Nouvelle base pour les discussions

Le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, et son ministre délégué Jean-François Carenco seront en Nouvelle-Calédonie, le 26 juillet, pour une séquence consacrée à l’avenir institutionnel. Après la formation du gouvernement dans lequel figure aussi Sonia Backes, dans quelle configuration vont reprendre les discussions ?

« Ce quinquennat sera celui d’une nouvelle page de notre histoire républicaine avec la Nouvelle-Calédonie » a déclaré la Première ministre, le 6 juillet, dans son discours de politique générale. Élisabeth Borne a promis de prendre toute sa part dans les discussions qui seront engagées avec l’ensemble des parties pour « écrire l’avenir de notre relation au terme du processus politique défini par l’Accord de Nouméa ». Processus qui est terminé, nous redit l’État depuis le troisième référendum.

Cette séquence s’ouvrira donc le 26 juillet avec la venue de Gérald Darmanin, désormais à la tête d’un méga-ministère de l’Intérieur comprenant également l’Outre- mer. Rattachement jugé au passage, dans la plupart des territoires, comme étant une régression. Objectif pour lui : rencontrer les responsables politiques, mesurer les positionnements et définir une méthode pour les discussions à venir.

Bilatérales ?

Le dialogue, au point mort depuis le troisième référendum et la non-participation des indépendantistes, doit reprendre. Sauf que la nomination de la présidente de la province Sud, Sonia Backes, dans le ministère de Gérald Darmanin pose des difficultés. Alors qu’ils dénonçaient justement l’attitude de plus en plus partiale de l’État au cours du premier quinquennat d’Emmanuel Macron (document du oui et du non, refus de repousser le référendum, etc.), les indépendantistes vont maintenant faire face à un gouvernement qui compte en son sein leur principale opposante.

De quoi renforcer leur volonté de n’avoir que des discussions bilatérales avec l’État, sans les forces loyalistes. Cette position, déjà tenue par le Palika, est également celle de l’Union calédonienne réaffirmée lors de son comité directeur du 9 juillet à Thio. « Le président Macron ayant décidé de sortir l’État de sa neutralité et d’épouser le point de vue de nos adversaires opposés à l’indépendance, il est clair que l’État français se place comme le porte-parole des non-indépendantistes et réinvestit son statut d’État colonisateur » analyse le président, Daniel Goa. « Dès lors, poursuit-il, les indépendantistes ne peuvent reconnaître comme interlocuteurs que les représentants de la puissance administrante qui, dans le camp non-indépendantiste, détient seule le pouvoir de décider de la suite de l’Accord de Nouméa. » Un contexte pas vraiment idéal pour atteindre l’objectif initial : rapprocher les forces politiques calédoniennes afin qu’elles construisent effectivement un avenir partagé.

Échos 

En attendant, les analyses pour prouver le contraire vont bon train quels que soient les bords politiques. On entend, en effet, qu’un « équilibre » a été trouvé par l’État dans cette structure entre une représentante loyaliste, soutien de la majorité présidentielle, et Jean-François Carenco, plutôt proche des indépendantistes et de la gauche. Digne de la stratégie du « en même temps » du président pourtant pas très appréciée des électeurs depuis cinq ans, et même rejetée aux dernières législatives. Mais on entend aussi que cette nomination pourrait finalement permettre d’exclure les velléités de la plus redoutable des loyalistes dans les discussions ou bien de minimiser le rôle des autres non-indépendantistes. Nous verrons bien.


Vœu commun pour l’ouverture des négociations

Après la province des Îles de Jacques Lalié (UC), le groupe Agissons pour le Sud à la province Sud a formulé un vœu pour l’ouverture immédiate du dialogue entre les acteurs locaux indépendantistes et loyalistes afin de préparer le processus de sortie de l’Accord de Nouméa. Pas vraiment la ligne du FLNKS en faveur des bilatérales. Le Palika, dont les représentants des îles s’étaient d’ailleurs abstenus, a jugé que cette manœuvre manquait de clarté. Pour sa part, l’Union calédonienne a indiqué « qu’aucune prise de position alternative, même d’origine institutionnelle, ne pourra engager les instances politiques du mouvement ». Daniel Goa appelant toutes ses structures et ses militants à faire preuve de « discipline ». Jacques Lalié a expliqué dans Les Nouvelles calédoniennes qu’il ne s’agissait pas pour lui de « trahir la cause kanak » ou de remettre en cause la stratégie du FLNKS en faveur des bilatérales. Mais de prendre en compte « toutes les forces politiques et économiques » pour nourrir les propositions indépendantistes.

C.M.

© Xose Bouzas / Hans Lucas via AFP

 

 

 

C.M.

 

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