Mercure et poissons pélagiques : le gouvernement prépare sa communication

Le collectif d’associations pour la protection de l’environnement alerte l’opinion publique depuis de nombreuses années sur les risques liés à la consommation de poissons pélagiques en raison de leur concentration en mercure. Une étude de l’Anses a été réalisée et confirme les risques, en particulier pour les grands prédateurs du large. Le gouvernement, pointé du doigt par les associations pour son inaction, prépare sa réponse.

Fin juin, EPLP tirait la sonnette d’alarme à propos de la concentration en mercure de certains poissons consommés par les Calédoniens. Le dossier est loin d’être nouveau puisque l’association alerte les pouvoirs publics sur la question depuis maintenant près de 15 ans. Face à l’insistance de la fédération d’associations pour la protection de l’environnement, le gouvernement avait confié le dossier à l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, qui s’en était retrouvée saisie en février 2016.

Le rapport a finalement été rendu en décembre 2019 et son contenu est loin d’être rassurant. La mission de l’Anses était « d’évaluer les risques et bénéfices liés la consommation de ces poissons et d’émettre des recommandations qui permettront à la Nouvelle-Calédonie de prendre les mesures adaptées dans les domaines sanitaires et vétérinaires ». L’Anses a repris l’ensemble des analyses effectuées par les services de la Nouvelle- Calédonie et la lecture du rapport laisse clairement entendre qu’elles ont manqué de rigueur. Elles ont notamment nécessité un « travail important de restructuration ». Les données n’identifient par ailleurs pas les espèces de manière précise, présentent des lacunes, en particulier sur le poids qui est parfois déterminé « au jugé » ou encore sur le lieu de prise.

Pas de risque avec les poissons du lagon

Les experts de l’Anses ont ensuite réparti les différentes espèces en fonction de leur concentration en mercure total. Il en ressort cinq catégories dont la première recense les poissons du lagon, très faiblement contaminés (dawas, mulets, picots, perroquets, maquereaux, loches, tazars du lagon, bossus, becs de canne). La deuxième concerne les poissons pélagiques avec deux catégories, le thon (blanc et jaune) et les autres types (mahi mahi, tazars du large, vivaneaux), modérément contaminés. Les catégories 4 (marlins, le thon obèse, le saumon des dieux) et 5 (le requin mako, les espadons, marlins bleu et noir) recensent les poissons très fortement contaminés.

L’Anses précise toutefois qu’au regard des données disponibles, des incertitudes demeurent concernant les effectifs limités pour certaines espèces et leur identification, la masse du poisson, la variabilité liée à la saison, l’origine géographique, les éventuels biais liés à la conservation des poissons et les incertitudes quant aux analyses et mesures des quantités de mercure. Les experts soulignent aussi le manque de données concernant la consommation de poisson sur le territoire. Seule une étude sur l’exposition de femmes enceintes a été réalisée.

Les conclusions du rapport insistent sur le fait que la consommation de poissons pélagiques des catégories 2, 3 et 4 doivent se faire à des fréquences plutôt limitées et d’éviter la consommation des grands prédateurs de type marlins, requins ou espadons. Pour les poissons du lagon, aucune recommandation particulière n’a été émise. Les autorités de santé ont pu s’entretenir avec les experts de l’Anses, en fin de semaine dernière. Le gouvernement prépare actuellement un plan de communication sur le sujet et ne devrait pas s’exprimer avant le mois d’août.

M.D.

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