Municipales : gros plan sur Dumbéa et le Mont-Dore

La course aux municipales a mis du temps à débuter, mais depuis quelques jours, les candidats présentent leurs programmes. Cette semaine, nous faisons un point sur deux communes du Grand Nouméa : Dumbéa et le Mont-Dore.

Ces deux agglomérations ont la particularité d’appartenir aux grandes communes du territoire avec 35 873 habitants pour Dumbéa et 27 620 habitants pour le Mont-Dore. Leurs territoires s’étendent entre mer et montagne et leurs activités vont de pair. Au-delà de ces rapprochements, les deux agglomérations ont surtout eu un essor considérable ces dernières années. Depuis plus de 10 ans, Dumbéa a vu son urbanisme galoper et la « ville-dortoir » est devenue une commune résolument tournée vers le développement économique avec de nombreuses entreprises, des services ou encore le Médipôle. Pour le Mont-Dore, si l’expansion démographique est plus récente, la commune, s’est aussi étendue géographiquement et bénéficie d’un support économique incontournable en étant le passage obligé vers le grand Sud et l’exploitation minière.

Les enjeux sont donc sensiblement similaires pour les deux agglomérations du Grand Nouméa. Il faut soigner le cadre de vie avec ce que cela comporte en termes d’aménagement, de sécurité, de bien ou de mieux-vivre, d’environnement et, donc, de développement économique. Des thèmes qui sont donc majoritairement abordés par les différentes listes engagées.

Georges Naturel, favori à Dumbéa

Le maire sortant compte bien réaliser le doublé et c’est en favori qu’il se représente à Dumbéa. Pour rappel, en 2014, avec un taux de participation de 66 %, il avait réussi à récolter 46 % des voix devant la liste de l’ancien maire, Bernard Marant (divers droite). Côté indépendantiste, la liste d’Aloisio Sako, créditée seulement de 7 % des suffrages, avait fait le choix de ne pas se présenter au deuxième tour.

Cette année, Georges Naturel a en face deux autres listes, celle de Cynthia Jan, de Générations NC, et la liste unitaire indépendantiste de Rachel Aucher, « Dumbéa, une ville océanienne. » Le mot d’ordre de Georges Naturel pour cette campagne est de voir aboutir les projets en cours et lancer les chantiers des vingt prochaines années. Le maire sortant parle ainsi de la promenade Jules-Renard, du soutien aux projets privés de la marina de Nouré et du multiplexe MK2, de la résidence universitaire de la Sic, de la liaison routière Koutio-Ducos. Pour y parvenir, il table sur le soutien des autres collectivités, notamment la province, le candidat étant soutenu par Gil Brial, le deuxième vice-président de l’institution.

En face, Cynthia Jan, veut « changer la ville pour permettre à beaucoup de Dumbéens d’avoir du travail sur Dumbéa ». Elle fait du soutien à l’emploi son premier axe de campagne. Espaces de coworking, d’accueil des patentés et PME, juristes, comptables, guichets d’embauche express, etc. Elle entend aussi mettre en place trois zones franches : l’une dédiée aux loisirs dans le nord de la commune, une deuxième consacrée à l’activité industrielle dans la Zac Panda, et une dernière regroupant les services sur Apogoti. Enfin, comme tous les candidats, la sécurité trouve aussi sa place dans ses propositions.

Pour la candidate indépendantiste, Rachel Aucher, le discours est plus tourné vers une ouverture sur le vivre-ensemble. Pour elle, il faut tout mettre en œuvre pour « consolider cette base océanienne, tout en gardant la spécificité calédonienne ». À ce titre, elle veut développer une instance décisionnelle au niveau coutumier. Son programme s’oriente par ailleurs vers la préoccupation environnementale, mais aussi vers la défense de l’emploi local et des jeunes.

Lecourieux en rassembleur

Du côté du Mont-Dore, bénéficiant d’un bilan positif et d’une bonne connaissance de la commune, le maire sortant, Eddie Lecourieux, a su s’entourer de colistiers venant de tous les partis loyalistes. En 2014, avec un taux de participation de 64 %, son prédécesseur, Éric Gay, était passé avec 48 % des suffrages devant la liste divers droite de Monique Jandot. Les indépendantistes représentaient 15 % des suffrages.

En 2020, Eddie Lecourieux va bénéficier de ces habitudes de voter bleu blanc rouge. Il a face à lui pas moins de quatre autres candidats : Patrick Laubreaux, de Calédonie ensemble, Romuald Pidjot, qui représente la liste unitaire indépendantiste « Notre ville vers une nation arc-en-ciel », et deux représentants de nouveaux partis, Petelo Sao, de l’Éveil océanien, et Nina Julié, de Générations NC.

Dans les pas de ses prédécesseurs, Eddie Lecourieux souhaite continuer dans l’humanisation, la bienveillance, développer les équipements pour donner plus de loisirs à ses administrés. Sécurité, cadre de vie et environnement sont au cœur de ses préoccupations. Il propose de poursuivre tout simplement ce qui a déjà été engagé.

En face, le candidat de Calédonie ensemble, Patrick Laubreaux, propose un « projet de rupture » et veut « rapprocher la mairie de tous ses administrés ». Son programme porte sur la solidarité entre habitants, les quartiers et les associations sont au centre du dispositif.

Pour sa part, Petelo Sao veut de l’intégrité dans l’action publique et met en avant une participation citoyenne. Ses priorités sont d’accompagner la jeunesse avec, par exemple, la création de conseils de jeunes dans les quartiers et aussi d’accorder davantage de place au monde associatif. Au-delà de l’humain, le candidat veut adapter le réseau transport et accorder d’avantage d’habitations à la Step de Boulari.

Nina Julié ne plaisante pas quand elle avance la volonté de réaliser un pôle sports mécaniques au sud de la commune. Comme tous les candidats, elle veut s’impliquer davantage dans la jeunesse, faire un Mont- Dore plus dynamique. La liste appelle à un rééquilibre pour le sport, l’art, la culture. Enfin, pour le développement économique, il faut arriver à donner de l’emploi aux Mondoriens en rassemblant l’offre commerciale (artisans, agriculteurs, commerçants, industriels) au sein d’un site internet, « Je consomme mondorien ».

Enfin, l’indépendantiste Romuald Pidjot veut, à travers les actions qu’il compte mener, préparer la pleine souveraineté. Son objectif est d’améliorer les conditions de vie des administrés, en particulier des plus défavorisés. Sa liste encourage la création de logements sociaux, de jardins familiaux, de mettre tout en œuvre pour réduire le coût des transports, encourager les navettes maritimes et le covoiturage. Romuald Pidjot souhaite aussi allouer un budget aux conseils de quartier, créer une maison des associations et défendre la condition féminine et l’égalité homme-femme, ouvrir une école de la deuxième chance centrée sur les métiers de la pêche et du BTP.

On le voit, en dehors des deux maires sortants, tous les autres candidats qui se présentent sur ces deux communes ont des projets plein les poches. Comment vont-ils arriver à les concrétiser ? La réponse reste encore en suspens, si ce n’est qu’ils font appel au collaboratif en espérant la solidarité et un engagement futur des administrés.

D.P.

©D.R. 

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