Première circonscription : un duel bien plus serré qu’en 2022

Si le Loyaliste Nicolas Metzdorf espère s’appuyer sur les reports de voix, la candidate indépendantiste Omayra Naisseline dispose de réserves de suffrages. Le rapport de force peut être dimanche bien plus soutenu qu’au précédent scrutin.

La première circonscription, découpée par l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua en 1986, a toujours été favorable au camp non indépendantiste. Ce qui s’est vérifié une nouvelle fois dimanche 30 juin au soir. L’addition de tous les suffrages en faveur de cette sensibilité, défendue par le Loyaliste Nicolas Metzdorf, l’Horizons Philippe Dunoyer, Simon Loueckhote du Rassemblement national ou encore Pierre-Henri Cuenot pour les « exclus » du droit de vote, témoigne toujours d’un poids majoritaire des électeurs pro-français dans cette zone électorale : 31 298 voix soit 55,8 %. Contre 22 021 bulletins, ou 39,3 %, pour les indépendantistes. La troisième voie, représentée par Veylma Falaeo de l’Éveil océanien, a atteint 4,9 %.

Dans ce contexte, Omayra Naisseline, des Indépendantistes et Nationalistes, a réalisé une prouesse avec 20 370 enveloppes récoltées, alors que Wali Wahetra, représentante de la mouvance en 2022, avait amassé 6 360 voix au premier tour. Comment expliquer cette multiplication par trois ? Un important réseau sur le terrain et une mobilisation de ses électeurs, jeunes et plus âgés.

Selon Pierre-Christophe Pantz, docteur en géopolitique, la candidate dispose « encore de réserves de voix » : dans les Îles Loyauté où la participation établie en moyenne dimanche à 60 % peut progresser, mais aussi dans certains quartiers de Nouméa plus favorables à la politique indépendantiste, tels que Nouville, Vallée-du-Tir, Numbo et Ducos. Toutefois, ce potentiel sera-t-il suffisant pour rattraper le candidat loyaliste Nicolas Metzdorf, sorti en tête du premier tour avec 22 316 bulletins ?

9 000 VOIX POTENTIELLES

Le député sortant, qui a changé de circonscription, ne doit pas avoir la même logique en tête, en vue du second round dimanche 7 juillet. L’élu du Congrès ne peut pas compter, lui, sur un stock de suffrages dans les Loyauté, ni dans les quartiers nord de Nouméa et a fait quasiment le plein dans le centre et le sud de la capitale.

Si les marges de manœuvre sont donc plus minces que celles d’Omayra Naisseline sur ce terrain, Nicolas Metzdorf peut bénéficier, en revanche, d’un report de voix plus favorable. Celles dirigées au premier tour vers l’Horizons Philippe Dunoyer, le Rassemblement national Simon Loueckhote, l’écologiste Cédric Devaud, etc. Soit près de 9 000 voix loyalistes potentielles supplémentaires. Des électeurs souhaiteront s’opposer à la candidate indépendantiste Omayra Naisseline tandis que d’autres refuseront d’adhérer au discours ferme de Nicolas Metzdorf. La conversion n’est pas automatique et les consignes de vote ne seront pas forcément suivies. L’ambition est aussi d’aller chercher les abstentionnistes.

Le deuxième tour des élections législatives de 2022 avait accouché d’un score sans ambiguïté : Philippe Dunoyer l’avait emporté par 66,40 % des suffrages face à Wali Wahetra, dotée de 33,60 %. « Nous ne serons pas du tout dans ce rapport de voix dimanche », tranche le chercheur Pierre-Christophe Pantz. « Omayra Naisseline est déjà à 36 % au premier tour. »

L’écart sera plus serré entre les deux candidats qui ont évidemment adopté des thèmes de campagne propres : l’élue UC-FLNKS et Nationalistes du Congrès a privilégié la lutte contre le dégel du corps électoral provincial et pour la pleine souveraineté, tandis que Nicolas Metzdorf appelle à faire barrage « à l’indépendance et à la violence » et se tourne vers « ceux qui veulent construire ».

 

Les résultats des autres candidats
Philippe Dunoyer : 10,33 %
Veyma Falaeo : 4,87 %
Simon Loueckhote : 4,57 %
Muneiko Haocas : 2,19 %
Juanita Ciane Angexetine : 0,61 %
Cédric Devaud : 0,42 %
Pierre-Henri Cuénot : 0,31 %
Thomas Nasri : 0,28 %
Germaine Toléta Nemia Bishop : 0,14 %
Manuel Millar : 0,11 %

 

Yann Mainguet