La Nouvelle-Calédonie accueille du 21 au 25 juin un double événement : une conférence-séminaire sur l’alimentation et la santé à l’initiative de Biocéanie. Elle sera animée par Jean Joyeux, formateur et coach métropolitain en nutrition et micronutrition.
Quel est l’objectif de votre conférence sur le « rôle de l’alimentation dans la santé » et à qui s’adresse ce premier rendez-vous ?
Jean Joyeux : Cette conférence est adressée au grand public, tout comme aux professionnels de santé qui touchent de près ou de loin à la nutrition et à la santé. L’objectif est d’aider chacun à changer de regard sur la nutrition et à comprendre certaines bases fondamentales de la nutrition santé.
Vous aborderez la micronutrition, de quoi s’agit-il ?
J.J. : Je qualifierais la micronutrition d’approche, non pas de méthode à proprement parler. Il s’agirait d’une sorte de « paire de lunettes » qui permettrait de mieux comprendre l’action des aliments – et en particulier des micronutriments qu’ils contiennent – sur la biologie et la physiologie humaine et donc sur la santé.
En quoi peut-on parler de « démarche préventive » pour une bonne santé ?
J.J: C’est probablement l’intuition médicale la plus ancienne et la plus forte qui nous ait été laissée : « Fais en sorte que ton aliment soit ton premier médicament. » Derrière cet aphorisme d’Hippocrate se cache une réalité largement démontrée scientifiquement : qui mange mal se rend malade plus ou moins rapidement. Changer d’alimentation est un ressort très puissant pour améliorer la santé. En fonction du terrain de chacun, ces effets peuvent être reconnaissables en quelques jours ou en quelques semaines… Mais ce qu’il faut retenir, c’est que c’est l’alimentation du quotidien, ce qu’on appelle le « modèle alimentaire » qui fait la différence. Si le modèle est bon, on ne crée pas le lit d’un bon nombre de pathologies.
Parmi le flot d’informations (parfois contradictoires) que nous recevons chaque jour, comment savoir ce qui est bon pour notre santé ? Exemple : les polémiques sur le lait, la viande, etc.
J.J : C’est un des problèmes actuels : l’information est très abondante et les sources sont difficilement discernables. Il faut avoir un regard très critique sur toute l’information qui est apportée par l’industrie agroalimentaire (parfois de manière plus ou moins cachée, à travers de vrais médecins ou scientifiques, payés par l’industrie). Il y a une réalité qui, bien souvent, apparaît quand on fait la part de choses. L’exemple le plus clair est celui du lait et des laitages. Sont-ils véritablement mauvais ? En réalité, tout dépend de leur qualité et de la consommation qu’on en fait. Le lait d’un animal mal nourri n’est pas de bonne qualité. Le lait d’une vache, d’une brebis, d’une chèvre, qui ont grandi dans des conditions naturelles et mangé ce qu’ils ont toujours mangé depuis des millénaires, n’est pas mauvais si on en fait une consommation raisonnable. Un à deux produits laitiers par jour, pas forcément tous les jours, c’est raisonnable. Au-delà, on crée un déséquilibre alimentaire à plusieurs niveaux, et on provoque des pertes minérales (calcium y compris), comme toujours quand on consomme trop de protéines.
N’a-t-on pas un peu perdu toute cette connaissance sur le lien entre l’alimentation et la santé ?
J.J : Complètement ! Et c’est dramatique ! On a perdu tout le bon sens des générations précédentes, bien souvent à cause d’une déconnexion généralisée d’avec la nature. C’est affligeant de voir que la majorité des enfants d’aujourd’hui ne saurait pas nommer des plantes aromatiques aussi banales que le romarin, le basilic, la sauge, le thym… Parfois même, ils ne savent pas la différence entre un oignon et une échalote… En ayant aussi peu de connaissance des aliments, on ne peut clairement pas acquérir la maîtrise de l’alimentation santé. La publicité, les plats préparés surgelés, la pseudo- cuisine au micro-ondes, les aliments de longue conservation, toutes ces créations de l’industrie agroalimentaire sont responsables de tout ce patrimoine qui est perdu pour trop de gens.
Vous insisterez sur l’importance d’avoir de bonnes habitudes dès le plus jeune âge. Quels peuvent être les conséquences des déséquilibres alimentaires chez l’enfant ?
J.J : En fonction des déséquilibres alimentaires (générés par les parents, bien malgré eux), on va voir apparaître des pathologies très variées qui vont du surpoids aux maladies métaboliques précoces (diabète parfois), aux troubles de l’attention et du comportement, allergies, pathologies dermatologiques… à l’échelle d’une vie, c’est un cercle vicieux qui est mis en place de manière précoce et qui n’amènera rien de bon à l’âge adulte. Quand on n’est pas un expert en nutrition, que l’on soit confronté à ces problèmes ou que l’on désire s’en prémunir, il faut chercher un peu plus en profondeur. Les informations sont toujours accessibles. Déjà, un conseil important, souvent martelé dans les publicités pour les produits les moins conseillés, c’est de consommer « cinq fruits ET légumes par jour » ce qui fait un total de 10 portions de fruits et légumes… On doit comprendre « fruits et légumes frais, de saison, de proximité » et non pas « surgelés, en boîte, préparés ». À partir de cette seule information, on commence déjà à revoir son modèle alimentaire dans le bon sens.
C. Maingourd
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La nutrition cellulaire active
Jean Joyeux abordera la nutrition cellulaire active lors du séminaire adressé aux professionnels de la santé et de la nutrition. Une méthode mise au point par le Dr Lagarde, qui met en valeur l’importance de la cellule et l’apport en micronutriments essentiels à leur fonctionnement. Une méthode qui « permet d’utiliser aussi bien le conseil nutritionnel que les supplémentations de manière structurée » selon les besoins réels du patient.
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Le rôle de l’alimentation dans la santé
Soirée-conférence
(grand public et professionnels) Jeudi 23 juin à 19h30
Amphi 250, université de Nouville / Entrée : 500 F
Séminaire « Nutrition cellulaire active »
(professionnels) Du 21 au 25 juin
Salle de conférence de D3S au Faubourg-Blanchot / Bout du monde
Renseignements au 75 48 04

