Maxime Grousset : des bassins du CNC aux JO

Double champion de France sur 50 m et 100 m nage libre en fin de semaine dernière, qualifié pour les JO sur les deux distances avec des temps du top 10 mondial, Maxime Grousset, 22 ans, fera partie des outsiders pour une finale et, pourquoi pas, un podium à Tokyo. Retour sur les cinq ans qui ont construit le super nageur qu’il est devenu.

3 avril 2016

La carrière de Maxime Grousset bascule à Montpellier, ce jour de printemps, sans qu’il le veuille vraiment. S’il termine vice-champion de France juniors du 50 m et troisième du 100 m nage libre, c’est bien son « pote » du Cercle des nageurs calédoniens, Thibaut Mary, qui attire les regards d’un des entraîneurs français les plus réputés : Michel Chrétien, l’homme qui a « fait » Jérémy Stravius. Mary vient de décrocher la médaille d’argent juniors sur 100 m papillon et le bronze sur 50 m nage libre. Ce jour-là Chrétien flashe sur Thibaut et lui propose de rejoindre son « écurie » à Amiens. Maxime Grousset, qui sent alors que son propre destin pourrait, lui aussi, changer, décide de prendre les choses en main. Il monte un dossier qui met en avant ses meilleures performances et demande à accompagner Thibaut Mary à la rentrée de septembre. Michel Chrétien accepte. Les deux Cagous quittent le Caillou et s’envolent vers une nouvelle vie.

26 août 2017

Décidément, la vie de Maxime Grousset est étroitement liée aux week-ends. La compétition se déroule un samedi aux États- Unis. C’est là que Maxime Grousset, 18 ans, choisit de prendre une nouvelle dimension. Il n’y vit pas, mais participe aux championnats du monde juniors à Indianapolis. Il envoie alors son premier message à la planète entière en prenant la médaille d’argent du 50 m nage libre, derrière Michael Andrew qu’il retrouvera plus tard au long de sa destinée. En 22 s 25, il explose même son record personnel de plus de sept dixièmes et devient le nageur français de 18 ans le plus rapide de tous les temps sur la distance. Ce garçon pourrait bientôt faire très mal. Message reçu.

8 août 2018

Les voyages forment la jeunesse et ce déplacement à Glasgow, en Écosse, va particulièrement former Maxime Grousset. Le nageur d’Amiens, vice-champion de France en titre sur 50 m nage libre, dispute sa première compétition Élite avec l’équipe de France : les championnats d’Europe. Mais les épreuves ne se passent pas comme prévu. Engagé avec un temps de 22 s 14 qui lui promettait une finale, voire un podium, il ne parvient pas à retrouver son meilleur niveau et se fait sortir en demi-finale avec le huitième temps, modeste pour lui, en 22 s 37. Qu’importe, Maxime a beaucoup appris de cette expérience et rentre tout de même avec un titre européen en poche sur 4 x 100 m nage libre mixte dont il a disputé les séries. Plus rien ne sera jamais comme avant.

26 juillet 2019

C’est dans les épreuves que l’on grandit. Celle- là est quand même particulièrement agréable. Il est environ midi à Gwangju, en Corée du Sud, Maxime vient d’être éliminé en demi- finale du 50 m nage libre des championnats du monde, avec le neuvième temps juste derrière une vieille connaissance : Michael Andrew. Ce n’est pas la déception qu’il faut retenir, mais plutôt qu’il vient d’entrer dans le top 10 des nageurs mondiaux. Et son temps, 21 s 86, qui lui permet de casser la barrière des 22 secondes. Les JO sont dans un an. Et s’il se qualifiait ?

8 décembre 2019

Une fois n’est pas coutume, c’est en petit bassin que Maxime va opérer sa nouvelle mue. Et c’est à Glasgow, un an et demi après son échec en grand bain, qu’il va prendre une éclatante revanche. S’il est une nouvelle fois éliminé en demi-finale du 50 m nage libre, il ne va pas en rester là et va se transformer en nageur de 100 m pour atteindre la quatrième place de la finale à 19 centièmes du podium. Le mal est fait. Quelques jours plus tard, il devient champion de France du 100 m petit bassin avec la sixième performance mondiale de l’année. Fin décembre à Amiens, Maxime Grousset, en feu, nage pour la première fois sous les 49 secondes en grand bassin et dépasse même déjà les minima pour Tokyo, d’un centième, en 48 s 56.

19 mai 2021

Un an et demi est passé sans que Maxime Grousset refasse parler de lui, crise du Covid oblige. Va-t-il retrouver son niveau là où il l’avait laissé ? Après un début d’année poussif, le protégé de Michel Chrétien, désormais à l’Insep, répond par l’affirmative à l’Euro en grand bassin de Budapest, en Hongrie. Grousset est bien devenu un nageur de 100 m et le prouve de la plus belle des manières en brisant la barrière mythique des 48 secondes avec 47 s 90 en finale, collé à la vague de de l’Italien Miressi, pour la cinquième place d’une course de niveau mondial. Un niveau confirmé, un mois plus tard, aux championnats de France de Chartres où il s’affirme, seul, comme le nouveau roi du sprint français tant sur 100 m (47s89) que sur 50 m (21s74) où il se permet même de dominer Florent Manaudou. Maxime Grousset sera donc aux Jeux olympiques. Où s’arrêtera-t-il ?


Questions à Maxime Grousset, qualifié pour les Jeux olympiques de Tokyo sur 50 et 100 m nage libre :

« Il faut rêver et accomplir ses rêves »

DNC : Qu’attendez-vous des Jeux olympiques ?

Maxime Grousset : Je m’attends à un niveau très élevé. Mais je me suis déjà confronté à un niveau européen hyper dense et hyper élevé le mois dernier à Budapest, donc je suis un peu en terrain connu. Ça ne me fait pas peur.

Vous semblez confiant. Pensez-vous pouvoir aller chercher une médaille ?

En relais oui, si on atteint la finale. Il est dans la tradition des relais français d’être sur le podium. Avec Mehdy Metella, Clément Mignon, Charles Rihoux, voire Florent Manaudou, je pense qu’on a un bon coup à jouer. Ensuite, on dit toujours que quand on a une ligne d’eau, on a une chance. À nous de savoir la saisir.

Et individuellement visez-vous le podium aussi ?

Oui, je ne m’interdis pas de rêver. Mais je sais que ça sera très difficile et j’espère d’abord atteindre les demi-finales. Puis si tout se passe bien, la finale, au moins sur 100 m. De toutes façons, il faut rêver. Un jour j’ai rêvé de faire 47 secondes, maintenant je le fais. J’ai rêvé des JO, maintenant je les fais. Je pense qu’il faut rêver et un jour, pourquoi pas, les accomplir.

Comment faites-vous pour arriver à battre vos records à chaque compétition d’envergure ?

J’essaie de ne rien laisser au hasard. De toute façon, il n’y a pas de hasard, surtout en sprint. Et puis j’essaie d’être serein, d’apprendre de chacune de mes sorties. Avec Michel Chrétien, mon entraîneur, on identifie toujours ce qui peut être amélioré et on travaille.

La pression ne semble pas avoir de prise sur vous…

Mais si, elle me rend plus fort. C’est comme ça depuis mes débuts. Je suis comme galvanisé.

M.M.

©M.M. 

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