Naïa Wateou :« Il ne doit plus y avoir de tabou sur le référendum »

Samedi, les partisans du Non se sont réunis pour un grand séminaire de travail à Bourail. L’évènement marquait le coup d’envoi d’une campagne de proximité, ouverte et unitaire. L’état d’esprit a sensiblement évolué depuis les précédentes consultations, explique Naïa Wateou, membre de la direction de campagne en charge de la communication.

DNC : Que symbolisait ce séminaire pour vos équipes ?

Naïa Wateou : C’était un séminaire de travail qui actait le lancement officiel de notre campagne et, surtout, un séminaire de cohésion. Car notre stratégie repose sur une campagne de terrain où on va aller frapper à toutes les portes des foyers de Nouvelle- Calédonie, sans distinction entre élus, militants, responsables de section. Chacun va faire ce travail, aller convaincre, apporter des réponses aux questions que peuvent se poser ses voisins, sa famille, ses collègues. L’état d’esprit est très positif parce que l’on part uni, ce qui était une forte attente.

L’identité visuelle de cette campagne a été présentée. On ne voit plus le bleu, blanc, rouge. Pourquoi l’avoir abandonné ?

Ce n’est pas qu’on le voit plus. C’est qu’on ne le voit pas tout de suite, en premier. Le bleu, blanc, rouge existe, il est présent. Les valeurs que l’on porte sont présentes, maintenant on souhaite aller chercher toutes les voix du Non. Et on a des électeurs qui s’expriment de manières différentes. On a des personnes qui sont profondément attachées au bleu, blanc, rouge, des personnes qui n’ont pas forcément de liens avec la France parce qu’elles n’y sont jamais allées, et qu’elles ne la connaissent pas, mais qui sont attachées aux valeurs de la République et de ce qu’elle peut apporter. Et il y a aussi cette idée d’aller chercher encore plus largement. C’est pour cela qu’il n’y a pas de prédominance de couleurs sur ce logo, elles sont toutes distinctes, mais il n’y en a pas une qui prend le dessus sur l’autre.

Comment toucher plus largement sachant que la notion d’indépendance est, pour certains, surtout une question liée à l’émancipation, à la « liberté », comme l’ont souligné cette semaine les indépendantistes ?

C’est une notion qui est très idéologique au- delà de la dimension politique. Mais ce que l’on veut, nous, c’est engager une campagne qui soit sincère. C’est pour cela que le document de l’État sur les conséquences du Oui et du Non, qui nous manquait lors des précédentes campagnes, va permettre de poser les conséquences d’un départ, de l’accompagnement et du soutien de la France. Ce document a été l’objet des différents ateliers. L’idée est d’avoir des éléments factuels de ce qu’il adviendra si on n’a plus le soutien de la France, et les conséquences sur le quotidien de chacun.

Le travail sur les éléments de vulgarisation devait être finalisé avec les militants. Quand seront-ils présentés et quelles seront les principales thématiques ?

Ces éléments vont sortir au fur et à mesure à partir de ce week-end. L’échange qu’on a eu avec les militants et les comités locaux, c’était de pouvoir s’entendre sur la compréhension qu’on avait de ces éléments. D’en ressortir aussi des cas et des faits concrets pour les expliquer et argumenter. Il y a beaucoup de thématiques. Quand on épluche ce document, on est sur tout le quotidien et la vie des Calédoniens en général. Donc ça va de la nationalité en passant par la monnaie, le système économique, les incidences sur le panier moyen, les retraites, l’équivalence des diplômes, la place de la femme.

Vous appelez les citoyens à être acteurs de la campagne ?

Oui, le message que l’on veut faire passer dans les villes, les villages, les tribus, c’est que le 12 décembre, on ne vote pas pour un parti politique, on ne vote pas pour une personnalité politique, on vote pour soi, pour son avenir et celui de ses enfants. L’objectif, c’est que l’on puisse voter en toute connaissance de cause et en ayant l’ensemble des éléments sur la suite. On a un site internet avec toutes les déclinaisons des Voix du Non, et chacun peut s’impliquer pour faire du porte à porte. Après, on aura un planning avec toutes les réunions et les temps forts. Un bus fera également une tournée pour apporter l’information et renseigner les gens.

On vous verra aussi sur les réseaux sociaux notamment pour toucher la jeunesse…

On a effectivement une déclinaison de toute notre campagne à l’intention des jeunes, parce que c’est une catégorie importante chez les abstentionnistes. Il faut adapter le message, le rendre attractif sans en dénaturer le sens, parce que là encore, c’est l’avenir de nos jeunes qui se dessine. On va vraiment aller sur tous les terrains. Et dire qu’il ne doit plus y avoir de tabou sur la question du référendum.


Des évènements avec Calédonie ensemble

Un appel a été formulé à l’ensemble des groupes non indépendantistes. Si Les Loyalistes et Calédonie ensemble ne font pas campagne sous une même bannière, des temps forts seront organisés. « On va avoir des moments où on va faire campagne côte à côte parce que l’objectif est d’aller chercher toutes les sensibilités, toutes ces voix du Non et on ne peut le faire qu’ensemble », précise Naïa Wateou.


Abstentionnistes et indécis

Outre les abstentionnistes, la campagne des Voix du Non vise les personnes hésitantes. L’indécision s’est, par exemple, matérialisée par des votes différents pour certains au premier et au deuxième référendum. 7 000 personnes seraient concernées. Dans ce contexte, l’idée qui sera véhiculée par les Voix du Non est qu’il n’y aura pas de retour en arrière après ce scrutin.

C.M.

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