L’OPT choisit Alcatel pour son câble

Après une première procédure déclarée infructueuse en 2018, l’OPT vient d’attribuer le marché pour son nouveau câble sous-marin à Alcatel Submarine Networks.

Lancé en 2016, l’appel d’offres avait été déclaré infructueux, les deux projets ayant été jugés trop chers par les administrateurs de l’Office des postes et télécommunications. Deux ans plus tard, l’OPT vient d’attribuer le marché pour la fourniture et la pose d’un deuxième câble sous-marin à Alcatel Submarine Networks, le seul candidat à avoir soumissionné. L’objectif est de sécuriser le réseau internet international au travers d’un raccordement à Fidji.

La demande de l’OPT comprend également une boucle partant du sud de la Grande Terre jusqu’aux îles Loyauté afin de sécuriser les télécommunications sur l’ensemble du territoire. Partant de Nouméa, le câble desservira le Mont-Dore, Yaté, l’île des Pins, Maré et Lifou. Il reliera ensuite la Nouvelle-Calédonie au câble de Fidji, assurant une autre connexion, en plus de celle assurée par le câble Gondawana, reliant Nouméa et Sydney depuis 2008. La mise en service de ce nouveau câble est prévue pour 2022 et représente un investissement de l’ordre de 4,5 milliards de francs.

Il s’agit d’un coup dur pour le projet concurrent, Tomoo, porté par la Société calédonienne de connectivité internationale (SCCI). Fin 2019, les promoteurs de ce câble, qui devait sécuriser l’internet calédonien en le raccordant au câble Hawaiki, avaient signé un accord avec les huit tribus de l’île des Pins. La province des Îles avait également apporté son soutien à Tomoo.

La SCCI a, en parallèle, décroché un marché similaire en Polynésie française. Là-bas, le projet avait recueilli les faveurs des syndicats de l’Office. En Nouvelle-Calédonie, l’intersyndicale OPT, regroupant la Fédération des fonctionnaires, l’UT CFE-CGC, l’Usoenc et l’Ustke, s’est félicitée que le projet d’Alcatel ait été retenu, permettant à l’OPT de « rester maître de sa technologie, de ses coûts et de ses tarifs qui sont régulièrement en baisse depuis 2008 ». Le communiqué précise encore que « la stratégie alternative consistant à céder l’exploitation de ce marché à des investisseurs privés aurait porté un coup fatal à l’OPT », insistant sur le fait que « l’établissement joue un rôle prépondérant de soutien à nos populations », tout spécialement en période de crise.

De son côté, la SCCI s’étonne que l’OPT n’ait pas attendu l’avis de l’Autorité de la concurrence, qui doit prochainement se prononcer sur le dossier, tout comme la décision du tribunal administratif, d’ici quelques semaines, concernant les monopoles de l’OPT en matière de télécommunications. Un sujet sensible qui, s’il devait être mené à bien, conduirait à la séparation des activités de l’OPT (poste, services financiers et télécommunications). Aujourd’hui, les bénéfices réalisés sur la branche télécoms permettent de compenser les pertes des deux autres branches et d’assurer un service public sur l’ensemble du territoire.

La SCCI a fait savoir qu’elle entendait poursuivre le projet Tomoo. Elle devrait prochainement relancer le gouvernement pour obtenir les autorisations nécessaires.

M.D.

©shutterstock

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