Paco Lehmann : « Je vais affronter les meilleurs »

Licencié à Nouméa Escalade, Paco Lehmann, 15 ans, est devenu champion de France d’escalade de vitesse en mars à Massy, avant de décrocher d’autres médailles d’or en Europe au mois de juillet. Samedi 27 août, il participera au championnat du monde jeunes à Dallas.

DNC : Quelles portes vous a ouvert le championnat de France ?

Paco Lehmann : Tout s’est joué à Massy. Je suis content car je partais pour cela. C’était planifié avec mon entraîneur. J’ai rempli les critères de sélection et les temps minimum à faire : j’ai été qualifié, puis j’ai gagné. Ensuite, j’ai participé au championnat d’Europe jeunes à Augsburg. Là encore, c’est un rêve qui s’est accompli parce que ma compétition s’est passée comme je l’avais imaginée. Le mur n’était pas hyper bien, mais j’ai réussi à m’adapter, à battre mon record personnel et le record de France avec le meilleur run de vitesse en 6 »61. Après, il y a eu l’étape de la Coupe d’Europe jeunes à Mezzolombardo. J’ai réalisé un nouveau record personnel et un record de France avec un run de 6 »29.

Comment appréhendez-vous le championnat du monde ?

J’espère que tout va bien se passer. On sera 70-80 par catégorie et il y aura peut-être 300 à 500 personnes dans le public. Je suis avec deux autres Calédoniens en U18 et U20. On a eu un stage équipe de France à Atlanta. Je me dis que je vais affronter tous les meilleurs et peut-être faire une performance. Si je gère bien ma compétition, je pense que je peux faire quelque chose.

Comment vous êtes-vous préparé ?

On s’est entraîné dans la salle que Bassa Mawem, mon entraîneur, a ouverte à Colmar. Il y avait des jeunes majeurs qui grimpaient avec nous et qui pouvaient nous conseiller. Bassa était avec moi mais comme il s’occupe aussi d’un groupe en Nouvelle- Calédonie, il est rentré et me suit à distance. Je suis autonome pour les entraînements. En vitesse, on doit être régulier ; comme à tout moment on peut glisser, il faut être concentré et réussir ses runs.

Quelle était l’ambiance ?

Dans l’équipe de France jeunes, il y a des Réunionnais et des Calédoniens. Il y a une très bonne ambiance entre nous. Comme c’est un sport individuel, tu ne peux t’en vouloir qu’à toi même.

Vous êtes parti pour deux mois : comment suivez-vous les cours ?

Le matin, je travaille les cours à distance pour l’histoire, la SVT, la physique, les maths, le français ou l’anglais. Je les reçois par mail ou padlets*. Le son des vidéos n’est pas toujours très bon, alors je cherche dans les documents pour essayer de comprendre et je fais les exercices. L’après-midi, je grimpe, quatre fois par semaine.

Qu’aimez-vous dans l’escalade ?

C’est un sport parfait pour moi. J’aime l’escalade de vitesse, le côté répétitif et de ne pas avoir de surprise sur la voie. Comme ça, si je m’entraîne, ça marchera forcément. J’aime la compétition : même en cours, j’aime bien me fixer des objectifs pour y arriver et dans ma famille on aime aussi la compétition. Mon frère fait aussi de l’escalade : entre nous, c’est le jeu du chat et de la souris. Mon but est de le rattraper et, lui, de ne pas se faire rattraper. On en parle tout le temps ! On pourrait faire la voie les yeux fermés parce qu’on connaît l’emplacement des prises. Le cerveau retient tout. La présence du public joue aussi, ça m’encourage sur le moment. On sait qu’on nous regarde et je me dis que je dois montrer ce que je sais faire.

Êtes-vous soutenu à distance ?

Oui, je remercie ma famille, mes amis qui me suivent et avec qui j’échange tous les jours et tous ceux qui me soutiennent. Ça me fait plaisir. Je rentre le 4 septembre et j’espère revenir avec le plus de médailles possible.

Propos recueillis par Marie-Hélène Merlini

© dav/pavlo vekla /FFME 

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