Nouméa vise un éclairage 100 % LED et connecté en 2025

La ville de Nouméa est en train de remplacer l’ensemble de ses points lumineux par des LED et teste l’éclairage connecté. Les objectifs sont multiples : réduire la facture d’électricité en ajustant la puissance en fonction des besoins, augmenter le nombre de luminaires ainsi que leur durée de vie et diminuer l’empreinte écologique.

 

Sur les 12 000 points lumineux que compte la commune, environ la moitié sont désormais des LED – le reste étant des lampes à sodium haute pression. L’exécutif municipal compte atteindre les 100 % dans quatre ans.

L’intérêt de cette technologie ? Diminuer la puissance des éclairages d’environ 30 %, mais aussi augmenter leur durée de vie en la multipliant par cinq, de deux à dix ans, entraînant ainsi une maintenance moins importante. Conséquence, le coût de la consommation annuelle d’électricité est passé de 152 millions à 135 millions de francs entre 2019 et 2021, alors que le nombre de points lumineux a augmenté de 11 500 à 12 000.

Selon les prévisions, la baisse devrait se poursuivre même si la ville installe davantage d’éclairages. Et ce, sans compter les 10 millions de francs économisés sur le volet entretien.

Résorber les zones sombres

Parallèlement, l’exécutif poursuit sa politique de résorption des zones sombres, explique Philippe Jusiak, secrétaire général adjoint chargé de l’aménagement à la mairie. « Plusieurs secteurs posent problème notamment à Ducos, où il y a des rues pas ou mal éclairées avec des mâts très espacés. »

Les interventions menées en 2020- 2021 (route du Ouen Toro, rues Lèques à Tina, James-Cook et du Bouzet à Nouville et Cartier à la Vallée-du-Génie) devraient se poursuivre l’an prochain sur la promenade Vernier (au niveau du parking près du wharf RFO) et sur plusieurs rues à Ducos (Champion, Banuelos des frères Guépy, etc.). « On va également éclairer de façon raisonnée en début de nuit les digues qui mènent à l’école Marie-Havet ainsi qu’aux rues Rédika et Boissery à Magenta-Ouémo, au niveau des cheminements dans la mangrove. »

Un éclairage connecté

Les services s’attachent également à passer le réseau d’éclairage en télégestion afin de pouvoir le superviser à distance. Une fois programmé, il fonctionne ainsi de manière autonome. Après l’avoir testé sur trois sites pilotes depuis deux ans – les rues Lèques et Garnier (Baie-des- Citrons) et la route du Ouen Toro – l’idée est de déployer le procédé sur l’ensemble du territoire communal d’ici 2025.

Il permet de graduer la puissance de l’éclairage – son intensité – en fonction de la luminosité ambiante mais aussi de s’adapter en fonction des zones et de leurs besoins. « On ajuste le niveau d’éclairement sur les secteurs considérés à risque en période nocturne », développe Philippe Jusiak.

Dernier exemple en date, la pose, en juillet, de 28 mâts à la Baie-des-Citrons. Selon la mairie, cette installation a un impact positif sur les nuisances liées à sa fréquentation en fin de semaine et les week-ends. « Depuis, il y a beaucoup moins d’interventions de la police. On a aussi pris en compte l’aspect environnemental en orientant bien les projecteurs et en réduisant leur impact. »

À l’inverse, la ville peut éclairer moins sur certains créneaux horaires des sites où cela ne s’avère pas nécessaire, comme au Ouen Toro. « On a essayé des diminutions qui vont jusqu’à 10 % de la puissance possible au creux de la nuit et cela ne se ressent pas en termes de sécurité parce que l’endroit n’est pas exposé. » Des tests de gradation ont aussi été réalisés rue Lèques. La mairie n’a eu aucun retour des riverains sur une éventuelle faiblesse de l’éclairage.

Le coût de déploiement de la télégestion, estimé à 190 millions de francs, devrait être compensé en huit années. Elle va en effet faire diminuer la facture. D’après les projections, 13 000 points lumineux LED en télégestion reviendraient à 98,8 millions de francs contre 123,5 millions sans ce système.

 


Un contrat de trois ans

Après Cegelec, c’est EEC qui a récupéré le contrat de l’éclairage public de la commune. D’une durée de trois ans (il sera renouvelé l’an prochain), il revient à 45 millions de francs par an pour la ville. Le rôle d’EEC est de surveiller le réseau en permanence et d’intervenir en cas de panne. « Le déploiement du réseau connecté permettra d’augmenter l’efficacité de ces interventions, puisque les pannes seront détectables immédiatement à distance », souligne Philippe Jusiak.

 


Qu’en est-il de l’éclairage émis par les privés ?

Il s’agit d’une compétence provinciale encadrée par le Code de l’environnement. Mais la règlementation sur la publicité des enseignes est en cours de ré- vision. L’idée est de donner la main aux communes sur ce point. « Ainsi, elles se doteraient d’une réglementation sur la publicité des enseignes qu’elles pourraient contrôler et mettre en œuvre, expose Philippe Jusiak, secrétaire général adjoint chargé de l’aménagement à la mairie de Nouméa. Cela concernerait aussi les enseignes non lumineuses qui représentent une pollution visuelle à part entière, qu’il s’agisse d’affichage abusif ou de formats. » Un travail est mené sur le sujet depuis deux ans.

 

Anne-Claire Pophillat (© A.-C.P.)

 

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