L’UC et l’Éveil océanien réconciliés

L’accrochage entre Daniel Goa et Milakulo Tukumuli fait partie du passé, assurent les deux partis, réunis mercredi au foyer wallisien et futunien de Magenta pour un « palabre ». L’Éveil océanien ne réintègre pas le groupe UC-FLNKS au Congrès, mais continuera d’aider les indépendantistes à « réformer le pays ».

Daniel Goa a fait le nécessaire pour que la brouille ne dure qu’un mois. À l’initiative de ce « palabre », il crève l’abcès. « Certains ont trouvé durs mes propos tenus lors du congrès de Boyen », le 1er avril. Le président de l’Union calédonienne avait reproché à ses « amis océaniens » d’« hésiter sur un positionnement politique ferme », leur rappelant « qu’ils sont assis avec nous dans la case et pas en dehors comme auparavant ». « Le sens était de faire réfléchir sur les questionnements profonds qui demeurent au sein de votre communauté », assure Daniel Goa aux quelque cent coutumiers wallisiens et futuniens et militants politiques. « Votre place est parmi nous. »

« Nous continuerons à travailler ensemble »

Le discours de Boyen n’est déjà plus qu’une « incompréhension », confirme Milakulo Tukumuli. « Nous avons su transformer cet épisode en opportunité. » Le président de l’Éveil océanien ne parle pas de revenir dans le giron du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès, « mais nous continuerons à travailler ensemble à réformer le pays, à réduire les injustices sociales et la pauvreté ».

Il revendique toujours une position « au milieu » des tendances loyalistes et indépendantistes, même si ces derniers, grâce à son appui, ont la majorité « au gouvernement, au Congrès, et au Cese ». Ce qui ne plaît pas à tous les militants. « Je vous mentirais si je vous disais que notre électorat a approuvé ces décisions, loin de là. Beaucoup nous ont quittés en considérant que nous les avons trahis, mais nous ne regrettons rien et assumons totalement nos choix. »

« Une solution calédonienne à présenter à l’État »

Daniel Goa se projette sur l’avenir institutionnel. Fidèle à son habitude, il tire quelques flèches acérées en direction de l’État, « qui ne nous a jamais écoutés, qui a assassiné nos pères et nos mères pour nous spolier nos terres ». La France « n’est pas considérée comme l’ennemie (…), mais elle ne peut plus nous tenir sous sujétion et doit nous laisser nous émanciper ». Pour le président de l’UC, « la période de la colonisation doit s’achever en 2025 et tous les transferts de souveraineté devront être réalisés. »

Milakulo Tukumuli, dont le mot d’ordre était « Non, pas maintenant » lors du dernier référendum, parle de « créer une passerelle entre le Oui et le Non » , de « créer un État calédonien avec des souverainetés partagées ». « J’espère que dans un futur très proche, nous pourrons réunir tous nos partenaires afin de trouver ensemble une solution calédonienne à présenter à l’État. »

 

Gilles Caprais (© G.C.)

 


L’UC propose ses candidats

L’Union Calédonienne, réunie samedi 30 avril à Moindou en comité directeur, a annoncé ses prétendants aux législatives dans la perspective du Congrès du FLNKS ce week-end à N’dé (Païta), qui doit normalement aboutir à des candidatures unitaires.

Le président Daniel Goa voit un intérêt à une députation pour porter le message indépendantiste au plan national et international et tisser un réseau. Même s’il continue de dénoncer l’« injustice » du découpage électoral qui « exclut depuis 32 ans les indépendantistes de l’Assemblée nationale ».

L’UC proposera les candidatures de Nadine Pidjot dans la première circonscription et Gérard Régnier dans la deuxième. Nadine Pidjot est devenue, en 2017, la première avocate kanak, après une carrière de fonctionnaire au sein du haut-commissariat, de l’ambassade de France en Australie, puis du gouvernement. Gérard Régnier est un militant de longue date, ex-secrétaire général de l’Union calédonienne (2007-2017), élu du Mont-Dore (1995-2011), candidat à l’élection européenne (zone Pacifique) en 2014, et directeur de campagne du FLNKS pour le premier référendum.

 


Les Insoumis inscrits dans la démarche unitaire

Jean-Luc Mélenchon avait obtenu 13,77 % des voix calédoniennes au premier tour de l’élection présidentielle (9 711 votes). Le positionnement des Insoumis, qui a rassemblé des voix indépendantistes et de gauche au sens large, est donc à observer. Ses représentants disent s’inscrire dans une démarche unitaire avec les indépendantistes. Ils seront d’ailleurs présents dimanche à la journée « d’ouverture » du Congrès du FLNKS. « On veut donner le plus de chance aux candidats qui peuvent potentiellement être élus. Et à ce titre, on n’en présentera pas face aux indépendantistes », indique Laurent Lhermitte, représentant Insoumis. « Il s’agira ensuite de voir si les indépendantistes peuvent adhérer au niveau national au programme de l’Union populaire. »

À noter que ces Insoumis se sont insurgés contre la désignation par le président du candidat Metzdorf. Une « dérive anti-démocratique de plus », juge la formation.

 

C.M.

 

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