Municipales : focus sur Païta et La Foa

Si les candidats aux élections municipales ne se sont pas bousculés au portillon pour se déclarer, dans certaines communes, la campagne est déjà bien amorcée tant les intérêts sont importants comme à Païta et à La Foa. Gros plan cette semaine sur ces deux communes de la côte Ouest.

À l’heure où nous écrivons ces lignes et à quelques heures seulement de la clôture des dépôts, tous les candidats n’ont pas encore déposé leurs listes. Ces municipales sont moins disputées, c’est une évidence, mais pour autant la bagarre fait rage dans quelques communes. Meetings, prises de parole et réunions de quartier se multiplient pour alimenter, au fond, des batailles de symbole tant les programmes se ressemblent. C’est le cas pour Païta et La Foa.

Sept listes pour Païta

Faisant partie du Grand Nouméa, Païta s’est développé ces dix dernières années en misant sur son développement économique. La commune a décidé de multiplier les zones à urbaniser et les zones commerciales avec pour conséquence un apport considérable d’emplois et une augmentation de sa population. Païta, ce sont 900 entreprises, 1 000 établissements artisanaux et une augmentation de 4 000 personnes en seulement six ans, portant la population à 24 563 habitants. Ce développement rapide a eu pour conséquence des problématiques d’urbanisme, d’intégration, de délinquance et un sentiment d’insécurité. À cela s’ajoute celle des quatre tribus de la commune qui n’arrivent plus à se retrouver dans cette urbanisation galopante. Pour prendre en main ces situations, pas moins de sept listes se présentent en 2020 dans la course à la mairie.

Gatuhau réélu ?

À Païta, le taux de participation aux municipales est d’environ 70 % en règle générale. Lors des précédentes élections, on se souvient de la bataille entre Harold Martin et Frédéric de Greslan. Le premier l’avait remportée au second tour avec 51 % des suffrages contre 48 %, soit un écart de seulement 300 voix. Doit-on s’attendre, cette année, à un nouveau combat entre, d’un côté, celui qui a remplacé Harold Martin, le maire sortant, Willy Gatuhau, et en face, la candidate de Calédonie ensemble, Manina Tehei, conseillère municipale ? Leurs programmes sont à quelques points près similaires, l’une reprochant à l’autre d’être en retard dans tous les domaines et l’autre se défendant d’un bilan positif.

 

Cependant, une autre composante pourrait faire la différence. Willy Gatuhau et Maniha Tehei trouvent sur leur chemin un levier de taille avec la candidature de Milakulo Tukumuli, président de l’Éveil océanien. Ce dernier a affiché de bons résultats aux élections provinciales de 2019 et sa carte du communautarisme pourrait peser lourd dans la bataille. Les alliances seront inévitables au second tour pour obtenir le siège de maire.

Quatre autres listes se sont aussi jetées dans la course à Païta. Nicolas Fijalkowski (Générations NC) propose un programme résolument tourné vers la sécurité, les aménagements d’urbanisme, les loisirs et le lien social.

Quant à Marie-Irène Saipele, tête de liste de « Païta en mouvement », elle veut une ouverture citoyenne, valoriser la femme et le milieu associatif. Pour elle, des pistes de réflexion doivent aboutir à la réduction des inégalités entre les tribus et les autres quartiers de la commune.

Côté indépendantiste, Louis Mapou conduit une liste d’union. En 2014, il n’avait atteint que 7 % au premier tour : fera-t-il mieux cette année ? À la tête de « Votre identité, notre richesse », il fait l’éloge de la jeunesse et espère rassembler des Wallisiens et des Futuniens à la cause indépendantiste. Son but est aussi de privilégier les entreprises locales sur les marchés publics et éviter que d’autres arrivent de l’extérieur avec leur personnel de Nouméa.

Enfin, le Rassemblement-LR ne soutenant pas la candidature de Willy Gatuhau, en raison de ses démêlés dans l’affaire d’achat de voix à Païta, a décidé de présenter son candidat. Bénélia Loree met en avant la moralisation de la vie politique.

 

Compte tenu de cette multitude de listes, tous les yeux seront rivés sur les résultats du premier tour, dessinant ainsi pour les uns comme pour les autres la trajectoire du second tour avec la crainte de voir la commune changer de camp. Rendez-vous le 15 mars au soir.

Bataille d’honneur à La Foa

Une commune de moindre importance va retenir les regards lors du dépouillement des bulletins. Il s’agit de La Foa. Avec ses 3 552 habitants, ses quatre tribus, la petite agglomération accueille de nombreux centres administratifs et reste résolument rurale et agricole. En 2014, le taux de participation avait atteint 81 % et Corine Voisin avait remporté le siège de maire haut la main avec 51 % face à Lionnel Brinon qui avait fait 17 %. Étaient arrivées ensuite les listes de Louis- José Barbançon, Pierre Monefara et Jean-Paul Paarua avec respectivement 13 %, 12 % et 5 % des bulletins exprimés.

Pour ces municipales on retrouve les deux principales listes de 2014. Celle de Calédonie ensemble qui a désigné comme tête de liste Marielle Keletaona-Cheval, adjointe au maire depuis 18 ans.Et celle conduite de Lionnel Brinon qui se représente, le candidat est soutenu par l’Avenir en confiance.

 

On trouve aussi deux autres listes dans la course au fauteuil. On le sait, La Foa, commune de prédilection de Philippe Gomès depuis des décennies, attire la convoitise de ceux qui veulent profiter de la débâcle du leader de Calédonie ensemble aux dernières provinciales. Dans le rang de ces candidats, on trouve Nicolas Metzdorf, dissident de Calédonie ensemble, et un représentant de l’Éveil océanien, Amole Joseph, dont le programme a seulement été dévoilé hier, et qui profite des résultats des provinciales de son parti pour tenter sa chance.

Vers deux tours

Les préoccupations des candidats qui se présentent à La Foa sont sensiblement identiques. S’il faut sécuriser la commune, la dynamiser, mettre en avant la jeunesse, deux candidats ont déjà l’expérience de la gestion de cette commune : Marielle Keletaona- Cheval, qui reste dans la continuité de Corine Voisin, et Lionnel Brinon.

Lionnel Brinon souhaite pour sa part relancer le développement économique en gérant la commune d’une façon impartiale. Son action reposera aussi sur la sécurité des habitants avec la création d’une police municipale. Autre thème fort, la jeunesse et l’éducation avec un accent sur la réussite scolaire (construction d’un lycée professionnel, l’encadrement des scolaires le soir, la promotion du sport et les activités culturelles.) Le candidat se penche également sur le développement du réseau en eau potable, la remise en état des routes, la maintenance des bâtiments publics, la construction d’un centre funéraire et d’une chapelle. Enfin, concernant l’environnement, Lionnel Brinon propose d’installer des panneaux photovoltaïques sur tous les bâtiments municipaux pour réduire l’empreinte carbone de la commune

À La Foa, la bataille au fauteuil promet d’être donc rude et rien ne semble joué d’avance. Est-ce que les Lafoyens vont décider ou non de quitter le giron de Calédonie ensemble, de choisir l’un des deux nouveaux candidats ou de jouer la carte Avenir en confiance ? Les urnes le diront dans cette élection qui pourrait bien se jouer, là aussi, sur les deux tours de scrutin et non dès le premier tour, comme ce fut le cas ces dernières années.

D.P.

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