Maxime Grousset prend de l’ampleur en Hongrie

Après une semaine de championnats d’Europe à Budapest, le nageur calédonien repart sans médaille, mais avec des certitudes. Notamment celle d’être dans une bonne dynamique en vue d’une qualification aux JO.

Maxime Grousset est habitué. Quand on est sprinter en équipe de France, on est forcément dans l’ombre de Florent Manaudou, monstre médiatique aux multiples titres mondiaux et déjà qualifié pour les Jeux de Tokyo. Cette exposition minimale permet au Cagou de se faire plaisir en répondant parfois aux questions de l’éternel journaliste sportif, Nelson Monfort, tout en étant plus discret et protégé.

À Budapest lors des championnats d’Europe en grand bassin, Maxime Grousset a montré qu’il n’était pas seulement le petit jeune dans le sillage de Florent Manaudou. Engagé sur le 100 m nage libre, il a, pour la première fois, atteint la finale d’un grand événement international, et avec la manière. Dès les séries, le Calédonien a montré qu’il avait progressé. Que ni le Covid, qu’il avait attrapé l’an dernier, ni le confinement ne l’a coupé dans son élan. Dès les séries, il bat son record personnel en bouclant l’aller-retour de bassin en 48,36 secondes. Et il en avait sous la pédale puisque sa meilleure performance tombe encore en demi-finale (48,09 secondes), puis une troisième fois en finale (47,90 secondes).

Sous la barre des 48 secondes

Une gageure puisqu’il passe ainsi pour la première fois sous la barre symbolique des 48 secondes. « Je sentais que je pouvais le faire et voilà, c’est fait, explique Maxime Grousset sur le site de la Fédération française de natation (FFN). Je suis trop content. J’ai cassé la barrière que beaucoup de nageurs voudraient casser. Je ne sais pas quand je vais m’arrêter, je grappille de plus en plus. ». Avec ce chrono, non seulement il s’offre un top 5 européen sur la distance reine de la natation, mais il signe également le huitième meilleur temps de la natation française sur la distance. Un résultat fruit d’un travail qui avait commencé en 2016 lorsque l’ancien nageur du CNC quitte la Nouvelle-Calédonie pour débarquer au pôle France d’Amiens, aux côtés de Michel Chrétien. Coach qu’il suit ensuite à l’Insep où il évolue toujours.

Grousset sait donc ce qu’il vaut et analyse son troisième 100 m avec lucidité. « J’ai tendance, dans tous mes 100 m, à donner un peu trop d’énergie sur le premier 50 m avant de craquer sur les quinze derniers mètres. Finalement, c’est là que se gagne un 100 m ! Je pense que c’est là que le Russe, Kliment Kolesnikov, a gagné aujourd’hui (47’’37). Avec Michel (Chrétien, son entraîneur à l’Insep), on travaille le deuxième 50 m et le relâchement sur le premier. Et ça a marché. C’est grâce à l’entraînement. Avec Michel, on répète, on répète… Ça ne vient pas de nulle part ce retour. Je n’arrivais pas à le mettre en place, là ça marche, tant mieux ! »

Chartres sur la route de Tokyo

Au-delà de la performance, ce résultat le propulse, de fait, dans une autre dimension. Habitué au 50 m nage libre, il se positionne désormais comme un candidat pour les Jeux de Tokyo sur 100 m, mais aussi comme un maillon essentiel d’un futur relais olympique. Pour cela, il faudra qu’il confirme ses résultats hongrois lors des championnats de France, qui auront lieu du 15 au 21 juin, à Chartres. Les règles sont ainsi faites, ce sera en fonction du temps qu’il réalisera là-bas qu’il validera ou non sa place en équipe de France pour les Jeux olympiques. Sur le papier, rien de plus simple : il suffit qu’il signe le même résultat qu’à Budapest, tout en terminant dans les deux premiers, et il verra Tokyo. Dans la pratique, c’est forcément plus complexe. Aux Europe, il a prouvé qu’il avait la technique et le physique. Aux France, il faudra y ajouter le mental.

A.B.

©Attila Kisbenedek/afp

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