Michel Benebig, l’infatigable ambassadeur du jazz

Fasciné très jeune par l’orgue Hammond, Michel Benebig en a joué pour la première fois en 1992. Il n’a plus jamais lâché cet instrument depuis. (©DR)

Musicien reconnu bien au-delà des frontières calédoniennes, Michel Benebig a consacré une partie de sa carrière à faire rayonner le jazz sur le territoire. Derrière son orgue Hammond, il a œuvre sans relâche à l’ouverture culturelle sur le territoire.

On ne le présente plus. Avec son orgue Hammond, Michel Benebig a réalisé plusieurs tournées en Nouvelle-Zélande, en Australie et aux États-Unis et a rencontré des musiciens emblématiques du jazz. Professeur au Conservatoire de musique et de danse de 1989 jusqu’en 2006, il s’est aussi beaucoup impliqué localement afin de faire découvrir le jazz, et notamment le soul jazz auquel il revendique appartenir, et l’orgue aux Calédoniens.

En 2008, il créé l’AMJ-Beca, l’association des musiciens de jazz et de blues pour les échanges et la création artistique. L’objectif était de « faire venir sur le territoire des musiciens de la zone (Australie, Nouvelle-Zélande, Fidji, etc.) afin de faire évoluer les artistes locaux » au travers d’ateliers et de master class et « leur apporter des instruments qui n’étaient pas forcément représentés ici, comme le trombone, la trompette et les différents cuivres », explique-t-il.

Cette association a donné naissance à un festival, le Blues Up Orchestra, organisé chaque année au centre culturel du Mont-Dore. Une année plus tard, en 2009, il cofonde le projet Yaari, visant à créer des compositions mêlant jazz et kaneka. Le projet est soutenu, à l’époque, par Déwé Gorodey, alors en charge de la culture au gouvernement. Des résidences et des concerts sont réalisés avec des musiciens internationaux et locaux, dont certains issus des groupes Bwanjep et Vhirin. « Nous avions même intégré des danseurs du Wetr… C’était super original », se souvient Michel Benebig.

Si Yaari a brusquement pris fin, le jazzman ne s’est pas arrêté là. Il a continué à faire venir des artistes néo-zélandais, australiens et américains sur le territoire, jouant çà et là leurs compositions. En 2010, « j’ai effectué 120 concerts », souligne-t-il.

En mars dernier, le restaurant Le Bout du Monde a organisé l’Oyster Jazz Festival, au sein duquel Michel Benebig intervient, aux côtés d’artistes internationaux. « Tous les ans, à Melbourne, il y a un festival qui s’appelle le Mussels Jazz Festival. Je me suis dit qu’on pouvait faire cela ici. » L’objectif est le même : faire découvrir aux Calédoniens l’univers du jazz, sous toutes ses formes. « Lorsqu’on prononce le mot « jazz », les gens ont souvent des a priori. Ils le catalogue comme une musique très abstraite, qu’il est très difficile de comprendre […] Après un concert, souvent, certains viennent me voir pour dire qu’ils ont adoré ». Une seconde édition sera organisée à l’occasion de la Fête de la musique, au restaurant Le Bout du Monde.

Nikita Hoffmann