse pour se consacrer entièrement à l’haltérophilie. « J’ai toujours eu mon cœur qui balançait entre les deux, partage Prescillia. Mais j’ai le sentiment que je suis arrivée au bout de ce que je peux faire localement en CrossFit. »

« Athlète exemplaire »

La lifteuse décroche le titre de championne de Nouvelle-Calédonie d’haltérophilie en décembre 2021 et se qualifie, au passage, pour les Mini-Jeux du Pacifique, qui se dérouleront aux îles Mariannes du Nord du 17 au 25 juin. Une motivation supplémentaire pour celle qui s’entraîne quatre fois par semaine à l’institut d’haltérophilie du Mont-Dore, aux côtés de Marcus Meozzi. « C’est une athlète exemplaire. Elle déborde d’énergie, elle a soif de connaissances et elle ne rechigne jamais à l’effort », dépeint l’entraîneur de la sélection calédonienne.

Avec des records personnels ‒ établis le week-end dernier à l’occasion de la troisième épreuve des championnats territoriaux ‒ de 65 kg à l’arraché et de 80 kg à l’épaulé-jeté, Prescillia Piotrowsky estime être à la sixième place dans le Pacifique. « On serait 18 dans ma catégorie (- 55 kg) à Saipan. L’objectif, ce serait d’arriver à faire une troisième place pour apporter une petite médaille à la Nouvelle-Calédonie. » La barre est haute, mais pas autant que sa détermination.

 


Une discipline en pleine relance

Tia, la chienne de Prescillia, l’accompagne fidèlement pendant ses entraînements.

 

Avec des haltérophiles qui sont régulièrement qualifiés pour les Jeux olympiques, le niveau est particulièrement relevé dans la région. Ce sera le cas lors des prochains Mini-Jeux du Pacifique, fin juin, aux îles Mariannes du Nord. « Nos athlètes vont essayer de se rapprocher le plus possible du podium, mais on n’a pas d’objectif de médaille. On veut surtout leur faire prendre de l’expérience pour les Jeux du Pacifique l’année prochaine aux Salomon », pose l’entraîneur de la sélection calédonienne, Marcus Meozzi.

Il faut dire que la discipline est en pleine relance sur le territoire. Au point mort il y a un an et demi à peine, l’haltéro fédère de nouveaux athlètes dans les locaux de l’institut de Boulari. Des lifteurs en pleine progression, comme Prescillia Piotrowsky, qui vient du monde du CrossFit, ou encore Jessica Idjan qui, après une pause de plusieurs années, s’est récemment remise à soulever des barres.

Cette dernière (déjà présente aux Mini-Jeux en 2017) a justement décroché son ticket pour Saipan chez les moins de 59 kg le week-end dernier, lors d’une compétition locale, montant à deux le nombre de Calédoniens qui représenteront le territoire. « On dispose de cinq places, mais je ne pense pas que l’on réussira à toutes les remplir », souffle Marcus Meozzi. Dernière chance pour atteindre les minima le samedi 30 avril, à Boulari, à l’occasion de la quatrième et dernière manche du championnat territorial.

 

Titouan Moal (© T.M.)

 

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