L’ophtalmologie, une spécialité en détresse

Sur six ophtalmologistes libéraux, deux arrêteront d’exercer à la fin de l’année, ce qui devrait augmenter les délais déjà longs pour obtenir un rendez-vous. Ces spécialistes peinent à trouver des remplaçants.

« Bonjour, le planning est complet jusqu’au mois d’octobre. Pour tout rendez-vous, veuillez nous contacter partir de juillet », informe le répondeur de Pascal Mutti, ophtalmologue à Nouméa. Et ce n’est pas le seul. Pour espérer être reçu par un professionnel, il faut être prêt à patienter parfois six mois. Et cela ne devrait pas s’arranger puisque sur les six libéraux installés en Nouvelle-Calédonie, deux quittent le territoire à la fin de l’année. C’est le cas de Pascal Mutti, 64 ans. « Je suis ici depuis quinze ans, mais je n’ai pas de famille, donc je rentre chez moi », témoigne le futur retraité.

Engagement financier conséquent

Le problème ? Il ne trouve personne pour le remplacer, si ce n’est des « gens seuls et sans attache pour quelques mois », et encore moins pour reprendre le cabinet, en vente depuis un an. « Les jeunes ont une autre vision du travail, ils ont moins envie d’investir et veulent aussi profiter. » Il faut dire qu’un tel rachat implique un engagement financier conséquent, « en raison notamment du matériel, les machines valent très cher », des charges importantes « qui augmentent », alors que les tarifs médicaux, eux, « n’ont pas bougé depuis vingt ans ». Venir s’installer ici n’est plus aussi avantageux qu’avant.

Conséquence, des maladies oculaires pourraient être ignorées ou leur diagnostic tardif engendrer des complications. « Une tension dans l’œil peut se transformer en glaucome, par exemple. » Les opticiens se sont proposés pour assurer le renouvellement des ordonnances. « Cela peut être intéressant, mais il ne faut pas passer à côté de pathologies », estime Pascal Mutti, qui appelle à une concertation globale du personnel médical, jugeant la situation préoccupante. L’ophtalmologue évoque la création d’un centre afin de mutualiser les coûts et les moyens et plaide pour l’arrêt du conventionnement nominatif afin de permettre à davantage de professionnels d’exercer. « Cela permettrait à des spécialistes de venir faire des missions en fonction des besoins. » « Il ne désespère pas » cependant de voir une solution émerger dans les mois à venir.

 

Anne-Claire Pophillat (© A.-C.P.)

 

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